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Emploi: pourquoi les jeunes n’aiment pas les jobs étudiants

Emploi: pourquoi les jeunes n'aiment pas les jobs étudiants

Parmi les clichés circulant sur la génération Y on entend souvent parler de leur paresse. Pourtant ils sont nombreux à travailler pendant leurs études.

Dans un article du Monde en 2015, le patron de Sarenza avait estimé que les jeunes de la génération Y veulent « conserver leur temps libre ». Une constatation qui vient renforcer l’idée répandue que la génération Y est une génération paresseuse.

La génération Y obligée de travailler pour survivre

Mais ce ne sont pas ce que disent les témoignages recueillis par MCE. Pour financer leurs études, se payer un logement ou se nourrir, ils ont dû accepter des jobs étudiants mal payés et pas souvent gratifiants. On estime que 13% des étudiants français ont dû travailler au cours de l’année scolaire pour gagner de l’argent.

C’est le cas d’Alexandre. Pour lui un job étudiant c’est « harassant ». Fatigué, de mauvaise humeur, le jeune homme de 22 ans ne garde pas de bons souvenirs de son job étudiant. A la fin de sa première année de licence en éco-gestion à Nanterre, il participe à un forum des métiers.

« La mairie de Puteaux a organisé un forum des métiers où j’ai rencontré deux recruteuses de Monoprix. J’ai discuté avec elles puis elles m’ont proposé un contrat de deux mois. »

Alexandre a d’abord cru à une aubaine. « Je voulais juste un travail pendant l’été, gagner un peu d’argent. » A la rentrée cependant il quitte le domicile familial et emménage dans un appartement, seul, en banlieue parisienne.

« J’ai demandé à la responsable de m’engager en CDI les weekends. J’avais bien fait mon travail alors elle n’a pas refusé. Et puis c’était devenu obligatoire pour survivre. »

Des conditions de travail pénibles

Le samedi et le dimanche matin Alexandre est à la caisse. Mais très vite il se rend compte que son travail comporte beaucoup de contraintes. D’abord parce qu’il commence très tôt le matin.

« Le samedi et dimanche matin, je me lève quand la plupart de mes potes rentrent de soirée. Si je voulais sortir j’étais donc contraint de me priver de sommeil. Ou de ne pas sortir. »

Laurène a connu le même dilemme. Depuis qu’elle a quitté le lycée, elle travaille sur les marchés pour se faire un peu d’argent chaque mois.

« Quand j’ai eu 18 ans, mes parents ont diminué de plus en plus mon argent de poche pour me rendre indépendante. Aujourd’hui je dois tout me payer moi-même. »

Alors pour payer ses factures téléphoniques, ses frais médicaux, ses études l’étudiante de 21 ans est obligée de travailler. Même si ça l’empêche souvent d’avoir une vie sociale épanouie.

Pour Alexandre comme pour Laurène le seul attrait de ces jobs étudiants, c’est l’argent. D’après eux, l’ambiance de travail n’était pas toujours ce qu’ils espéraient. Le jeune homme explique par exemple que son manager n’était pas assez à l’écoute. Au point que certains jours, il allait au travail à reculons.

Laurène a eu le même problème avec ses patrons. « Il y a des jours où ils me disaient de ne pas venir parce qu’il n’y aurait pas beaucoup d’activité. Ce qu’ils refusaient de comprendre c’est que moi j’avais besoin d’argent tout le temps, pas seulement ponctuellement. »

Tous deux habitent en région parisienne, où la vie est globalement la plus chère de France. A Paris selon une enquête de l’UNEF le coût moyen de la vie pour un étudiant représente plus de 1100 euros par mois.

Des salaires bas et des dépenses coûteuses

L’une des principales dépenses c’est le logement. En France les prix peuvent varier du simple ou double. La ville la plus chère pour un étudiant étant Paris. Beaucoup de jeunes comptent donc sur leurs parents pour leur apporter un soutien financier.

Laurène, elle, vit encore chez ses parents. Quand à Alexandre, c’est sa mère qui paie son logement. Pour près de 70% des parents Français, aider leurs enfants à financer leurs études n’est pas un problème. C’est ce que révèle une étude de HSBC qui montre que les parents sont prêts à se sacrifier pour les études de leurs enfants.

Mais pour d’autres, la solution pour économiser c’est la colocation. Pourtant seuls 12% des étudiants sont intéressés par le partage d’appartement d’après une enquête de LocService.fr. Mélanie fait partie de ses 12%.

A Nice la jeune femme partage un appartement quatre pièces avec trois autres personnes. Chaque mois elle dépense plus de 400 euros pour son loyer, ses factures et ses études. C’est plus que ce qu’elle gagne.

Pour payer tous ses frais, Mélanie travaille comme serveuse dans un petit restaurant de Nice. Un travail pour lequel elle gagne 400 euros par mois.

« Il y a eu beaucoup de mois où je finissais dans le rouge forcément » lâche-t-elle. « Au bout d’un an, je trouvais ça fatiguant de toujours faire attention à la moindre dépense » ajoute-t-elle.

Les étudiants comptent sur les aides extérieures

« Heureusement à la fin de ma deuxième année d’étude j’ai eu droit à une bourse et même aux APL. Ca m’a fait économiser beaucoup » continue Mélanie.

Et même si ce n’était pas facile tous les jours pour Mélanie, elle ne regrette pas cette expérience. « Je pense que toute expérience est bonne à prendre. C’était très formateur. »

Laurène n’est pas cet avis. Elle voit mal comment ce job étudiant lui permettra de se faire valoir auprès de ses futurs employeurs.

« Evidemment j’en parle dans mon CV. Mais en entretien je préfère valoriser mes stages et ne pas trop m’attarder sur mon travail au marché. »

Pourtant, les jobs étudiants sont considérés comme un bon tremplin dans la vie active.