fbpx
Culture
Partager sur

This Is Us: pourquoi il faut adopter la famille Pearson !

Série doudou par excellence, This Is Us est un show mélodramatique à ne rater sous aucun prétexte. On vous explique tout sur MCE !

Ma famille d’abord, 7 à la maison, Le prince de Bel Air… Nombreuses furent les familles fictives qui nous donnent la folle envie d’être adopté parmi eux. À nous faire tantôt rire ou pleurer. Même si l’aspect comédie le remportait généralement sur le reste. C’est peut-être là toute la force et la singularité de This Is Us. Verser davantage dans le mélodramatique, jamais (ou presque) too much. Quitte à relancer l’industrie du Kleenex puissance mille. Autopsie d’une série d’une grande justesse qui émoustillera même les cœurs de pierre parmi nous.

Il y a d’abord ce jeu de symétrie. De temporalité. Dès le premier épisode, on fait la connaissance de Jack et Rebecca. Un charmant couple qui attend la naissance de triplés. L’un d’eux ne résiste pas. Mais Jack est un adepte de l’adage « Quand la vie vous donne des citrons, faites de la citronnade ». Plutôt que jouer les pères esseulés, il remarque à la maternité la présence d’un enfant afro-américain fraîchement abandonné. Sans hésiter, il décide de l’adopter.

Ces « big three », composé de Kévin, Kate et Randall, forment la sève et le sel du programme. Chacun très différent, et complémentaire aux autres, nous guide à travers les différentes étapes de sa vie. L’enfance et l’adolescence, où Jack, encore et toujours lui, veille au grain. Avant d’arriver au présent, où les –presque- triplés, trentenaires, doivent apprendre à vivre sans l’ombre de la figure paternelle. Ce n’est pas un spoil, tant l’information est donnée dès le premier épisode. Jack n’est plus. Ce n’est que lors des saisons 2 et 3 qu’on apprendra plus précisément les causes de sa disparition, tragique…

Alors, certes, on a beau savoir dès le début que le paternel à la moustache (puis au bouc) décède. Mais ne soyez pas surpris en lâchant une larme quand la mort tant attendue arrive sur vos écrans. On vous l’avez dit : This Is Us tape toujours très fort. Et même lorsqu’on est parfaitement au courant d’un événement désolant, on ne peut s’empêcher de se laisser aller. Et pleurer comme une petite madeleine pleine de beurre.

Autre exemple, même intensité. La mort de William, père biologique de Randall. Quand le personnage nous est présenté, on le sait condamné d’un cancer en phase terminale. Et si on a beau être au courant, comme les personnages, on n’est jamais vraiment prêt à la mort d’un proche. D’autant plus que Will étant un dandy très attachant et criant de modernité… L’auteure de ces lignes ne s’en cache pas. Au moment du dernier soupir du jazzman, elle a laissé les larmes couler. À côté de ça, la mort de Denis dans Grey’s Anatomy nous paraît bien fade…

This Is Us : des personnages fragiles et attachants

Mais plus encore que le côté « larmoyant » (qui peut d’ailleurs en exaspérer certains), chaque personnage confère un sentiment de réconfort. Car This Is Us n’est pas une série manichéenne. Et si la famille Pearson fait rêver, elle n’a rien de parfaite, loin s’en faut. Kate, obèse et chanteuse ratée, est particulièrement touchante dans sa quête de maternité. Plus si fertile, une grossesse pourrait bien lui coûter la vie en raison de son surpoids. C’est sa relation avec Toby, grand romantique lui rappelant son père, qui lui donnera la force de tout tenter pour être mère. Pourtant, elle énerve aussi, quand elle se montre pimbêche et jalouse de sa propre mère Rebecca.

Kévin, acteur star de sitcom et caution beau gosse de This Is Us, n’est pas un ange non plus. Accro aux médocs et à l’alcool, il ne cesse de replonger, avec quelques rédemptions ici et là qui ne durent jamais bien longtemps. Enfant pourri gâté habitué à avoir tout ce qu’il veut grâce à sa belle gueule, il est presque jouissif de le voir enfin se battre pour arriver à quelque chose.

Enfin, il y a la petite tribu de Randall. Sur papier, Beth et ses filles envoient du rêver. Donnant un grand coup de vieux à la famille Obama. Clan féministe et racisé, carriériste et généreux, il est même l’antre d’enfants de la DASS comme la meurtrie Deja. Seulement voilà, derrière ce verni parfait, se cache bien des problèmes. Deja, surdouée, est une tête brulée et un nid à problème. Tess, leur aînée, est en pleine période de doute quant à son orientation sexuelle. Enfin, Beth ne supporte plus de laisser toute la place à la carrière de son époux Randall. Un perfectionniste légèrement control-freak sujet aux crises d’angoisses…

Des problèmes plutôt classiques car communs à chaque famille, qui font écho forcément à nos propres drames familiaux. Et qui expliquent pourquoi on s’entend si bien avec cette famille douce et tendre. Mais ô combien dysfonctionnelle.

En France, la série This Is Us est à voir sur 6ter et Canal + Séries.

Mélissa Chevreuil