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Aulnay-sous-Bois: le récit terrifiant de l’agression de Théo

Aulnay-sous-Bois: le récit terrifiant de l’agression de Théo
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Théo se livre enfin. Quelques jours après sa très violente agression par quatre policier, le jeune homme raconte sa version des faits.

Lundi, sur BFMTV, Théo a décidé de se livrer sur ce qui s’est passé jeudi dernier, à Aulnay-sous-Bois.

Le récit de Théo

Dans son récit émouvant, Théo raconte que jeudi, il est sorti de chez lui pour aller chez une amie. En bas de son immeuble situé dans la cité des 3000 à Aulnay-sous-Bois, il a rencontré un groupe de policiers.

Quelques instants plus tard, les quatre policiers l’agressent violemment. « Je savais que là il n’y avait pas de caméra alors je me suis enfui pour aller là où il y en a, » raconte Théo à BFMTV.

Le jeune homme de 22 ans tente de se défendre, mais les quatre policiers sont plus forts que lui. D’après son récit, trois policiers l’ont frappé avec violence et empêché de s’enfuir. Mais, alors qu’il est acculé face contre un mur, le quatrième policier lui baisse son pantalon et lui enfonce sa matraque dans les fesses.

« Dès qu’il m’a fait ça, je suis tombé sur le ventre. Je n’avais plus de force. »

Plaqué au sol, les policiers lui demandent de mettre les mains dans son dos et le menottent. Puis les policiers réclament à Théo de s’asseoir par terre. Théo leur explique alors qu’il a beaucoup trop mal pour le faire. Mais les policiers l’aspergent de gaz lacrymogène et lui donnent encore plusieurs coups de matraque à la tête.

« J’ai cru que j’allais mourir. »

Le jeune homme raconte alors que malgré les coups qui pleuvent sur lui, il est comme anesthésié. « J’avais tellement mal aux fesses que cette douleur me semblait éphémère. »

Les policiers l’ont ensuite traîné jusqu’à leur voiture, Théo est incapable de marcher. Dans la voiture, il subit encore de nombreuses violences, verbales pour la plupart. Il est insulté à plusieurs reprises. D’après son avocat, Eric Dupont-Moretti, les policiers lui ont aussi touché les parties génitales.

Au commissariat, c’est le même manège. Les policiers veulent le faire asseoir, mais il a trop mal. Après quelques minutes, l’un d’entre eux se décide à appeler le Samu. Les secours arrivent et décrètent qu’il faut l’opérer immédiatement. Théo a alors une déchirure anale estimée à 5 ou 6 cm. Mais à l’hôpital, il est opéré pour une déchirure de 10 cm.

Aujourd’hui, il est en arrêt de travail pour 60 jours et raconte à BFMTV qu’il a beaucoup de mal à bouger, qu’il ne dort pas. Son avocat, saisi samedi, raconte que le jeune homme et sa mère réclament une justice digne de ce nom. Dans L’Obs il se dit choqué des accusations retenues contre les tribunaux.

La réaction des acteurs

Le parquet de Bobigny a en effet retenu le terme de violences contre trois des policiers. Seul le magistrat instructeur a qualifié de viol l’acte d’extrême violence du quatrième policier. Le syndicat de la police va jusqu’à qualifier cet incident grave d’interpellation suite à une rébellion.

Pourtant, il n’y avait pas lieu d’interpeller Théo. A 22 ans, selon son avocat, c’est un éducateur qui n’a jamais été condamné. Il n’avait jamais eu d’ennuis avec la police donc. Mais les policiers ont évoqué une arrestation dans une affaire de trafic de stupéfiants.

Dans la cité des 3000 on ne comprend pas non plus à un tel acte de violence. Lundi après-midi, une centaine de personnes s’est réunie pour une marche de soutien au jeune homme. Sur leurs t-shirts et leurs banderoles « Justice pour Théo ».

Quelques heurts ont éclaté dans le quartier depuis jeudi soir. Plusieurs personnes ont été interpellées. Mais le récit de Théo a intensifié la colère à Aulnay-sous-Bois.