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Lille: l’Etat a été condamné dans le meurtre de Natacha Mougel par la justice

Lille: l'Etat a été condamné dans le meurtre de Natacha Mougel par la justice

Cette histoire avait soulevé une vague de protestation sur le système de libération conditionnelle. Cette fois-ci, la justice a tranché, c'est l'Etat qui est responsable du meurtre de Natacha Mougel.

C’est une histoire de procès pour un meurtre en récidive. Alain Penin, était jugé en 2014 au tribunal administratif de Lille. S’il a été condamné à de la réclusion criminelle a perpétuité, un autre jugement s’est joué sur le même thème. Ce jugement en a conclu une issue surprenante, celle de la condamnation de l’Etat dans l’affaire Natacha Mougel par la justice pour avoir accordé la liberté conditionnelle en 2009 du violeur. Celui-ci avait ensuite récidivé en tuant une joggeuse en septembre 2010. En 2004, il avait été condamné à 10 ans de prison pour un crime commis en 2004. Mais après avoir passé cinq ans en prison, il avait été libéré par la justice. Au cours du jugement, l’avocat des parents de la victime, Me Bruno Drye, a listé durant le procès ce qu’il a décrit comme des « dysfonctionnements de la justice ».

La justice n’avait pas pris note des déclarations des experts

Car en effet, lors de sa libération sous conditionnelle, le parquet avait remis en cause la liberté « à laquelle il s’était initialement opposé », a rappelé Me Bruno Drye. En effet, l’expert en psychiatrie qui avait désigné par le juge d’application des peines n’avait « pas considéré les antécédents psychiatriques » du prévenu. Un médecin aurait de son côté déclaré au juge qu’il « pouvait récidiver à tout moment, mais n’a pas rendu un rapport alarmiste ». Malgré les doutes émis par les spécialistes, le juge avait pris la décision de le libérer. Une décision qui coûte chère à l’Etat qui, selon le rapporteur public, devra verser en compensation 25 000 euros d’amende à chacun des parents de la jeune Natacha Mougel, la victime de la récidive.

Un meurtre qui avait alerté l’opinion public

La jeune femme avait été victime de la récidive d’Alain Penin le 5 septembre 2010 alors qu’elle faisait son sport dans la ville de Marcq-en-Baroeul dans le département du Nord de la France. Celle-ci avait été découverte morte, le corps criblé d’une centaine de coups de tournevis. L’homme avait alors, lors du procès, reconnu les faits en déclarant à la justice que « ce que j’ai fait est atroce. Je ne peux pas demander pardon, je suis impardonnable ». A l’époque, cette histoire avait fait polémique sur le système de libération conditionnelle mis en place par la justice. A l’issue du procès, la mère de la victime a déclaré que « je voudrais que ce procès serve à ce qu’on prenne conscience que la liberté conditionnelle ne doit pas se faire pour des êtres malfaisants tels que Penin, qui serait certainement devenu un tueur en série si on ne l’avait pas retrouvé aussi vite ».