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Cleveland : qui est Ariel Castro ? Portrait d’un « prédateur sexuel »

Cleveland : qui est Ariel Castro ? Portrait d’un « prédateur sexuel »

Cinq jours après la découverte dans une maison de Cleveland (Ohio) de trois jeunes femmes portées disparues depuis une dizaine d’années, la personnalité d’Ariel Castro demeure énigmatique. Tantôt bourreau, il savait se comporter comme le parfait voisin

Inculpé pour le viol et la séquestration de trois jeunes filles à Cleveland (Ohio), Ariel Castro est poursuivi pour meurtre après avoir interrompu plusieurs grossesses. Le quinquagénaire à la personnalité complexe a réussi à berner ses proches pendant près de dix ans. Il a laissé une note explicite sur son état psychologique sur laquelle est écrit : Je suis un prédateur sexuel. J’ai besoin d’aide. Puis faisant vraisemblablement référence à ses victimes, il ajoute : Elles sont ici contre leur volonté parce qu’elles ont commis l’erreur de monter dans la voiture d’un total étranger.

Les autorités n’ont pas donné plus de précisions concernant ces écrits retrouvés chez le suspect. Je ne peux pas parler de la découverte d’une preuve, il y en a plus de deux cents qui ont été recueillies dans la maison de Seymour Avenue, toutes vont être étudiées, a expliqué le chef adjoint, Ed Tomba.

Le parfait voisin

Décrit par son entourage comme un homme aimable et sympathique, Ariel Castro était le parfait voisin. Il emmenait volontiers les jeunes du quartier faire un tour sur sa moto. Grand mélomane, il jouait de la basse dans des groupes de salsa et n’hésitait pas à participer aux barbecues organisés par le voisinage.

Comme pour ne pas éveiller les soupçons, il avait participé aux événements organisés pour retrouver les jeunes filles disparues à l’image de la distribution de tracts. Il fréquentait même Tito DeJesus, le père d’une de ses victimes, avec lequel il a créé plusieurs groupes de musique.

Un conjoint violent

Né à Porto Rico, Ariel Castro émigre aux Etats-Unis avec sa famille alors qu’il est enfant. Chauffeur de bus jusqu’en octobre dernier, l’homme de 52 ans n’a connu qu’un incident dans sa vie professionnelle en 2004, lorsqu’il oublie un enfant dans le véhicule. Il sera finalement blanchi dans cette affaire.

Dans la sphère privée, il présente un visage bien différent. En 1993, il est interpellé pour violences conjugales. Douze ans plus tard, il est de nouveau arrêté pour des faits similaires. Son épouse l’accuse de lui avoir cassé des cotes, deux fois le nez, des dents et de lui avoir démis les épaules. A l’époque, Grimilda, la mère de trois de ses enfants, réussit à obtenir une injonction d’éloignement de trois mois.

Des faits étranges

Deux détails auraient tout de même pu éveiller les soupçons. Cette petite fille, Jocelyn, qu’il sortait de temps en temps et dont personne ne connaissait la mère. Il disait que c’était la gamine de sa petite amie, confie Israel Lugo, un voisin. Un test de paternité a depuis confirmé qu’Ariel Castro est bien le père de la fillette de six ans et dont la mère n’est autre qu’une des captives. De plus, les volets de sa maison restaient constamment fermés, a ajouté le voisin, et l’ancien chauffeur de bus ne rentrait chez lui que par la porte de derrière.

L’auteur présumé des rapts a reconnu les faits pour lesquels il est inculpé. Devant la police, il aurait admis souffrir d’une addiction au sexe, a rapporté NewsChannel5. Placé en détention, il est sous haute surveillance afin d’éviter tout risque de suicide.

F. G.

Photo CC @AP