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Primaire les Républicains: comment résoudre les problèmes à l’université ?

Jonas Haddad, responsable des jeunes Républicains de Normandie, a détaillé à MCE les propositions de son parti pour résoudre les problèmes à l'université.

Sur le plateau de MCE Jonas Haddad, responsable des jeunes Républicains de Normandie, s’est confié sur le rapport de son parti avec le gaullisme. Celui qui est aussi candidat à la législative dans la troisième circonscription de Seine-Maritime nous explique son parcours à l’université et comment il serait logique d’améliorer la formation pour lutter contre le chômage des jeunes.

Nicolas Sarkozy a proposé un incubateur de startups à l’université. Selon vous, est-ce un des projets nécessaires pour la jeunesse ?

« J’approuve cette proposition. Mais cela existe déjà dans certaines universités. La généralisation d’incubateurs de startups est une bonne idée. Mais il faut en établir toutes les modalités. Comment ça fonctionne ? Est-ce que s’est imposée ou pas ? Il faut voir, surtout, comment on laisse la liberté au président de l’université. Ce qui est important, c’est que le président soit le président. C’est le sens de la réforme de l’autonomie qui a été portée en 2007 (loi LRU) avec Valérie Pécresse, mais il faut aller plus loin pour faire en sorte que les universités soient totalement autonomes mais aussi pour construire un parcours professionnel ».

« Il ne s’établit de la même manière en Seine-Saint-Denis qu’en Bretagne. On ne peut pas imposer au président de l’université comment il va construire son établissement. Donc oui pour les incubateurs de startups à l’université. Mais il faut faire attention à comment cela s’organise dans le respect de l’autonomie de l’université ».

Sur l’autonomie de l’université, il y a tout de même une nette divergence entre Alain Juppé et Nicolas Sarkozy sur la sélection des étudiants. Nicolas Sarkozy souhaite une sélection dès la licence alors qu’Alain Juppé est beaucoup plus modéré. Est-ce que ce sujet est abordé car il est dans l’actualité ? Ou est-ce une ligne forte du programme Les Républicains ?

« Cela sera une ligne forte du programme Les Républicains. On a réussi à passer l’autonomie, mais une fois cette étape de franchie, qu’est-ce que l’on met dedans ? Comment on sélectionne les étudiants ? Je pense que la question de la sélection intervient en amont. Dès le collège et le lycée, nous n’aurions pas ce problème de sélection si on avait réussi à orienter correctement les personnes. Ce n’est pas mieux si on a quelqu’un qui est doué d’un point de vue professionnel, et qu’on le mettrait dans une filière professionnelle en lui assurant un taux d’emploi important ? »

« On aurait pas non plus ce problème là si, comme dans mon cas, un étudiant qui veut faire du droit ou une école de commerce, est orienté vers une filière S. Quel est ce système absurde dans lequel on envoie des gens faire du scientifique alors que derrière il veulent faire une formation qui se rapporte plus au littéraire ou à l’économie ? »

Bruno Le Maire souhaitait notamment la suppression des filières dans les lycées…

« On se rejoint totalement là-dessus. Je ne savais pas qu’il avait été jusqu’à la suppression des filières en question. Mais on voit bien que ce procédé est inadapté. Il suffit de poser la question. Le rêve de tout parent aujourd’hui c’est de mettre son enfant dans une filière S alors que ce n’est pas forcément le bon choix. J’aime beaucoup la physique Chimie. Mais depuis que j’ai quitté la terminale, je n’ai plus ouvert un manuel ».

Est-ce qu’orienter plus tôt ne va pas fermer l’accès aux études à une certaine classe de la population?

« Non pas forcément. Derrière vous n’avez plus besoin de voir des offres de cours privés qui se développent et qui ne bénéficient qu’à des personnes qui sont plutôt aisées. Si je suis fort de mes mains, que l’on me met dans un lycée professionnel et que j’ai tout de suite un emploi, est-ce que ce n’est pas préférable ? Plutôt que de me placer dans une filière généraliste où je m’embête. Pour au final aller à l’université, où je suis déçu et de laquelle je ressort sans emploi ».

Pour revenir sur l’université, il y a deux groupent. Ceux qui souhaitent augmenter les frais d’entrée et ceux qui veulent fournir une fourchette afin de les contrôler. Quelle est votre position ?

« Cela revient à la question d’avant. Il y a deux sujets. Le premier c’est l’orientation, le second c’est les frais. Globalement c’est le système américain, une sélection accompagnée de frais de scolarité importants. On a donc des étudiants qui commencent leur vie professionnelle avec une dette ».

« Je pense que si l’on fait bien la sélection ou plutôt, une orientation précoce… la question des frais se posera un petit peu moins. Je suis pour le maintient de l’université quasiment gratuite. Si on dit qu’on est le parti du mérite, du travail et de l’effort, il faut garder l’université gratuite ! J’en ai bénéficié, plein de gens en ont bénéficié. On parlait tout à l’heure des personnes qui sont les plus défavorisés, c’est ça le modèle français ! On ne pas parler de réussite en France si c’est gratuit, mais que l’on sélectionne personne ».

« Peut-être que dans certains territoires, il faut réfléchir à une augmentation des frais de scolarité. Ce ne serait pas choquant si les frais atteignaient 1 000 euros dans une université d’exception. Quand vous rentrez à la Sorbonne en droit, vous savez très bien qu’en étant sérieux, vous allez avoir un bon emploi par la suite. Il ne faut pas exagérer de dire que 1 000 euros c’est énorme. On peut augmenter dans un ratio, imposer une fourchette, un cap… mais tout en restant dans des conditions qui soient acceptables ».