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Présidentielle 2017: pourquoi le taux d’abstention promet de battre des records ?

Présidentielle 2017: pourquoi le taux d’abstention promet de battre des records ?

L’élection présidentielle qui se joue ce weekend pourrait voir les plus importants taux d’abstention que la Ve République ait connu.

Après la menace Marine Le Pen et la menace Jean-Luc Mélenchon, une nouvelle vague d’électeurs menace de s’en prendre aux fondements de la République. Et cette fois-ci aucun discours de candidat ne pourra rien y faire.

Des sondages alarmants

Alors que François Hollande s’inquiète de la montée de Jean-Luc Mélenchon. Alors que les éditorialistes se lèvent contre l’éventualité toujours plus forte d’un second tour avec Marine Le Pen. Il y a un phénomène qui ne fait peut-être pas encore assez parler de lui : l’abstention.

Le 23 février, un sondage BVA estime le taux probable d’abstention à 28%. Le 20 mars, le Cevipof sort sa propre enquête. Résultat, 32% des sondés pensent ne pas aller voter le 23 avril. Le 23 mars, à un mois du premier tour, OpinionWay estime que la population la plus touchée sont les jeunes. Les 18-34 ans sont 33% à ne pas vouloir se rendre aux urnes.

On l’aura compris, depuis deux mois, les sondages ne font que ça. Evaluer la proportion de Français prêts à aller voter le 23 mars prochain. Cependant, si tous évoquent des chiffres alarmants, la situation ne semble pas inquiéter les médias et les éditorialistes plus que ça.

En effet, comme l’explique Jérôme Fourquet dans une interview pour Atlantico, l’abstention est un phénomène qui se résorbe avec le temps. Selon lui, en début de campagne présidentielle, les candidats ne présentent pas forcément leurs programmes de façon détaillée. De sorte que les électeurs ne font leur choix que tard dans la campagne.

Cependant, nous sommes aujourd’hui à moins d’une semaine du scrutin, et les chiffres de l’abstention ne dégonflent pas. Au point que certains redoutent un taux d’abstention record au premier tour de la présidentielle. Pour rappel, le plus haut taux d’abstention pour une élection présidentielle était en 1969 à 27%.

A qui profite le crime ?

En 2002, on se situait à peine en deçà à 24% d’abstention. Ce qui force les observateurs à se poser la question : cet abstention sera-t-elle une nouvelle fois le marchepied du Front National ?

En effet, beaucoup pensent que l’abstention fera le jeu du Front National. Forte de ses 22% d’intentions de vote, Marine Le Pen n’a qu’à espérer que parmi les abstentionnistes se trouve une réserve de voix importante pour ses adversaires.

D’ailleurs, Jean-Luc Mélenchon qui est remonté très rapidement dans les sondages peut se targuer d’avoir convaincu des électeurs abstentionnistes. Sa personnalité, proche du peuple et son goût pour la mise en scène ont fait de lui le meilleur candidat pour certains électeurs.

D’autant que lui, comme Marine Le Pen, tente de surfer sur une vague de dégoût et de défiance vis-à-vis de la politique. Comme l’explique Martin Fourcault, du Cevipof, sur RTL :

« Je pense que le point essentiel c’est ce niveau de défiance vis-à-vis de la politique, une sorte de fatigue ou de malaise. »

Le désintérêt des Français a plusieurs visages

Jérôme Fourquet va même plus loin. Il affirme que le désintérêt des Français pour cette campagne tient aussi dans l’organisation des primaires. Selon le sondeur, les Français seraient déçus de ne pas voir les têtes d’affiches qu’ils auraient souhaité. Benoît Hamon représentant la gauche malgré la popularité d’Arnaud Montebourg et la médiatisation de Manuel Valls. Et François Fillon gagnant une très large majorité contre le père du parti Nicolas Sarkozy et le chouchou des sondages Alain Juppé.

« Les primaires et nominations ont créé des « déçus » qui ne se reconnaissent pas dans le candidat représentant leur famille politique. »

Selon le tout dernier sondage traitant de l’abstention, publié par iFop Fiducial le 28 mars, 38% des Français pourraient ne pas aller voter. Le sondage va même plus loin en dressant le portrait type de l’abstentionniste. Une femme, de moins de 35 ans, employée ou ouvrière vivant plutôt en région parisienne.

A noter que si cette année, l’abstention bat de nouveaux records, la présidentielle reste l’élection préférée des Français. Elle obtient même les meilleurs taux de participation loin devant les plus de 50% d’abstention enregistrés aux dernières départementales et régionales.