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Prostitution : deux visions opposées, Marcela Iacub et Najat Belkacem

Prostitution : deux visions opposées, Marcela Iacub et Najat Belkacem

A l’heure où les mouvements féministes font rage, le débat sur l’abolition -ou non- de la prostitution fait couler beaucoup d’encre. Najat Vallaud-Belkacem, ministre des droits des femmes, et la juriste Marcela Iacub dont le livre « Belle et bête » vient d’être publié, défendent deux idéologies différentes. Deux femmes, pour deux visions aux antipodes

Un débat sans fin ?

Un conflit qui met en jeu la morale et une idéologie épineuse. L’évolution des mœurs et la révolution sexuelle commencées dans les années 70 est en marche et emporte avec elle des nouveaux comportements, comme le refus de laisser libre cours à la prostitution qui pour Najat Belkacem est intolérable. Elle ne cache pas son désir de définitivement abolir ce métier. Pour la ministre des Droits des Femmes, les clients responsables de leurs pulsions sont ici jugés coupables de s’offrir ce genre de service. Une vision qui place la prostituée en position de victime. Une conception qui crée la colère de celles qui revendiquent d’avoir choisi cette voie et d’êtres indépendantes.

Le client, considéré comme un délinquant

Il s’agit alors de rendre le client coupable de son geste et de le considérer comme un délit. Najat Belkacem s’appuie sur les textes internationaux pour rappeler que la prostitution est une atteinte aux droits fondamentaux de l’homme. Elle cite en exemple le modèle suédois qui depuis 1999 punit tous les clients. Le constat est sans appel. Avoir recours à ce genre de service n’est plus catalogué comme « normal » par la société. Derrière cette loi, le gouvernement n’a pas oublié de mettre en place un suivi financier pour aider ces femmes à se réinsérer. Un exemple du genre et un modèle à suivre pour Najat Belkacem. Si l’abolition de la prostitution est une route parsemée d’embûches, elle reste persuadée qu‘il ne peut exister de « prostitution choisie ».

Un point de vue que conteste violemment la juriste et essayiste Marcela Iacub, dernièrement très critiquée après ses propos tenus dans son livre Belle et bête retraçant sa relation avec DSK.

La prostitution « bon marché » donne une mauvaise image

On comprend rapidement que Madame Iacub n’a pas la langue dans la poche, choquer est le cadet de ses préoccupations. D’entrée de jeu, elle compare tout de même DSK a un cochon : l’idéal du cochon, c’est la partouze, dit-elle. Message subliminal pour le moins provocateur. Concernant la prostitution, elle argumente son point de vue en assurant que si le sexe était un bien meilleur marché, comparable à des produits (services) de luxe, nombreuses femmes n’hésiteraient pas à se reconvertir dans le plus vieux métier du monde pour s’enrichir grâce aux arts sexuels. Les femmes gagneraient ainsi plus que les hommes et la domination masculine relèverait du mythe. En fin de compte, il faut selon Marcela Iacub et ceux qui défendent la prostitution (comme le STRASS – syndicat du travail sexuel) changer le regard que la société porte sur ce métier plutôt que de l’accuser d’être immoral. Néanmoins, elle n’oublie pas de rappeler qu’une femme forcée est une esclave, il s’agit donc de poursuivre les « criminels » et non de chercher à abolir l’activité de la prostitution.

Des avis très tranchés donc. La traite des femmes reste un sujet injuste et révoltant. Quoiqu’on en dise, il est délicat de penser que les prostituées sont une majorité à pratiquer le plus vieux métier du monde pour ses salaires exorbitants ou par réelle vocation. D’autant plus qu’en France, elles sont près de 80% à venir d’Europe de l’Est et des Balkans, d’Afrique, de Chine, ou d’Amérique du sud…

S. C.