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Harcèlement scolaire: le geste incroyable des parents d’une jeune victime

Elle était victime de harcèlement scolaire. A 17 ans, Emilie s’est suicidée et ses parents ont décidé de publier son journal intime.

Le harcèlement scolaire commence quand elle n’a que 12 ans. Emilie est au collège à Lille et c’est une élève brillante. Mais elle ne s’habille pas à la dernière mode comme la plupart de ses camarades de classe.

Emilie, victime de harcèlement scolaire pendant trois ans

Le harcèlement scolaire se manifeste de façon très violente pour Emilie. A 12 ans, elle est première de sa classe et ne porte pas les derniers vêtements à la mode. Ses camarades de classe s’en donnent donc à coeur joie. Insultes, moqueries, violences physiques … Emilie raconte le quotidien de trois années de harcèlement scolaire dans son journal intime.

Publié par le journal La Voix du Nord avec l’autorisation de ses parents, on y découvre l’enfer que vit Emilie. Elle raconte par exemple qu’elle se cachait dans les toilettes pendant les pauses afin d’éviter les regards et les insultes.

« Les toilettes étaient le seul endroit dans ce foutu collège où j’étais sûre d’être tranquille. Ne serait-ce qu’épargner 15 minutes de supplice à ma journée ferait qu’elle serait moins insupportable. »

Emilie essaie d’échapper au harcèlement scolaire dont elle est victime. En classe, ses camarades se moquent de ses vêtements, de son apparence. Ils lui jettent des objets dessus ou parfois, jettent ses affaires dans les couloirs. Comme cette fois où un élève plus âgé prend son livre et le jette par-dessus l’escalier.

Et pendant ces trois années, les professeurs ne voient rien.

Les victimes de harcèlement scolaire vivent dans l’ombre

Le père d’Emilie raconte dans La Voix du Nord que l’administration du collège est sourde au malheur d’Emilie. La direction de l’école n’a jamais voulu « parler de violences ou de harcèlement. Ce qui les intéresse, c’est de garder leur réputation. »

Pourtant, ses parents eux-mêmes n’ont pas détecté la moindre trace de détresse. Emilie refusait de leur en parler. « Je ne voulais pas qu’ils s’inquiètent » écrit-elle dans son journal.

Elle garde donc le secret, jusqu’au jour où elle fait une crise d’angoisse avant les cours. Ses parents comprennent alors que quelque chose ne va pas et décident de la changer d’établissement.

Mais il est déjà trop tard. Après trois années à subir le harcèlement scolaire, Emilie a du mal à reprendre les cours de façon normale. Son père raconte qu’elle est entrée au lycée mais qu’elle suivait également des cours à distance. « Elle avait développé une phobie scolaire » raconte-t-il dans La Voix du Nord.

A 17 ans, Emilie ne s’est toujours pas débarrassée de son angoisse, de sa dépression. La 19 décembre 2015, elle finit par se défenestrer depuis l’appartement de son père. Elle est décédée des suites de ses blessures le 22 janvier 2016.

Des campagnes de sensibilisation

Mardi soir, France 3 a consacré une soirée spéciale au harcèlement scolaire. En début de soirée, la chaîne a diffusé un téléfilm Marion, 13 ans pour toujours. On y découvre l’histoire vraie de Marion, 13 ans, victime de harcèlement scolaire au collège. Elle aussi s’est suicidée après six mois de violences verbale et physique.

Comme elle, et comme Emilie, près d’un élève sur dix est victime de harcèlement scolaire en France. Et c’est au collège que l’on enregistre le plus d’actes de harcèlement. On dénombre environ 330 000 collégiens (soit 10% des élèves).

Un phénomène, comme l’explique Carole Gaessler dans l’émission de mardi soir, accentué par les réseaux sociaux. On parle alors de cyber-harcèlement.

C’est pourquoi, depuis 2011, le gouvernement multiplie les campagnes de sensibilisation. Dans les établissements, les enseignants suivent une formation pour détecter les comportements de harcèlement. Les élèves et leurs parents peuvent également avertir les chefs d’établissement ou téléphoner à la plateforme du gouvernement pour obtenir des aides et des conseils.