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The Walking Dead: la saison 9, celle de la rédemption ?

The Walking Dead la saison 9, celle de la rédemption grande
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Après une saison 8 plus que moyenne, The Walking Dead est-elle sur la bonne voie pour reconquérir ses admirateurs ? MCE vous donne ses premières impressions

Totalement blasée. Qu’on se le dise, depuis le début de la saison 7, l’auteure de ces lignes a bien du mal à subir The Walking Dead. « Subir », le terme est juste, et même le plus adéquat. Et, au regard des chutes d’audiences toujours plus marquantes, elle n’est pas la seule. Il faut dire que la fiction zombiesque s’est perdue depuis déjà bien longtemps. Exit, les plans d’une renversante beauté conférant aux classiques du cinéma d’horreur. Les personnages complexes (Shane, petit ange parti trop tôt), les rôdeurs qui faisaient vraiment peur – le B.A-BA !

L’ex-programme phare estampillé AMC n’est plus que l’ombre de lui même, d’un ennui abyssal. Se contentant de faire errer ses personnages à grands coups de débats sans intérêt et de duels paresseux. Or, cette saison 9 devait changer les choses. Nouveaux showrunners, un générique flambant neuf, le départ annoncé de sa star Andrew Lincoln… Le changement, c’est vraiment maintenant ? Vaut mieux peut-être ne pas parler trop vite.

The Walking Dead ou Les Feux de l’amour ?

Bien sûr, à l’heure de l’écriture de ces mots, seulement trois épisodes sont sortis de leur taverne. C’est bien peu, et en même temps assez pour se faire une idée de la teneur de cette nouvelle mouture. D’emblée, avec le nouveau générique déjà évoqué, on remarque une tentative de renouvellement. Il faut le reconnaître, celui-ci fait son petit effet, et s’avère même assez somptueux. Hélas, cette innovation sera peu ou prou la seule au tableau. Dès l’épisode inaugural, The Walking Dead reprend ses vieilles mauvaises habitudes. Dialogues qui n’en finissent plus, zombies là pour jouer les belles plantes pourries… Et, pis encore, des intrigues soapesques à en faire trembler Les Feux de l’amour.

Déjà, nous avions bien du mal à nous faire au couple Rick/Michonne. Nous n’avons rien contre eux individuellement – loin s’en faut, ne sont-ils pas les plus badass du show ? Seulement voilà, vraiment navrée, mais leur association ne colle pas. Les acteurs n’ont aucune alchimie, et entendre que leur double fictionnel souhaite faire un rejeton nous fait craindre le pire. Mais ce n’est rien en comparaison avec le couple Carol/Ezekiel. Qui vous fera peut-être rire jaune au début, puis pleurer quelques minutes plus tard. Tous ces éléments sentimentaux n’ont l’air d’être là que pour remplir une certaine partie du cahier des charges. Ce qui les rend instantanément totalement indigents !

The Walking Dead, entre éléments soapesques et prometteurs

Bien sûr, nous ne sommes jamais contre un peur d’amour dans ce monde de brutes bouffeuses de chair. Mais si vraiment couples il doit y avoir, pourquoi avoir pris tant de liberté ? Dans les comics, Rick est avec Andrea (morte dans la série). Et Michonne avec Ezekiel (Carol n’est plus dans la bande dessinée). Quand on connaît un minimum les personnalités des différents protagonistes, tout de suite, cela fait sens. Et infiniment moins soapesque. Même si nous n’avons visiblement rien vu, puisque Jadis et le pieu Gabriel se sont rapprochés d’une manière encore plus grotesque…

Toutefois, certains éléments, déjà présents dans la saison 8, s’avèrent un peu plus prometteurs. Les fans l’avaient remarqué : le groupe de Rick est de moins en moins soudé. Il faut dire que le shérif a un mantra bien singulier. « Une vie est une vie. » Aussi, même celle d’un sociopathe capable d’un génocide (coucou Negan) doit être sauvée. Une façon de voir les choses que certains n’acceptent pas ou plus. C’est notamment le cas du biker Daryl et de la veuve Maggie. Tous ont beaucoup perdu à cause des sauveurs. Une communauté majoritairement composée de tueurs sanguinaires, qu’ils doivent –ironie du sort- aujourd’hui protéger et nourrir. Pour eux, Rick vit dans une utopie. Sans doute encore traumatisé par la mort de son fils Carl, qui rêvait justement d’un monde où chaque communauté aiderait les autres, paisiblement. Mais rien n’est jamais simple.

The Walking Dead, une bataille d’idéaux

En effet, si nombre de sauveurs se sont désolidarisés de Negan, beaucoup restent ce qu’ils sont. Des êtres guidés par la violence et leur instinct de survie. Autrement dit, des bombes à retardement. Si Daryl et Maggie se montrent juste un chouia réticents au début, on comprend vite que se liguer contre le shérif s’imposera. Pour eux, les gens ne changent pas. Et tout se paie un jour, tôt ou tard. Il est intéressant de confronter ainsi deux notions aussi différentes de la justice. Une bataille d’idéaux qui, si elle est correctement écrite, pourrait bien sauver le show.

Sauf si les scénaristes succombent encore une fois à la facilité. Et se contente d’une guéguerre par les armes. Pitié, tout mais pas cela ! On imagine déjà Rick tué par Daryl, qui s’en voudra à l’instant même où son ex-frère d’arme rendra aussi son dernier souffle dans ses bras tâchés de sang. Si l’image se veut hautement symbolique, elle ne manquerait pas de nous fatiguer au plus haut point. Si bien que cette fois-ci, nous lâcherions l’affaire zombiesque… pour de bon. Réponse dans les prochains épisodes, donc.

Mélissa Chevreuil