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Mon roi de Maïwenn: critique de film

Mon roi de Maïwenn: critique de film
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Mon roi : cet homme qui nous dit quelque chose. Critique du film de Maïwenn, avec Vincent Cassel et Emmanuelle Bercot.

Mon roi de Maïwenn est sorti en salles le 21 octobre: Le film qui a valu le prix d’interprétation féminine pour Emmanuelle Bercot à Cannes est sur toutes les bouches en ce moment. Il parle d’une histoire d’amour, sujet largement utilisé dans le cinéma. Mais aux yeux de beaucoup, la subtilité de Mon roi est que cette histoire est écrite et filmée par une femme. Vrai?

Mon roi: Des mots qui nous parlent

Mon roi débute ainsi : Tony est une avocate. Lors d’un voyage au ski, elle fait un accident qui la pousse à passer un moment en centre de rééducation.
Un moment de solitude où la femme perdue se remémore Giorgio, cet homme qui prend tant de place dans sa vie, depuis le début.

«T’es pas un connard toi ?»
«Euh… non !»
«T’as eu un temps de réflexion quand même.»
«Oui, parce que je suis pas un connard… Je suis le roi des connards

Singulière façon de se décrire à une femme qu’on a rencontrée il y a peu et qu’on veut avoir, et pourtant, Tony éclate de rire dans cette scène rétrospective datant d’un peu après leur rencontre (re-rencontre?) en boite de nuit.
Mon roi, le roi des connards. Mais le sien.
Cet homme, elle est tombée dans ses bras avec ses prouesses verbales. Elles l’ont rendues folle d’amour, puis elles ont servi à tourner les pires actes en blague légère.
Il fait passer l’indiférence pour de la pudeur. Il la menace, puis il revient les larmes aux yeux. Il l’appelle femme de sa vie, puis il passe ses nuits au chevet de son ex. Il l’humilie devant tous ses amis. Il lui fait des déclarations si belles qu’elle pardonne. Et pire que tout, il lui répond que si elle l’aime, c’est parce qu’il est comme ça.

Mon roi: L’ambiguité du personnage de Giorgio (Vincent Cassel)

Maïwenn explique :«Dans la vie, on n’est pas un enfoiré pour tout le monde, on est toujours le gentil ou le méchant de quelqu’un. Je voulais parler du fait qu’on ne choisit pas les gens qu’on aime. Il arrive de tomber amoureux de gens qui nous rendent malheureux : on ne peut pas vivre avec, on ne peut pas vivre sans.»

Et en effet, Tony ne pourra vivre sans Giorgio : il fera en sorte que leurs destins soient scellés à jamais, mais il ne changera pas.

Un film où rien n’est laissé au hasard dans la symbolique: il y a le centre de rééducation où Tony se re-casse le genou, pour la douleur, et son métier d’avocate, pour le jugement de Giorgio.

Un cauchemar qui la rend aussi pourtant vivante. Les mots sortis de la bouche de Cassel diront quelque chose à toutes celles qui les ont déjà entendu où qui ont peur de tomber sur ce genre d’hommes, et on ne pense pas qu’un homme aurait pu aussi bien que la réalisatrice, Maïwenn, toucher la subtilité de cet angle de vue du doigt comme elle le fait dans Mon roi.