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Turquie: prison pour deux journalistes ayant publié une caricature de Charlie Hebdo

Turquie: prison pour deux journalistes ayant publié une caricature de Charlie Hebdo
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En Turquie, deux journalistes ont illustré un article d'une caricature de Mahomet. Ils ont été condamnés à deux ans de prison.

Deux journalistes turcs ont été condamnés hier, jeudi 28 avril, pour avoir reproduit en 2015 un dessin du prophète Mahomet à la une de Charlie Hebdo, en solidarité avec la revue française attaquée par des djihadistes en janvier 2015. Une cour criminelle d’Istanbul les a condamné à deux ans de prison chacun pour l’illustration leur éditorial. « La cour leur a infligé une peine de prison de deux ans », a indiqué, à l’AFP, leur avocat Bülent Utku. Il a ajouté qu’il allait faire appel du jugement.

Le seul journal musulman au monde à avoir reproduit les caricatures de Charlie Hebdo

Le 14 janvier, Hikmet Cetinkaya et Ceyda Karan avaient illustré leur éditorial dans le journal d’opposition Cumhuriyet, de deux versions réduites de la Une du numéro publié par Charlie Hebdo après les attentats perpétrés le 7 janvier 2015 à Paris. Cumhuriyet est un journal opposant au régime islamo-conservateur du président Recep Tayyip Erdogan. Il était le seul journal musulman au monde, et l’une des cinq publications internationales, à avoir reproduit les caricatures de Charlie Hebdo. Ce dessin représente le prophète Mahomet la larme à l’oeil et tenant une pancarte « Je suis Charlie ». Les attaques de janvier 2015 à Paris qui ont fait 17 morts.

Poursuivis pour « d’incitation à la haine » et « d’insultes aux valeurs religieuses »

Le premier ministre islamo-conservateur turc Ahmet Davutoglu avait alors sévèrement condamné la décision de Cumhuriyet. Il l’avait fait dans les propos, en qualifiant ceci de « grave provocation ». Par la suite, les deux journalistes ont été poursuivis et accusés « d’incitation à la haine » et « d’insultes aux valeurs religieuses ». Ceyda Karan, une des deux journalistes, a vivement réagi à la décision des juges en montrant du doigt le pouvoir en place, « que ce verdict soit un cadeau à nos fascistes libéraux ». Une atteinte à la liberté d’expression condamnée par beaucoup dans un contexte de tensions religieuses importantes.