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Attentats de Paris: les perquisitions menées durant l’état d’urgence font polémiques

Attentats de Paris: les perquisitions menées durant l’état d’urgence font polémiques

Si elles ont été efficaces, les perquisitions menées durant l'état d'urgence par les forces de l'ordre font polémiques. Notamment auprès de certaines personnes dans la communauté musulmane qui parlent d'islamophobie.

Les perquisitions menées depuis l’état d’urgence livrent leurs premiers résultats, au nombre de 1 616, elles ont abouties à plus d’une centaine d’arrestations à travers la France. Si certains parlent de « dérivent sécuritaires » et d’« islamophobie » sur les réseaux sociaux, les forces de police saluent l’efficacité dans laquelle ils ont pu retrouver 266 armes et prononcer 290 assignations à résidence. Selon eux, seul l’état d’urgence a permis d’opérer à de si vastes investigations. Elles ont d’ailleurs été possible grâce à l’article 11 de la loi de 1955, « le décret déclarant ou la loi prorogeant l’état d’urgence peut, par une disposition expresse, conférer aux autorités administratives mentionnées à l’article 8 le pouvoir d’ordonner des perquisitions en tout lieu, y compris un domicile, de jour et de nuit, sauf dans un lieu affecté à l’exercice d’un mandat parlementaire ou à l’activité professionnelle des avocats, des magistrats ou des journalistes, lorsqu’il existe des raisons sérieuses de penser que ce lieu est fréquenté par une personne dont le comportement constitue une menace pour la sécurité et l’ordre publics ».

Les perquisitions sont-elles un masque de l’islamophobie ?

Mais pour certains ces perquisitions menées sur ordre des préfets, se rapproche d’une forme d’« islamophobie ». Sur Twitter notamment, le hashtag #perquisitionnezmoi a été lancé par de nombreux militants luttant contre les actes islamophobes. Sur la chaîne qatarie Al-Jazeera, Nabil Ennasri, en charge de l’Observatoire du Qatar sur l’antenne, a déclaré : « il y a eu des centaines d’arrestations et de perquisitions ces derniers jours et certaines d’entre elles relèvent d’une dérive sécuritaire. Des mosquées ont été perquisitionnées, or tout le monde sait que les mosquées ne sont pas des foyers de radicalisation. Fixer comme cela la communauté musulmane et la stigmatiser multiplie les amalgames et crée un sentiment de peur, voire de psychose auprès de beaucoup de musulmans ». Certains musulmans visaient par les assignations à domicile demandées par le ministère de l’Intérieur ont contacté les médias pour assurer leur surprise. Mais du côté des équipes de Bernard Cazeneuve, « on ne fait pas de perquisitions pour rassurer l’opinion publique », explique un membre du ministère dans le Figaro.

Pour la police c’est de la victimisation

Les perquisitions qui ont fait le plus de bruits sont celles dans les mosquées. Dont certains n’ont pas hésité à publier des images après les actions de police, en les postants sur Twitter. Malgré tout, Pascal Ribeiro, responsable du syndicat Synergie police, contacté par Le Figaro voit en ces plaintes « des discours tendancieux qui se servent du paravent de l’islamophobie ». Selon lui, les perquisitions menées dans la mosquée de Brest n’ont pas été inutiles: « on trouve des documents, comme dans la mosquée de l’imam de Brest, qui peuvent servir pour des mesures administratives ». Malgré tout, pour apaiser les tensions, Bernard Cazeneuve a fait circuler une note au préfet afin de demander aux forces de police de privilégier la solution pacifique et de laisser les propriétaires des lieux agir selon leur propre volonté.