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Ninja turtles : une carapace vide

Ninja turtles : une carapace vide

Aujourd'hui en salles, sort "Ninja Turtles", reboot des aventures des célèbres Tortues Ninja. MCE a vu le film avant sa sortie et vous livre sa critique

Tenez-vous prêts : quatre héros de légende vont bientôt faire parler d’eux à New York…
Leonardo, le leader, Michelangelo, le beau gosse, Raphael, le rebelle et Donatello, le cerveau, vont tout faire pour défendre la ville de New York, prise entre les griffes de Shredder. Entre deux dégustations de pizzas (sans anchois, bien sûr) et un entraînement intense aux arts martiaux, prodigué par leur maître Splinter, ils vont accomplir leur destin, aidés par la courageuse reporter, April O’Neil.

Un scénario vide et sans profondeur

Les grands fans des Tortues Ninja étaient à la fois impatients et sceptiques en découvrant qu’un Ninja Turtles avait été mis sur rail. Impatients, parce que les Chevaliers d’écailles sont des héros emblématiques des années 80 qui ont passionné les foules. Sceptique, parce que la réalisation du film a été confiée à Jonathan Liebesman et la production à Michael Bay. Le scepticisme l’aura finalement emporté sur l’engouement pour laisser place à la déception.

Quand on s’attaque à des héros aussi emblématiques que les Tortues Ninja, le risque d’échouer est grand. Malheureusement, Jonathan Liebesman n’a pas réussi à rendre justice aux reptiles et est complètement passé à côté de tout le potentiel que représentent les Chevaliers d’écailles. Ninja Turtles avait pour vocation de relater les origines des Tortues mutantes et leurs premières apparitions en tant que justiciers. Malheureusement, le film, ouvertement destiné à un public très (et même trop) jeune, écope d’un scénario pauvre à l’intrigue digne d’une série B. Les méchants sont méchants sans que l’on sache vraiment pourquoi. Le récit n’a pas de réelle profondeur et les enjeux sont très faibles.

Des héros dévalorisés

Le réalisateur a transformé les héros adeptes d’arts martiaux en adolescent prépubères pas très intelligents au physique plutôt disgracieux ( là où, dans la mémoire collective, les tortues ont un look attachant ). Ils sont gentils, ils se veulent drôles, mais leurs blagues au ras des pâquerettes tombent souvent à plat ( on reconnaitra quand même que certaines prêtes à sourire). Dans Ninja Turtles, les tortues sont d’ailleurs presque reléguées au second plan, tant Jonathan Liebesman a tenu à mettre en avant le personnage d’April O’Neil, placée en véritable héroïne du film pendant plus d’une heure. Un mauvais choix, qui déplaira sûrement aux inconditionnels des Tortues Ninja. D’autant que Megan Fox, transparente, s’est révélée loin d’être l’actrice idéale pour interpréter April O’Neil. Jonathan Liebesman aura même réussi à rater l’esthétique de l’emblématique héros Shredder, en tentant d’en faire une machine de guerre mi samouraï mi-Transformers.

En revanche les séquences d’actions sont bien là. La plupart sont efficaces et spectaculaires, mais beaucoup pâtissent d’une réalisation décousue et en deviennent presque illisibles. L’interminable scène de combat dans la neige donnerait presque la migraine au spectateur : la scène s’étire en longueur, les plans sont trop courts et imprécis avec un abus du ralenti qui finit par n’apporter aucune plus value.

Néanmoins, il faut reconnaitre que globalement, les quatre tortues parviennent à divertir. Les inconditionnels des héros à la carapace seront parfois pris à la gorge par la nostalgie et retrouveront malgré tout avec plaisir les héros de leur enfance, que la motion capture a fait revivre avec brio : les tortues sont d’un réalisme frappant. Mais les points positifs s’arrêtent malheureusement là. Ninja Turtles est loin d’être à la hauteur.

Julie Minvielle