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Les Républicains: faut-il renouer le contact entre les jeunes et l’entreprise ?

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Jonas Haddad, responsable des jeunes Républicains de Normandie, a dévoilé à MCE les projets des Républicains pour renouer le dialogue entre les jeunes et l'entreprise.

Sur le plateau de MCE Jonas Haddad, responsable des jeunes Républicains de Normandie, s’est confié sur le rapport de son parti avec le gaullisme. Celui qui est aussi candidat à la législative dans la troisième circonscription de Seine-Maritime nous explique comment son parti compte améliorer l’intégration des jeunes dans l’entreprise. Notamment en passant par un apprentissage moins légiféré.

Est-ce qu’une orientation un peu précoce ce n’est pas tracer des lignes prédéfinies pour les étudiants ? On demande à certains jeunes une orientation dès la fin du collège sur leur filière au lycée, alors qu’ils ne savent même pas ce qu’ils veulent faire plus tard. Du coup, ce n’est pas un peu prématuré ?

« On vit dans un monde ou vous avez de l’information partout ! Les jeunes, s’ils veulent savoir quelle filière choisir, ils peuvent le savoir ».

Mais certains ne savent même pas le métier qu’ils veulent faire…

« Quand on a un conseiller d’orientation, son métier c’est d’orienter. Il y a une chanson de La Fouine qui dit: « conseiller de désorientation ». Les conseillers eux-mêmes désorientent les jeunes. Quand vous venez demander un conseil a quelqu’un, vous vous attendez à un conseil, vous ne pouvez pas demander à rester flou. Tracer des lignes c’est nécessaire pour les élèves qui ont besoin de repères, de tuteurs. On ne peut lui dire qu’il aura un avenir, et quand il faudra passer à l’acte on ne se mouille en le laissant seul avec un classeur de fiches ».

Donc comment changer ça ? Malgré tout, le conseiller d’orientation reste une figure phare de l’Education Nationale

« Je serai pour changer les conseillers d’orientation et former ces conseillers pour que ce ne soit pas des gens issus essentiellement de filières psycho qui n’arrivent pas à comprendre le monde de l’entreprise. Et d’ailleurs j’ai proposé ça depuis des années, que l’on fasse des classes dans lesquels les chefs d’entreprises viennent expliquer leur métier ».

Mais les salons des métiers dans les collèges et les lycées, il y en a fréquemment ?

« Il y en a fréquemment, c’est vrai. Mais c’est pour ça qu’il faut les compléter avec différentes visions. Cela ne se substituera jamais à un entrepreneur qui prend sur lui les risques de son métier ».

En revenant sur la Primaire les Républicains, la principale mesure concernant les jeunes, c’est l’orientation ?

« Pas que ! J’aurai bien voulu vous parler de notre projet pour favoriser le formation d’entreprise avec les jeunes. Comment on revalorise la filière professionnelle. Je pense que les jeunes ce qu’ils veulent aujourd’hui c’est : « on me donne les armes pour construire mon avenir professionnelle ». Mais regardez, ils sont nombreux à partir. Combien autour de nous disent: « la France j’en ai marre, j’ai envie de partir »? ».

En même temps on les invite aussi à partir avec Erasmus… C’est une volonté de liberté de mouvements par l’Europe

« On les incite à partir, mais on les incite aussi à revenir. Le problème aujourd’hui c’est que les gens partent et ne reviennent pas. Et ils partent vers quoi ? Vers des systèmes communistes ! Ils vont en Angleterre, au Canada, au Brésil, en Australie, aux Etats-Unis… Vers des pays dans lesquels il y a plus de libertés. Des pays où on donne la chance à chacun ».

Il y a aussi plus de moyens. Les salaires sont plus attractifs, les ressources sont plus importantes notamment dans les domaines de recherches…

« Oui mais parce que les salaires sont moins chargés ! Si vous donnez aujourd’hui un salaire de 50 000 euros à un jeune talentueux, et bien vous allez payer la moitié en charges sociales. Alors que pour la même somme dans les autres pays, vous ne payez que 25% de charges ».

Mais pour inciter les jeunes à s’investir dans l’entreprise française. Vous comptez aussi sur les contrats en alternance ?

« On compte travailler sur les contrats en alternance. Mais il faut que chacun joue sa part. Les entrepreneurs et l’entreprise n’ont toujours pas le réflexe de l’alternance. Il faut inciter les entreprises de façon plus forte à avoir recours aux contrats en alternance. On demande aux jeunes de la fidélité, de la loyauté, qu’ils soient carrés au travail, qu’ils bossent bien, mais du jour au lendemain… on peut les virer ! Il y a une responsabilité de transmission des savoirs et pour cela, il faut que les entreprises s’engagent dans les systèmes d’alternances et de professionnalisation ».

« Je suis désolé de critiquer. Mais le gouvernement, la première chose qu’il fait quand il arrive au pouvoir en 2012, c’est de supprimer les aides pour l’apprentissage et l’alternance. Ce n’est pas un bon signal pour les entreprises ».

Est-ce que ce n’est pas aussi important pour les entreprises d’avoir un emploi du temps plus adapté avec les écoles ? Outre les aides financières, les contraintes de calendrier ne sont pas un avantage…

« Ce n’est pas avantageux non plus, c’est vrai? Pour avoir eu des alternants dans les entreprises où je travaillais, c’est un problème. Mais c’est un système qui reste malgré tout très attractif. Si on embauche un jeune qui prouve ses qualités au travail. L’entrepreneur va être encourager à l’embaucher plutôt que de se lancer un autre processus de recrutement. Je pense malgré tout qu’avec les nouvelles technologies, cela sera un peu plus souple ».

Pour les travaux manuels, les patrons ne peuvent plus recruter de jeunes apprentis. Ces derniers ne peuvent plus rien faire à cause des normes de sécurité. Il y aura-t-il un projet de réforme qui vise à professionnaliser le statut d’apprenti ?

« Il y a un projet de réforme qui concerne les apprentis chez les Républicains. Il préconise qu’à chaque fois qu’une nouvelle norme est créée dans un secteur, deux normes anciennes sont supprimées. C’est notre engagement. Ca nous oblige à dégager toutes ces couches qui rendent le travail impossible. Je suis avocat aujourd’hui, je sais pertinemment qu’un chef d’entreprise aujourd’hui ne peut pas connaître le code du travail dans sa forme actuel. Certains avocats spécialistes sur la question n’y arrivent même pas. Il faut simplifier tout ça pour faire en sorte que demain, le code du travail soit lisible ».

« J’ai beaucoup aimé le travail de Robert Badinter sur les grands principes du droit du travail. Ce qu’il faut comprendre c’est comment retracer des grands principes, bien clairs et adaptés au 21ème siècle. Il faut faire en sorte que chaque entreprise mette en place son organisation de travail ».

Un nouveau code du travail est en projet ?

« Non ! Un code amaigri ».