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Médias: les journalistes et les politiques sont-ils complices ?

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A l’occasion de la Journée Mondiale des Médias, la VillaMedia et le Musée des Médias organise aujourd’hui une conférence à l’Assemblée nationale.

« L’ONU a créée la Journée Mondiale des Médias il y a vingt ans », rappelle Christine Kelly, présidente du Musée Européen des Médias. Le but est avant tout de promouvoir le travail des médias, très souvent contesté par le public.

Politique et médias, quelle est la nature de leur relation ?

C’est Olivier Falorni, député des Charentes-Maritimes qui ouvre cette seconde édition de la Journée d’Education des Médias. A l’Assemblée nationale, à l’occasion de la Journée Mondiale des Médias, des journalistes et des politiques répondent à cette question : « Politiques et Medias qui influence qui? »

En ouverture des débats Olivier Falorni rappelle les résultats de l’élection américaine il y a deux semaines. Mais également les résultats de la primaire de la droite dimanche soir. Alors que la presse et les instituts de sondage pariaient sur l’élection d’Hillary Clinton, sur la victoire écrasante d’Alain Juppé sur François Fillon et Nicolas Sarkozy, les faits leur ont donné tort.

Comment se fait-il que les observateurs se soient autant trompés dans leurs pronostics ? C’est la grande question de cette journée dédiée à la relation entre les médias et les personnalités politiques.

Première hypothèse : le public voit une sorte de « connivence » entre politiques et médias. D’après Olivier Falorni ce serait peut-être la raison pour laquelle les sondages ont donné tort aux médias systématiquement ces dernières semaines.

Les médias influencent les politiques et vice versa

Alors que dans les médias on s’acharne à dénoncer la montée des extrémismes, Olivier Falorni évoque une volonté de sanction à l’encontre des politiques et des médias. Le quatrième pouvoir, les médias, capable d’influencer l’opinion publique est-elle devenue un mythe ?

Aujourd’hui les médias seraient victimes d’un système qu’ils ont eux-mêmes mis en place. D’après Olivier Falorni la politique-spectacle est devenue la bête noire de l’électorat. Sans compter les erreurs et imprécisions des journalistes dû à la rapidité de l’information sur internet.

Face à cette crise Olivier Falorni conclut son discours en appelant les intervenants de la Journée d’Education des Médias à repenser leurs relations avec les politiques et des politiques avec les médias.

Et avant que le débat ne commence c’est au tour d’Amin Khiari, président du groupe EDH, rappelle également l’importance de la neutralité des journalistes.

Il s’étonne, devant une assemblée principalement composée de ses étudiants en journalisme, que certains journalistes expriment leurs opinions politiques.

Les journalistes doivent-ils rester neutres ?

Pour Nassira El Moaddem, patronne du Bondy Blog les journalistes sont des citoyens comme les autres, animés par leurs convictions politiques. Elle prône « la diversité des médias ».

Il est par ailleurs souligné que la presse écrite est moins sujette à la neutralité que dans l’audiovisuel. En effet le CSA est beaucoup plus attentif à ce que les radios et télévisions restent neutres et respectent les temps de parole de chaque clan politique.

De là le débat embraye sur les relations de « consanguinité » entre les journalistes et les politiques. Dans la salle quelqu’un demande quelle est la limite alors que les journalistes et les politiques sortent des mêmes écoles.

Mais comme l’explique Christophe Jakubyszyn, chef du service politique de TF1, un journaliste peut avoir une opinion politique. Il préconise même un peu plus de pluralité dans l’audiovisuel. Quant aux relations entre les médias et les patrons des groupes auxquels ils appartiennent, il met les points sur les i.

« On doit d’abord être un journaliste libre plutôt qu’un employé d’un groupe. » selon Christophe Jakubyszyn. « Il faut arrêter aussi avec tous ces idées sur l’actionnariat privé. »

Politique et médias c’est la course au buzz

Rama Yade est l’ancienne ministre de Nicolas Sarkozy et candidate à la présidentielle 2017. Elle s’étonne par exemple de la couverture médiatique dont ont bénéficié Bruno Le Maire ou encore Emmanuel Macron. Ces petits jeunes de la politique qui s’engagent dans la présidentielle et sont devenus en quelques mois les chouchous des journalistes.

Elle-même candidate prononcée dès le printemps, Rama Yade se plaint de ne pas recevoir autant d’attention de la part des journalistes. Cependant elle ne met pas ça sur le compte des connivences ni des opinions biaisées des journalistes. Selon elle il s’agit avant tout d’un diktat de l’audimat.

Très rapidement rejointe par Olivier Falorni ou encore Véronique Massonneau, députée de la Vienne. Tous deux reconnaissent que lors des interviews matinales ou dans les couloirs de l’Assemblée, c’est la guerre aux « petites phrases ».

D’ailleurs Luc Chatel estime que la faute n’incombe pas entièrement aux journalistes. Selon le député de la Haute-Marne « les personnalités politiques ne doivent pas être dans la com’ ».

Cette journée dédiée aux médias aura donc permis de ressortir toutes crispations autour de leurs relations avec les hommes politiques. Certains défendent l’idée d’une proximité professionnelle, d’autres prônent la neutralité pure.