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Nicolas Sarkozy: une mise en examen qui change totalement les prévisions pour la présidentielle 2017

Nicolas Sarkozy: une mise en examen qui change totalement les prévisions pour la présidentielle 2017

La mise en examen de Nicolas Sarkozy dans l'affaire Bygmalion est un coup de tonnerre en pleine annonce des candidatures à la primaire républicaine. Si l'ex-président vient à ne pas se présenter et même à perdre, l'échiquier politique risque de trembler.

L’annonce est tombée hier soir… Après onze heures d’entretien avec les juges chargés de l’affaire des faux comptes de campagne facturés par Bygmalion, Nicolas Sarkozy a été mis en examen. Les déclarations des personnalités de son propre parti ne se sont pas faites attendre. Alain Juppé, pressenti comme son principal concurrent pour la primaire de droite a déclaré sur Twitter « comme tout citoyen, Nicolas Sarkozy a droit à la présomption d’innocence. Nous devons naturellement respecter ce droit », ajoutant dans un autre tweet que « je souhaite pour nous tous que Nicolas Sarkozy fasse prévaloir son bon droit. Amitiés dans les moments difficiles ». Henri Guaino, s’est retrouvé sur le plateau de BFMTV et a annoncé qu’ « à notre époque, l’opinion a tendance à pratiquer le lynchage ». L’avocat de Nicolas Sarkozy, Thierry Herzog a lui annoncé sur Europe 1 qu’ « avoir été condamné n’empêche pas d’être candidat à la primaire ».

Une campagne pour les primaires entre parenthèses

« Il faut dire que la période n’est pas vraiment propice pour Nicolas Sarkozy », explique Eddy Fougier, politologue à l’Institut de Relations International et Stratégique (IRIS). En effet, Nicolas Sarkozy ayant déjà subi un revers lors des Régionales de décembre 2015, sa politique à la tête de son parti Les Républicains est remise en cause par plusieurs leader. « Cette mise en examen n’arrive pas au bon moment pour lui. On pourrait être amené à penser que c’est le début de la fin », explique à MCE Eddy Fougier qui ajoute que « déjà les sondages montrent une critique féroce de sa politique en tant que président de parti ». Malgré tout, le personnage de Nicolas Sarkozy conserve cette idée de combativité et cette image de battant. Reste à savoir sa position quand à une probable candidature à la primaire de droite.

Un choix de stratégie politique ou d’égo ?

La primaire républicaine prend donc une autre tournure. Si la mise en examen de Nicolas Sarkozy ne l’empêche pas juridiquement parlant de se présenter, cela pourrait représenter un risque pour la campagne du parti en vu de la présidentielle 2017. Pourquoi ? Car en cas de condamnation de l’ex-président après une possible victoire aux primaires, celui-ci pourrait être interdit d’élections. Il risquerait même un an de prison, obligeant donc les membres de son bord politique à prendre une solution de dernière minute. De plus, de nombreux doutes se poseraient autour du financement de sa campagne. Reste donc à savoir si un potentiel retrait ne servirait pas les intérêts politiques de son parti, mettant ainsi Alain Juppé en position de force pour sa nomination à l’issue des primaires, ainsi que pour l’accession à la présidence. « Cela reste de la politique-fiction », relativise Eddy Fougier, qui déclare à Ma Chaîne Etudiante « qu’il faut tout de même comprendre que le vainqueur de cette primaire sera probablement le prochain président de la République ».

Une influence sur la présidentielle 2017 ?

Jouant un rôle sur les élections primaires des Républicains qui seront « l’événement politique de l’année », selon le politologue, la mise en examen de Nicolas Sarkozy a un impact majeur sur la présidentielle de 2017. Eddy Fougier explique à MCE que « Marine Le Pen, François Hollande et Nicolas Sarkozy sont trois personnalités politiques qui ont besoin des autres pour réussir ». Pour François Hollande, la seule issue possible à sa réélection serait une victoire de Nicolas Sarkozy à la primaire, ce qui le mettrait en position de force lors du premier tour. Nicolas Sarkozy, lui, est pour le moment le seul président de la Vème République avec Giscard D’Estaing, à ne pas avoir été réélu pour un second mandat, un échec qui froisse son égo. Marine Le Pen, quant à elle, tient à la présence des deux autres candidats lors des présidentielles afin de les battre. Une victoire qui serait symbolique, « intronisant la défaite du « LRPS » face au FN ». Malgré tout en cas de nomination d’Alain Juppé, aucun de ces trois candidats ne seraient positionnés en tant que favori. « Mais il y a toujours des surprises et rien n’est écrit », explique Eddy Fougier, qui rappelle qu’ « en 2002, qui aurait pu prédire un tel dénouement ? » (ndrl, Jacques Chirac Jean-Marie Le Pen).