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Affaire Théo: le policier mis en examen pour viol raconte sa version des faits

Affaire Théo: le policier accusé de viol raconte sa version des faits
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Le policier mis en examen pour le viol de Théo a fait le récit de cette interpellation musclée. Voici en substance ce qui y est dit.

L’Express a pu se procurer des extraits du procès-verbal dans lequel le policier accusé du viol de Théo raconte sa version des faits. Il s’agit du procès-verbal effectué par le policier de 27 ans, seulement quelques instants après l’arrestation de Théo.

Ce que dit Théo de son agression

Théo, 22 ans, a été violemment agressé par un groupe de policiers en patrouille à Aulnay-sous-Bois. De cette agression il ressort que Théo a été pénétré violemment par une matraque téléscopique. Le policier de 27 ans, soupçonné d’avoir porté le coup a été mis en examen.

Mais le soir du 2 février, alors qu’il rentre au commissariat avec Théo, le policier délivre une première version de ce qui s’est passé. En effet, après cette arrestation musclée, le policier effectue un procès-verbal auprès d’un de ses collègue. L’Express s’en est procuré des extraits. Et voici ce qui y est dit.

A ce moment-là, l’IGPN n’est pas encore saisie de l’affaire. Et les médias n’ont aucun idée de ce qui vient de se passer. Plus tard, Théo racontera qu’un policier a baissé son pantalon et qu’il lui a enfoncé sa matraque dans les fesses.

Mais le policier de 27 ans, mis en examen pour viol, ne fait pas du tout le même récit. D’abord, il raconte que Théo n’a pas été appréhendé dans les circonstances décrites par le jeune homme.

Le récit du policier accusé de viol

Le 2 février, selon Théo, il est sorti de chez lui pour aller rendre une paire de chaussures à l’amie de sa soeur. Le policier raconte, lui, que Théo a été aperçu lors d’une patrouille et reconnu comme étant impliqué dans un trafic de stupéfiant.

A ce moment-là, les policiers ont décidé d’effectuer un contrôle sur Théo, entouré par une bande de jeunes du quartier. Quand les quatre policiers s’approchent, Théo est inaccessible car protégé par ses amis.

Le policier de 27 ans aurait finalement réussi à poser la main sur le bras de Théo pour l’empêcher de fuir. Mais Théo a répliqué en lui assénant un coup de poing au visage.

« J’ai compris à ce moment-là que l’individu serait prêt à tout pour se soustraire. »

S’en est suivi une bagarre pour maîtriser Théo.

« L’individu continuait de se débattre, il se retournait, gesticulait en usant de son gabarit musclé, et il parvenait à se relever. »

Une bagarre où tout est confus

Lors de cette bagarre, Théo raconte qu’il a reçu plusieurs coups de matraque au visage et des jets de gaz lacrymogène dans les yeux et la bouche. Le policier confirme qu’il y a eu un jet de gaz lacrymogène. Mais qu’il n’était pas volontaire.

Il « suppose que ce jet a été causé accidentellement dans l’agitation de l’individu. »

Quant à la matraque, il explique s’en être servi à deux reprises, pour tenter d’amener Théo à terre.

« Je décidais de porter à l’individu des coups de matraque télescopique en visant ses membres inférieurs dans l’espoir de lui faire perdre l’équilibre et de l’amener au sol. Mon effort portait ses fruits et l’individu basculait à terre. »

Il ne parle donc d’aucun coups donnés, volontairement ou pas, au niveau des fesses de Théo. Mais c’est bien à ce moment-là que Théo a reçu le coup.

Une fois à terre, Théo est menotté et mis en position assise. Une position trop douloureuse pour Théo qui se plaint de douleurs. Mais « il ne disait pas où. »

Puis Théo est relevé pour être emmené à la voiture de patrouille. Son pantalon lui arrive au niveau des genoux, le policier le lui remonte et explique qu’il a dû glisser dans la bagarre.

Le moment où il découvre la blessure de Théo

Une fois au commissariat, il explique même que Théo a refusé, sur procès-verbal, toute assistance médicale. Son collègue qui recueille ses propos note alors, selon L’Obs, que cela n’est pas possible. En effet, Théo est trop affaibli physiquement pour signer les documents.

D’ailleurs, Théo continue de se plaindre de douleurs. Selon L’Express, c’est à ce moment qu’un des policiers décide de l’inspecter et en baissant son pantalon constate qu’il y a un important saignement au niveau des fesses.

Le policier de 27 ans raconte alors :

Après cette constatation, Théo est emmené à l’hôpital où il est traité pour une déchirure anale de 10 cm. L’IGPN est saisie. L’affaire est médiatisée. Et plus de deux semaines après, de violentes manifestations ont encore lieu à Paris et dans toute la France pour protester contre les violences policières.