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Assistance sexuelle : prostitution ou service médical ?

Assistance sexuelle : prostitution ou service médical ?

Le président de l’Essonne Jérôme Guedj s’attaque à un sujet ultra controversé. Il souhaite lancer un service public dédié à l’assistance sexuelle en France. Des personnes lourdement handicapées qui ne peuvent satisfaire leur désir sexuel. Les féministes dénoncent une nouvelle forme de prostitution

Les personnes atteintes de lourds handicaps ont bien souvent du mal à satisfaire leurs besoins sexuels. Même la masturbation est un plaisir souvent impossible à se procurer soi-même. Et pourtant, ils sont nombreux à rappeler que leur handicap ne signifie pas qu’ils ont perdu toute libido. Si ce type de service existe déjà dans de nombreux pays voisins comme la Belgique ou la Suisse, il est encore difficile de convaincre les Français. Le conseil national de l’éthique est d’ailleurs défavorable à tout projet visant à créer des formations « d’assistant sexuel ».

La sexualité comme médicament ?

Le sexe est bon pour la santé. Mais aussi pour le moral. Cela dit, former des personnes -assez tolérantes, humbles et ouvertes- pour satisfaire les besoins sexuels des personnes handicapées est-il une solution ? D’abord, si cette assistance promet la jouissance, elle leur fait perdre toute estime d’eux-mêmes. Le rapport à la relation à l’autre, à l’amour et au désir sont faussés. Sans rentrer dans l’idée qu’il s’agirait de prostitution, il faut se rendre à l’évidence : cette assistance rendrait le sexe marchand, légal et concurrentiel. Sexe et handicap sont deux sujets tabous dont les limites sont toujours très délicates à définir. Mais pour Jérôme Guedj, il ne s’agit pas d’instaurer un service public de prostitués. Nous souhaitons réfléchir à un cadre éthique et juridique pour cette mission complémentaire de l’accompagnement des personnes handicapées, a-t-il affirmé.

Aujourd’hui pour les handicapés, demain pour les personnes âgées ?

Loi, éthique, morale, justice… il est des sujets qui n’admettent aucune bonne réponse et pour lesquels personne n’a vraiment tort. Après tout, il est déjà assez difficile de supporter le regard de la société et les difficultés d’intégration pour ces personnes qui n’ont demandé qu’à naître en bonne santé. Doit-on aouter à leur malheur toute interdiction de jouir des plaisirs de la vie et du sexe ? A l’inverse, il n’est pas évident de concevoir la formation d’infirmières -ou autres- à administrer ce genre de service. Délicat de faire du sexe un devoir absolu, accessible à tous et pour tous, sans distinction. La justice n’est pas de ce monde, de là à laisser pour compte ces personnes sous prétexte qu’il s’agirait de proxénétisme, il y a deux poids, deux mesures. Entre tolérance et égalité, la morale n’est jamais loin.

S. C.

Photo DR @Capture d’écran du film « The Sessions », avec John Hawkes et Helen Hunt