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Les Républicains: comment interpeller les jeunes avec une politique gaulliste ?

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Jonas Haddad, responsable des jeunes Républicains de Normandie, a dévoilé à MCE ce qu'il pensait de la l'idéologie gaulliste de son parti, et de sa mise en place pour les jeunes.

Sur le plateau de MCE Jonas Haddad, responsable des jeunes Républicains de Normandie, s’est confié sur le rapport de son parti avec le gaullisme. Celui qui est aussi candidat à la législative dans la troisième circonscription de Seine-Maritime nous explique comment voir une politique pour les jeunes avec une politique sociale mise en place dans les années 60. Si la question de résistance est omniprésente, les différences entre les deux époques laissent énormément de questions.

Comment peut-on être jeune et s’engager chez les Républicains aujourd’hui ?

« Il y’a plusieurs moyens. Moi par exemple, j’ai commencé en m’engageant à l’université. J’avais un ami qui était à la faculté et qui m’a proposé d’aller voir un meeting. Et après je n’ai plus jamais décroché. Pour d’autres ça peut être dès le lycée car certains établissements sont plus ou moins politisés. D’autres ça peut être car ils sont sensible à certaines thématiques. Je prend l’exemple des jeunes agriculteurs. Cela peut être des jeunes entrepreneurs qui disent « j’en ai marre d’être taxé, j’en ai marre de voir tout mon capital partir à l’Etat, je vais peut-être m’engager chez les Républicains pour essayer de changer la donne et favoriser l’entreprenariat » ».

« Tous ces sujets là, ça vous permet de vous forger une culture politique. Et cette culture politique c’est ce qui vous permet de vous engager. J’adore cette phrase qui est de Malraux: il faut que le parti (de la droite à l’époque) représente tous les Français, le soir, à 18h dans le métro. C’est exactement la même chose pour les jeunes. Il faut que les Républicains représentent tous les jeunes quelques soient leurs origines sociales ou religieuses… Il n’y a pas de différence à avoir, il n’y a pas de distinction et c’est pour cela qu’on est le parti Des Républicains. On met la République au coeur de notre programme ».

Etre gaulliste en 2016… C’est quoi ?

« Etre gaulliste en 2016 c’est de se dire finalement qu’il n’y a pas de renoncement, il n’y a pas de fatalité à voir le pays s’écrouler. Je vais vous donner un terme que j’utilisais dans un livre que j’ai écrit il y a deux ans qui, à mon avis, est symptomatique: « émigration ». Je sais que dans mon parti on parle beaucoup d’immigration. Mais moi depuis des années je parle d’émigration. Et je préfère que les programmes politiques soient conçus pour que les jeunes aujourd’hui, ne partent pas du pays. Pour en revenir à De Gaulle, c’est le premier moment dans l’histoire de notre pays dans lequel on n’est pas en guerre et où pourtant les jeunes sont obligés de partir. Et si le général de Gaulle avait été là et avait constaté un tel niveau d’affaiblissement de la France, ce serait problématique ».

Le gaullisme, c’est une chose qui est inscrite dans les manuels scolaires d’histoire, mais ce n’est pas quelque chose que les jeunes ont vécu. Alors comment voulez vous rassembler la jeunesse à travers un argument gaulliste ?

« Ils commencent à le vivre. Vous avez raison, ils ne le voyaient pas il y a encore quelques années car il n’y avait pas la même tension dans le pays. Là il y a des tensions. Il y a des tensions entre ce que l’on appelle les communautés même si je n’aime pas ce terme. On sent des menaces. Il y a quand même eu 250 morts français l’année dernière à l’occasion d’attentats perpétrés par des gens qui menacent clairement la France. Nous avons un chef de l’Etat et l’opposition (Les Républicains) qui déclarent que la France est en guerre ».

« Donc le gaullisme c’est peut-être dans les manuels d’histoire, mais très souvent l’Histoire bégaye. Et là on se retrouve dans une situation de guerre et que dans une telle situation il faut des chefs de guerre. On ne peut pas considérer que 250 morts sur notre territoire ce n’est rien du tout. Il faut dire à la jeune génération que le message du général de Gaulle c’est un appel à la résistance. Il faut dire à tous les jeunes français de le rejoindre pour essayer de construire la résistance ».

Donc on est plus sur une idée du gaullisme de la seconde guerre mondiale, que celui en politique. La question du gaullisme dans la société de l’époque, c’était une période de plein emploi. Aujourd’hui, même les jeunes diplômés ne trouvent pas de travail. Alors comment on peut mettre une telle politique en place pour les jeunes ?

« C’est très simple. A l’époque, le général de Gaulle a considéré que pour mettre en place le plein emploi, il fallait trouver de grands projets. Il fallait relancer l’industrie, il fallait que nos entreprises soient plus compétitives. A côté de ça, il avait passer un accord avec notamment les communistes pour le Conseil National de la Résistance et considérer que maintenant il fallait assurer un minimum de protection sociale ».

« On ne peut pas dire qu’en France on n’a aucune protection sociale. Elle existe ! Ce qui manque c’est la compétitivité de nos entreprises. On est dans un monde qui bouge avec la Chine, avec la Russie, avec le Brésil… Avec des forces qui sont en train de se constituer et dans lequel on risque d’être dépassé. Donc il faut se donner les armes pour être compétitif. Ce serait ça aujourd’hui, l’incarnation de la compétitivité ».

« Quand de Gaulle souhaitait mettre en place des programmes pour l’armement, le nucléaire… Tous ces programmes qui étaient des programmes d’avenir à l’époque et bien il faut qu’on en retrouve. Je ne dis pas que de Gaulle serait un geek aujourd’hui et qu’il se lancerait dans le numérique mais si on voulait analyser de la même manière ce que lui l’a fait, on dirait que les filières d’avenir sont celles du numérique ».