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Amina, Femen tunisienne retenue malgré elle

Après avoir divulgué des photos d’elle seins nus sur Facebook pour encourager le mouvement Femen, Amina Tyler est contrainte de rester enfermée dans la maison familiale à Tunis. Mais elle critique aujourd’hui celles qu’elle avait d’abord soutenues : les Femen ont brûlé un drapeau salafiste

Cette fois, elles sont allées trop loin. Dans sa première interview accordée à Canal +, Amina explique que ce geste risque de se retourner contre elle :
Ce n’est pas acceptable de réagir d’une façon aussi radicale […] Tout le monde va penser que je les ai encouragées à faire cela, s’inquiète la jeune fille.

En effet, mercredi dernier, les Femen ont brûlé un drapeau salafiste devant la Grande mosquée de Paris, arborant des slogans tels que Fuck your morals, les mêmes qu’Amina avait tagué sur sa poitrine fin mars.

Découvrez l’interview en intégralité d’Amina sur MCE

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L’Effet Papillon du 06/04/13 – Intégralité de l’interview d’Amina

Recluse dans le cocon familial : une protection ?

Les menaces de mort provenant du milieu extrémiste ont affolé la famille d’Amina. D’abord portée disparue pendant quelques jours par les Femen et la communauté féministe internationale, une journaliste de Marianne a révélé la semaine dernière que la jeune fille avait été amenée de force auprès de sa famille, loin de Tunis. Avec l’impossibilité d’aller en cours, Amina subirait également de lourdes prises de médicaments.

Dans l’émission L’Effet Papillon, diffusée le 6 avril sur Canal +, Amina témoigne : Ils m’ont conduit à la maison. Mon cousin a cassé la puce de mon téléphone. Il m’a frappée. Et après, je suis restée dans ma famille puis on a déménagé dans cette ville, mais aucun mot sur quelconque traitement médicamenteux.

Présent pendant toute l’interview, le père de la jeune rebelle insiste sur la nécessité de tenir sa fille recluse dans la maison familiale, car le danger est trop important à l’extérieur :
On a peur de ce qui s’est passé à la mosquée de Paris. […] Oui, on peut s’exprimer pour les droits de la femme, mais une image qui peut choquer la société, c’est une image qui nous fait aussi mal.

Amina attend toujours de quitter la Tunisie pour un pays plus sûr et espère pouvoir retrouver une vie normale, un jour…

Manon Monmirel

Source : Le Parisien, Photo CC @Fred Dufour/AFP