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Sécurité routière: l’Etat va privatiser l’utilisation de radars dès 2017

Sécurité routière: l’Etat va privatiser l’utilisation de radars dès 2017

L'Etat va déléguer l'utilisation de radars mobiles à des sociétés privées. Ce changement démarrera dès janvier 2017.

La raison avancée par l’Etat est la réaffectation des forces policières. Emmanuel Barbe, le délégué interministériel à la sécurité routière, a déclaré au Parisien que les radars mobiles seront gérés par des entreprises privées dès janvier 2017. « Cette externalisation est avant tout une bonne gestion des deniers publics. On privatise juste l’action de bouger la voiture, avec un chauffeur qui va se promener avec ce radar. On va dire avant au chauffeur par où il doit passer et après vérifier qu’il l’a bien fait. On contrôlera tout ce qu’il va faire dans le cadre d’un marché public » a-t-il expliqué. Cette disposition figurait parmi les 22 mesures annoncées en octobre dernier par Manuel Valls à l’issue du comité interministériel sur la sécurité routière.

Pourquoi privatiser les radars mobiles ?

Principalement, l’Etat veut rentabiliser ses voitures banalisées (Renault Megane, Citroën Berlingo, Peugeot 208 et 308, Dacia Sandero Stepway). Ces véhicules coûtent actuellement 70.000 euros l’unité et ne circulent qu’un peu plus d’1h par jour. « Notre objectif est de multiplier par trois ou quatre les heures de sortie de ces véhicules qui circuleront sur nos routes nuit et jour », a justifié Emmanuel Barbe. Surtout quand l’on sait que 319 véhicules sont équipés de radars et que d’ici à 2018, 121 voitures supplémentaires seront mises en circulation. Plus de 400 véhicules, donc, que les autorités publiques veulent rentabiliser. Une autre raison de la privatisation des radars embarqués est de permettre aux gendarmes et aux policiers de se redéployer sur des missions considérées plus prioritaires, comme les contrôles d’alcoolémie ou de stupéfiants.

Qu’en pensent les français ?

L’an dernier, plus d’un million et demi d’automobilistes ont été flashés sans le savoir. D’après une enquête Harris Interactive commandée par l’association 40 Millions d’automobilistes, publié par Le Parisien, 83 % des Français sont hostiles à cette disposition. 76 % pensent que cette mesure « aura pour objectif d’augmenter le montant des contraventions collectées par l’Etat ». Interrogé par le Figaro, la Prévention Routière voit en cette mesure un « message d’impunité ». L’association affirme que « lorsqu’on est verbalisé par un gendarme ou un policier, le message est plus pédagogique qu’un flash ou qu’un PV qu’on reçoit une semaine plus tard dans sa boîte aux lettres. »