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Arnaque au logement : les vendeurs de listes de Casa-Immo face à 99 plaignants étudiants

Arnaque au logement : les vendeurs de listes de Casa-Immo face à 99 plaignants étudiants

Le marché foncier est un business juteux pour les agences immobilières qui donnent dans le logement étudiant : surtout quand on vend à la pelle des listes d'appartements bidons pour des sommes délirantes

L’affaire est suffisamment massive pour que la presse s’y soit intéressée : Casa-Immo, un site de location d’appartements aux frais d’agence étonnamment bas, aurait vendu pendant des années des listes caduques ou mensongères de biens franciliens aux loyers sensés être préférentiels à des étudiants et précaires.

Après deux enquêtes conduites en 2012 par l’UFC Que-Choisir, qui passent au crible treize enseignes présentes sur ce créneau, des étudiants rassemblés en association se constituent partie civile pour un dépôt de plainte à l’encontre de cette société. Résultat : l’ouverture d’une procédure judiciaire de 4 ans, 12 000 clients lésés et quasi 100 plaignants lors du procès qui s’est ouvert hier au Tribunal Correctionnel de Paris !

Des versements comptant de 250 à 290 euros…pour rien

Le marché de l’immobilier étudiant s’est ouvert en France dans les années soixante-dix. Entre-temps, la demande a cru sans discontinuer tandis que la valeur des loyers s’est envolée. Mais avant que ne se présente la difficulté d’assumer une location, encore faut-il pouvoir y être éligible. Et pour cela les obstacles s’accumulent : chèque de caution, course aux candidatures, type de régime salarial et autres faire-valoir… Cela paraît donc plus simple de passer par une agence spécialisée qui, en l’échange d’une somme forfaitaire, vous garantit une liste exclusive de logements accessibles à des prix dérisoires.

Nombreux sont ceux à être tombés dans le panneau tendu par Casa-Immo, qui au début des années 2010, a facturé des coordonnées ne débouchant sur rien à ces proies faciles. Doctorant, mère célibataire et autre étudiants en plein cycle sont les profils de ceux qui ont versé jusqu’à 290€ pour un listing de studios déjà loués, de fausses informations relatives à la surface, au loyer ou à la salubrité générale du logement, des interlocuteurs absolument pas au courant, le tout impliquant des frais de déplacement et des heures d’appels pour du beurre…

Un procès exemplaire

Pour l’avocate de la défense, les faits remontent à 2008, invalidant la procédure qui prend en compte une période postérieure. Un peu léger, alors Maître Thieffine reprend de plus belle, dénonçant une enquête à charge et des déclarations très contradictoires d’une version à l’autre. Elle ajoute encore : On ne prétend pas que les prestations étaient toujours parfaites , argumentant qu’ avoir des loupés ne veut pas dire être un escroc . Il n’empêche : il s’agit moins du procès de cette agence immobilière qu’une réprimande exemplaire à l’égard de pratiques foncières équivalentes, tout aussi honteuses.

Corine Senant, responsable de la société ainsi que ses associés, comparaissaient face aux magistrats parisiens hier et aujourd’hui, encourant une peine de prison ferme ainsi que plusieurs centaines de milliers d’euros de dommages et intérêts. Pour éviter une désertion totale des internautes, les propriétaires de Casa-Immo – qui possèdent en outre plusieurs numéros de SIRET – ont tout récemment changé leur fusil d’épaule en se rebaptisant « Eden Immobilier ». Prudence, donc, si vous cherchez ce genre de biens immobiliers en ligne.

Sources : businessimmo , franceinter , franceinfo , etudiant.lefigaro , payetonprecaire.wordpress