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Timothée Chalamet: nouveau génie ou acteur totalement surcoté ?

Timothée Chalamet nouveau génie ou acteur totalement surcoté grande

Timothée Chalamet est sur toutes les lèvres depuis « Call Me By Your Name ». Mais la machine ne s’emballerait-elle pas un peu trop vite ?

Un nom bien de chez nous. Une mâchoire carrée. Un minois taillé à la serpe. Et un début de carrière qui laisse présager le meilleur. En une bonne grosse année, Timothée Chalamet a su s’imposer comme l’un des grands espoirs du cinéma.

Capable, à lui seul, de faire déplacer les minettes pour voir des oeuvres plutôt du genre arty. C’est que le jeune homme n’a pas encore signé de grosses franchises. Ou de forts commerciaux films popcorns. Cela suffit-il à l’ériger au rang de d’étoile montante ? Ou la « Chalamet mania » (on vient d’inventer le terme, laissez Google tranquille) ne serait-elle que passagère ? Autrement dit, le franco-américain ne ferait-il pas un peu trop de bruit pour rien ? Comme toujours, votre fidèle serviteur tente un constat juste et objectif (enfin, un peu).

Timothée Chalamet et le phénomène Call Me By Your Name

La première fois que le grand public a vu le beau brun en salles, c’était sans doute devant le sublime Interstellar. Il campait alors le fiston du héros, effacé. Au point que la légende dit que durant la projection du film en avant-première, l’interprète aurait versé une larme. D’émotions ? Oui et non. L’acteur s’attendait surtout à avoir un rôle bien plus important ! Il est vrai que du film signé Christopher Nolan, on retiendra un scénario bluffant. Un Matthew McConaughey au point d’orgue de son talent. Une musique pétrie de tristesse. Mais pas franchement le visage de Timothée Chalamet, tout juste esquissé.

Il faudra attendre le mois de février 2018 (en France, tout du moins) pour que l’artiste se fasse repérer via un doublé. Dans un premier temps grâce à sa prestation dans Lady Bird. Si, cette fois encore, il ne campe qu’un rôle à plutôt second, l’acteur nous tape dans l’œil. Magnétique et différent, il joue Kyle, le bad boy populaire et blasé de tout ou presque. Un perso sûr de lui, reflet inversé d’un certain Elio. Ou le protagoniste de Call Me By Your Name, qui révèle réellement Timothée Chalamet.

Timothée Chalamet, coincé dans le rôle de l’ado comme les autres

Elio est un ado comme les autres, en phase de découverte avec sa sexualité. À la fois craintif et sûr de lui, érudit, son teint diaphane nous scotche à nos sièges. C’est que dans ce film, le vingtenaire (oui, on sait, il fait à peine quatorze ans) ose tout. Rouler une galoche à pleine bouche à son partenaire, Armie Hammer ? Done. Simuler une branlette dans une pêche ? No problemo. Fourrer sa tête dans un slip (prétendu) usagé ? Les doigts dans le nez (enfin, le nez dans le caleçon plutôt) ! Aussi émouvant qu’audacieux, Elio propulse Chalamet dans la cour des grands. Si bien qu’une pluie (méritée) de nominations aux plus grandes compét’ du 7e art suivront. Les professionnels ont parlé…

Plus récemment, on pouvait voir le comédien dans My Beautiful Boy. Où il campait Nick, un ado choyé par son père, mais en prise avec l’alcool et la drogue. Une partition compliquée, tant le thème de l’addiction a été maintes fois traité au cinéma… Mais encore une fois, le franco-américain s’en sort avec justesse. Subtil, jamais too much, on se prend d’affection pour cet ado paumé, sans cesse bourré et/ou drogué, incapable de ne pas mentir à ceux qui l’aiment. Il y a beaucoup d’Elio et de Kyle dans Nick.

Et c’est peut-être la seule réelle critique qu’on peut émettre pour le moment. Dans un sens, l’acteur sait prendre des risques. Et en même temps, reste dans une certaine zone de confort, avec des films plutôt indé où il joue des ados « normaux ». Non pas qu’on aimerait voir ses petites bouclettes dans un film d’horreur ou Avengers mais… après tout, pourquoi pas ?

Timothée Chalamet, un bon client au sens du style

Enfin, si on parle du petit Tim, c’est que son style et sa façon d’être ne sont pas en reste. Qu’on le veuille ou non, aujourd’hui, être acteur, ce n’est pas juste faire des films. Si certains optent pour la discrétion – et c’est leur droit- d’autres jouent à fond les ballons le jeu de la promotion. C’est le cas du jeune homme, excellent client. Qui, sur le plateau de Quotidien en 2018, avait impressionné la galerie en parlant entièrement en français. Avant de l’amuser en révélant que sa sœur considérait Louis Garrel comme son « Zac Efron ». Oups !

Et quand ce n’est pas en blaguant en interviews qu’il attire les spotlights, c’est pour ses tenues olé olé sur les tapis rouges. Considéré comme une icône de mode, de nombreux tableaux Tumblr permettaient déjà de retrouver ses tenues tirées de Call Me By Your Name. Timothée Chalamet persiste et signe son statut d’acteur hype avec des outfits toujours plus osés. Par exemple, lors du Festival du film de Londres en octobre dernier. Plutôt qu’un smoking sombre à la James Bond comme ses confrères, l’éphèbe sort sans complexe un costume bariolé de fleurs signé Alexander McQueen. Pas forcément la tasse de thé de l’auteure de ces lignes, même si elle reconnaît volontiers les cojones de l’acteur !

Dans la même optique, pour la dernière édition des Golden Globes, Chalamet tente carrément un harnais très queer signé Louis Vuitton. Un accessoire aux accents légèrement SM. Qui redonnent, l’air de rien –et sans mauvais jeu de mots- un sacré coup de fouet à notre vieil Hollywood macho et étriqué.

Mélissa Chevreuil