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Présidentielle 2017: que pensent les jeunes de ce second tour ?

Présidentielle 2017: que pensent les jeunes de ce second tour ?
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A quelques jours de la présidentielle 2017, MCE a discuté avec des jeunes pour connaître leur opinion sur le déroulement de cette campagne.

Moins de 35 ans et électeurs de Jean-Luc Mélenchon, ce sont les cibles sur lesquelles les deux finalistes de la présidentielle 2017 devraient se concentrer. Avec quel oeil regardent-ils ce second tour ?

Que pensent les jeunes de ce duel Macron / Le Pen ?

MCE a discuté avec des jeunes qui ont voté plutôt Mélenchon au premier tour de la présidentielle 2017. Face au choix qui leur est imposé au second tour, la plupart d’entre eux ont tout simplement choisir de s’abstenir.

(Seules leurs initiales seront données)

La discussion commence lorsque M.R. envoie un article de presse à ses amis. Il s’agit d’un article sur Konbini intitulé : « Et s’il était possible de contrer le FN sans soutenir Macron ?« . L’article propose en outre de ne pas aller voter avant 17h.

Ainsi, dans les chiffres officiels, l’abstention aura été très élevée jusqu’à cette heure-ci. Preuve que les Français en ont ras-le-bol. Et puis finalement, tout le monde ira voter pour Emmanuel Macron et la présidentielle 2017 sera sauvée.

M.C. est sceptique sur cette proposition.

« Ca ne fonctionnera jamais. On ne sera jamais assez à lire la pétition et à l’exécuter. »

De toute façon, elle sait déjà qu’elle ira voter Macron dimanche prochain.

« Ca m’arrache le coeur. Je voulais voter blanc mais j’ai vraiment l’impression que le vote blanc c’est par fierté. »

Voter blanc ou voter Macron, c’est le grand dilemme

Pour H.F. hors de question pour autant d’aller voter pour Emmanuel Macron. Il est en profond désaccord avec le programme du candidat d’En Marche!

« C’est pas parce qu’on vote pas Macron qu’on dit pas que le FN c’est horrible, » soutient-il.

M.R. est du même avis. Pas question de voter pour Emmanuel Macron. Ne serait-ce que pour faire barrage à Marine Le Pen.

« Il faut se dire que la démocratie c’est voter par conviction pas par stratégie parce que ça fausse tout. »

Elle a même une métaphore toute trouvée pour parler de ce second tour.

« C’est un peu comme choisir entre le cancer en phase terminale et le sida. »

Soutenue toujours par H.F qui renchérit avec force de points d’exclamation.

« Voter blanc, c’est ouvrir un débat inédit sur cette société qui a fait son temps. »

Mais comme le relève N.B. le véritable problème de cette présidentielle 2017, c’est diabolisation autour de la figure de Marine Le Pen. Selon lui, les politiques se sont acharnés contre elle.

Et si le débat se trouvait ailleurs ?

« C’est rigolo parce que toutes les idées du FN ont été popularisées par les mêmes qui nous forcent à faire barrage. »

Il ne soutient pas pour autant sa candidature. Mais ce second tour le laisse perplexe. N.B. est autant révulsé à l’idée d’avoir Marine Le Pen à l’Elysée qu’Emmanuel Macron. Mais S.P. estime qu’avoir Marine Le Pen au pouvoir pourrait s’avérer beaucoup plus dangereux. Notamment en terme de libertés.

« Quand tu vois ce que les élus FN font dans leurs communes tu te dis que c’est pas les plus ouverts aux mouvements contestataires. »

Les programmes ré-épluchés

Pendant ce temps, M.C. est allée sur internet consulter le programme de Marine Le Pen. Elle y découvre encore des choses qui l’ahurissent.

« C’est costaud quand même : pas de cmu pour les étrangers, 10% de taxe quand tu emploies un étranger… Le panneau “Dehors” est quand même clairement indiqué.

Recentrer la police et la gendarmerie sur leurs missions de sécurité publique en les libérant des tâches indues et administratives… TACHES INDUES, ça veut dire qu’ils sont trop compétents pour remplir leurs feuilles administratives et faire la circulation.

Supprimer la double nationalité extra européenne. Elle est folle : tu peux pas être franco brésilien sous Marine Le Pen. »

A chacun de ces points, un de ses camarades lui répond. S.P. notamment s’amuse d’imaginer ce que ça donnerait si la directive sur les travailleurs détachés était vraiment retirée. Quant à N.B. il réplique immédiatement sur le sujet de la double nationalité.

« C’est pas rétro-actif ça. J’aurais pas à choisir entre mes deux nationalités, et heureusement. »

Au final, après plusieurs heures de discussion, ces jeunes de moins de 30 ans sont toujours convaincus par le vote blanc. Incapables de se prononcer sur l’issu de ce scrutin, ils s’attendent encore à quelques surprises.