fbpx
Non classé
Partager sur

The Hateful Eight, ou comment critiquer l’Amérique avec un western

The Hateful Eight, ou comment critiquer l'Amérique avec un western

The Hateful Eight n'est pas seulement un grand Tarantino salué par les critiques cinématographiques: il y a aussi une portée politique derrière le western.

The Hateful Eight est le huitième film de Tarantino, et le film avec le plus de portée politique qu’il aie tourné. Derrière l’époque et les personnages utilisés, le réalisateur fait en fait une critique de l’Amérique et plus largement du monde actuel.

Rappel du synopsis de The Hateful Eight

«Quelques années après la Guerre de Sécession, le chasseur de primes John Ruth, dit Le Bourreau, fait route vers Red Rock, où il conduit sa prisonnière Daisy Domergue se faire pendre. Sur leur route, ils rencontrent le Major Marquis Warren, un ancien soldat lui aussi devenu chasseur de primes, et Chris Mannix, le nouveau shérif de Red Rock. Surpris par le blizzard, ils trouvent refuge dans une auberge au milieu des montagnes, où ils sont accueillis par quatre personnages énigmatiques : le confédéré, le mexicain, le cowboy et le court-sur-pattes. Alors que la tempête s’abat au-dessus du massif, l’auberge va abriter une série de tromperies et de trahisons. L’un de ces huit salopards n’est pas celui qu’il prétend être ; il y a fort à parier que tout le monde ne sortira pas vivant de l’auberge de Minnie…»

>>> Voir aussi: The Hateful Eight: Will Smith a refusé l’offre de Tarantino !

The Hateful Eight: l’Amérique personnifiée

Des phrases qui claquent, des coups de balles omniprésents dans un décor enneigé de la période post guerre de sécession américaine, le décor est planté. Un bon western du XIXe siècle. Pourtant, derrière cette période, Tarantino critique bel et bien l’Amérique du XXIe siècle.
C’est l’Amérique personnifiée qui est dépeinte dans The Hateful Eight: entourée par d’autres puissances, la tension est à son comble, mais chacun est forcé à cohabiter pour un motif différent.
N’importe lequel pourrait dégainer à tout moment, et pour l’interêt commun, la haine est limitée a une guerre froide d’insultes et provocations.
On découvre au fur et à mesure du film de quoi chacun est capable.
Tarantino commente: «Le spectateur passe la moitié du temps à se demander quel personnage est bon et quel personnage est mauvais, et ils ont tous un passé trouble qui se révèle progressivement. Je me suis alors dit que je pourrais faire un film basé sur ce genre de personnages. Une bande de hors-la-loi piégés dans une pièce, avec une tempête de neige à l’extérieur, leur donner des flingues et voir ce qu’il se passe ensuite…»
L’esclave affranchi joué par Samuel L. Jackson doit avoir bien de la rancoeur à soulager par ses coups de balles. La femme hargneuse condamnée à la pendaison qu’incarne Jennifer Jason Leigh va forcément tenter un coup contre ses détracteurs pour s’en sortir, et qui ferait confiance à un chasseur de prime? Ces huit salopards ne tiendront pas longtemps avant de se liquider, c’est une certitude.

>>>> Voir aussi: L’arabie Saoudite a annoncé la rupture de ses relations diplomatiques avec l’Iran

Tarantino assume sa critique

Le parallèle d’une époque à l’autre ou la personnification a souvent été utilisée dans les livres, le cinéma ou le théâtre pour parler de choses qu’on ne pourrait pas critiquer aussi ouvertement si on les disait clairement. (On pense à Musset qui se servait de Lorenzaccio avec la Florence de 1537 pour critiquer le Paris de 1830, ou encore Animal Farm, ou George Orwell parlait d’animaux pour imager le régime russe communiste. -qui fut repris pour critiquer la révolution islamique en Iran plus tard et qui peut même s’appliquer à n’importe quelle dictature.-)
Si la plupart de ces auteurs n’ont pas reconnu ces faits sur le moment, Tarantino lui ne cache pas les arrières pensées qu’il avait en réalisant le film The Hateful Eight. Dans une époque où les attentats se multiplient et les violentes provocations dans le monde nous font régulièrement éviter de peu un troisième conflit mondial, il déclare: «Aujourd’hui, aux Etats-Unis, c’est autant la zizanie qu’à l’époque où se déroule le film. Je l’évoque à ma façon: l’humour et le cinéma de genre. Si le public parvient à rire à mes blagues tordues – souvent malgré lui, c’est gagné.»

The Hateful Eight est actuellement en salles.

sources: grazia, allociné