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Anti-avortement: des manuels distribués dans des lycées privés

Des manuels anti-avortement ont été distribués dans des lycées privés. Les discours rapportés suscitent l’émoi des élèves et de leurs parents.

Un manuel anti-avortement édité par la Fondation Lejeune a été distribué dans des lycées en France. Présenté comme un manuel « bioéthique » le manuel parle de l’avortement en ces termes : « près de 9 millions d’avortements ont été pratiqués depuis 1975 » soit « 9 millions d’enfants uniques, irremplaçables ».

L’anti-avortement crée la polémique

Le HuffPost rapporte que le manuel anti-avortement a été trouvé par deux lycéennes de l’académie de Montpellier. Mardi, sur un présentoir de la vie scolaire, elles tombent sur ce manuel qui se présente comme une brochure.

A l’intérieur, elles découvrent des phrases qui les ont choquées comme « On peut comprendre qu’une femme ne désire pas l’enfant d’un viol. La mère doit être bien accompagnée après un tel traumatisme mais tuer l’enfant n’annule pas le drame ».

Elles décident alors d’envoyer des photos du manuel au dessinateur Nawak. Ce dernier aussi est interpellé par la violence des propos anti-avortement du manuel. Il poste les photos sur sa page Facebook. En quelques heures, les images sont partagées des milliers de fois.

Interrogé par Le Figaro il raconte : « Cette belle arme de propagande qu’est ce manuel comporte des phrases hallucinantes, notamment sur le viol… Je trouve ça épouvantable de distribuer ça à des jeunes qui sont souvent en pleine période d’interrogations importantes. »

D’autres lycées ont distribué ce manuel

Alertée par la polémique sur ce manuel anti-avortement, une mère de famille témoigne dans Le HuffPost. Elle raconte notamment que ses deux filles aînées ont eu ce manuel entre les mains au cours de formations « humaine et religieuse » au lycée. Il faut préciser que les manuels ont été trouvé dans des lycées privés sous contrat avec l’Etat.

Dans ces lycées, l’éducation religieuse est prise en charge par des parents d’élèves, comme l’explique cette mère de famille dans le HuffPost. Selon elle, les histoires racontées aux jeunes filles sur l’avortement sont tellement horribles que l’une d’elles s’était évanouie pendant un cours.

Il y est par exemple question de démembrement des bébés, de douleurs atroces pour la mère comme pour l’enfant. Le manuel de la fondation Lejeune fait également passer le stérilet comme un moyen d’avortement.

Elle décide donc d’alerter l’établissement sur ces discours anti-avortement. Elle se tourne d’abord vers l’aumônerie qui se défend de parti pris. Apparemment des copies de la loi Veil de 1975, la loi qui autorise les femmes à avorter, sont également distribués. Quant à l’enseignement catholique de Paris on ne s’occupe que des enseignements obligatoires.

La fondation Lejeune explique dans le HuffPost que 500 000 exemplaires de ce manuel ont déjà été distribués. « Nous n’avons jamais eu de souci ».

Le gouvernement veut lutter contre la désinformation

Mercredi, c’était la journée mondiale de l’avortement. L’occasion pour le gouvernement de ré-affirmer son travail de lutte contre les sites internet diffusant ce genre d’idées sur l’avortement. Tout d’abord, le gouvernement a renforcé le référencement de son site internet pour lutter contre les sites internet militant anti-avortement.

Un numéro vert est aussi mis en place pour apporter des conseils aux jeunes filles. Il s’agit de les accompagner et de les renseigner. Les sites anti-avortement leur racontent des histoires pour leur faire peur. Par ailleurs, le gouvernement note que de moins en moins leurs actions militantes mettent en avant un engagement religieux.

La fondation Lejeune, elle, explique que c’est lors des Journées Mondiales de la Jeunesse que leur manuel est le plus distribué.