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Unfriended: l’horreur 2.0 ? (critique)

Unfriended l’horreur 2.0 (critique)

« Unfriended » ou quand la peur s’incruste sur le net. Après le suicide d’une de leurs amies, une bande d’ados se retrouve traquée via les réseaux sociaux

Un genre innovant

On y a souvent pensé. Le réalisateur russe Levan Gabriadze l’a fait. Unfriended, film malin réalisé avec juste 1 million de dollars, nous plonge dans un huis-clos sur un écran d’ordinateur, à travers les histoires d’une bande d’ados qui se retrouve prise au piège par un inconnu, utilisant le pseudo de leur ancienne amie décédée, Laura Barns. Un film qui pourrait figurer parmi les énièmes séries B éculées, sauf que le concept a le mérite de se mettre au goût des nouveaux outils de communication, avec un réalisme glaçant.

Malgré parfois des dialogues creux et niais, c’est la mise en scène qui nous accroche du début à la fin de cette production haletante. La projection ouvre la porte à toute une nouvelle gamme de films d’angoisse, jouant avec le côté sombre de ces nouvelles technologies, qui effacent peu à peu ce qui se rattache de près ou de loin à la vie privée.

Un buzz programmé

Le fantôme cybernétique qui nous tient en haleine durant ce long-métrage cherche à venger Laura Barns, qui avait été poussée au suicide un an auparavant, suite à la publication d’une vidéo humiliante sur Youtube. Dans Unfriended, même le simple fait d’écouter de la musique sur Spotify peut s’avérer dangereux. Toute l’intimité de notre bande d’ados est mise à rude épreuve. Les références aux logiciels à la mode et l’ouverture de nombreuses fenêtres sur l’écran se mélangent avec des silences assourdissants. Le décor, en apparence dépersonnalisé, est bien travaillé, avec des acteurs filmés à travers la go pro de leurs ordinateurs.

Si la fin du film laisse un goût amer, on retient tout de même le parti pris novateur de la réalisation. Qu’on apprécie ou pas, nul doute qu’Unfriended fera parler de lui. Réussir à tenir un récit en utilisant Internet comme médium, c’est le pari osé qu’a entrepris le producteur Timur Bekmambetov, en utilisant également de nombreux codes classiques du film d’horreur.

Ruben Rebibo

Photo DR