fbpx
Actualités
Partager sur

Attentats de Paris: le premier policier arrivé au Bataclan raconte

Attentats de Paris: le premier policier arrivé au Bataclan raconte
Partager
Partager sur Facebook

Le commissaire de la BAC était le premier arrivant au Bataclan le soir des attentats. Il a raconté cette intervention dans le Tribune du commissaire.

Lorsqu’il est prévenu qu’une prise d’otages à lieu en plain Paris, le commissaire de la brigade anticriminalité (BAC) et son chauffeur sont équipiers ont un « simple gilet-pare balles » et leur « arme de service ». Le policier, premier arrivé au Bataclan le soir du 13 novembre, a publié le récit de son intervention dans la Tribune du commissaire. Il raconte notamment comment il a abattu l’un des terroristes et secouru plusieurs victimes.

« Intervenir était une évidence »

« De l’extérieur, on entendait des rafales d’arme automatique. Puis les portes battantes de la salle se sont ouvertes d’un coup et une foule s’est mise à courir vers nous en hurlant. Des tirs retentissaient toujours. Avant que les portes ne se referment, j’ai aperçu très distinctement un individu qui tenait une kalachnikov à la main », témoigne-t-il. Le commissaire confie que pour lui et son coéquipier, intervenir était une évidence. Son récit détaille son entrée dans la salle qu’il décrit comme une véritable scène d’horreur. Des « corps entassés » au sol parfois sur « un mètre de hauteur », « le sang partout », un « vrai massacre ». Les termes utilisés par l’homme dans sa tribune glace le sang et lui-même dévoile son ressenti en entrant dans la salle, « nous sommes restés calmes, mais désemparés, nous ne savions pas trop quoi faire. »

« Nous n’avons pas hésité une seconde » à entrer dans le Bataclan

Le moment fort de la tribune du commissaire est celui où il raconte sa rencontre avec le premier terroriste dans le Bataclan. « Il était là comme si de rien n’était, très calme. Il marchait à reculons en tenant en joue, avec sa Kalachnikov, un jeune homme brun qui avançait vers lui les mains sur la tête (…) J’ai dit à mon équipier « Kalach devant » (…) Nous n’avons pas hésité une seconde. ». Les deux coéquipiers tirent alors sur l’homme armé « jusqu’à ce qu’il tombe ». Il ne rate pas la cible et c’est à ce moment que la première explosion intervient. La ceinture du terroriste a été activée. « J’ai longtemps craint que le jeune otage ait été emporté, mais j’ai appris (…) qu’il avait pu profiter de notre intervention pour prendre la fuite et se mettre à l’abri ».

« On n’attend pas la BRI, on y retourne ! »

« Nous avons eu beaucoup de chance ». Après avoir avoir abattu le premier kamikaze, les deux coéquipiers sont la cible des tirs des autres terroristes. « Nous nous sommes abrités du mieux que nous pouvions. Je n’ai pas eu peur mais je me suis dit: « Je vais mourir aujourd’hui ! » » Rejoints par d’autres agents de la BAC, ils évacuent plusieurs victimes. Un des nouveaux policiers sur les lieux conseille d’attendre la BRI. « J’ai pensé: « On ne peut pas laisser ces pauvres gens se faire massacrer à l’intérieur et rester comme ça dehors sans rien faire ! » J’ai répondu: « On n’attend pas la BRI, on y retourne ! » »

Avant de re-rentrer dans le Bataclan et d’être rejoint par la BRI, le commissaire appelle sa « femme quelques secondes pour lui dire adieu ». Il conclue son récit en réfutant l’image de héros qu’on lui donne et pense d’abord aux survivants. « Nous ne sommes pas des héros. Les vrais héros ce sont ces gens qui ont dû faire semblant d’être morts parmi les morts pour rester vivants. »