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Sex Education: pourquoi il nous fallait absolument une saison 2 !

Sex Education pourquoi il nous fallait absolument une saison 2 grande
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Sex Education estampillée Netflix a été renouvelée pour une deuxième fournée d’épisodes qui s’avèrent hautement indispensables pour notre éducation sexuelle

Let’s talk about sex ! Qu’on se le dise, dans l’univers sériel, nombre de fictions se sont essayées au cours d’éducation sexuel. Variant les tons et les formats, tentant parfois l’humour gras (Peepoodo sur Blackpills) ou l’aspect drama/historique (feue Master of Sex). Mais trop rares demeuraient les récits donnant la part belle aux ados en pleine initiation. Bien sûr, on avait eu le droit aux orgies peu crédibles de Skin ou aux chassés-croisés soapesques de Gossip Girl.

Mais il nous manquait encore des ados, des vrais de vrais, aussi curieux que drôles, crédibles que drôles. Le coche est désormais rectifié avec l’audacieuse et culottée Sex Education débarquée sur Netflix. Et qui vient d’être renouvelée pour une saison 2. Nouvelle vague d’épisodes qui s’annonçaient d’ailleurs indispensable et on vous explique pourquoi !

Sex Education, un scénario audacieux

Mais avant toute chose, petite piqûre de rappel ô combien nécessaire pour tous ceux qui n’auraient pas encore goûté à cette petite et sensuelle gourmandise. Otis est un ado en retard comparé à ses petits camarades du lycée. Le jeune homme, mal à l’aise avec son corps et sa sexualité, peine à se donner lui-même du plaisir. Ironie du sort : sa mère, sexologue, lui a inculqué bien malgré elle de nombreuses leçons. Si bien que le puceau trouve toujours le mot juste pour conseiller ses comparses en difficulté. La jolie et rebelle Maeve sent vite le juteux filon et lui propose d’être le thérapeute sexuel officiel du bahut… Un pitch détonnant qui ne laisse pas indifférent.

Si une kyrielle de programmes mettent en scène des ados à la vie secrète, ils sont en général dealers (coucou Breaking Bad). Ou super-héros. Pas sexologue au black ! Un synopsis forcément séduisant car propice aux situations bizarres. Dès le chapitre inaugural, on se demande bien comment Otis va pouvoir aider ses amis… lui qui peine à contenir une érection quand une jolie fille lui caresse les sourcils (eh oui) !

Sex Education: de jolies leçons de vie

Et pourtant, au-delà de ces gags ubuesques évidents (mais toujours efficaces), les jolies leçons sont légion. La série ne se refuse aucun tabou, et attaque tous les sujets les plus délicats. Aussi, pas de sexisme : les femmes et les hommes sont traités sur le même pied d’égalité. Et à la manière d’un Sex and The City plus modernisé, on ne cache pas l’attrait pour le cul de la gent féminine. Bah oui messieurs, on peut avoir un vagin et un sacré appétit pour la chose sans être la pire des coquines ! À ce propos, mention spéciale à Jean campé avec maestria par la sexy Gillian Anderson. Ou l’anti-héroïne trash, quinquagénaire en phase avec sa libido incapable de se caser.

Sex Education, ou la démocratisation de la masturbation

Dans la même optique, la masturbation est démocratisée. Sans rien vous spoiler, à un moment donné, l’une des camarades d’Otis lui dit qu’elle a toujours simulé au lit. Et pour cause : elle ne connaît pas son corps, puisqu’ayant toujours un boyfriend sous la main, elle n’a jamais éprouvé le besoin de se caresser ! Lorsqu’elle le fait, c’est une révélation. Une façon de rappeler aux plus jeunes spectateurs que non, il n’y a pas de mal à se faire du bien. (Ne levez pas les sourcils, même en 2019, nombre de pudibonds trouvent la pratique encore « sale »). Et que la masturbation reste le premier et meilleur moyen de connaître son corps et ses envies.

L’homosexualité traitée avec une intelligence rare

Même constat avec l’homosexualité, traitée avec une intelligence rare. On exprimait pourtant quelques réserves en début de partie avec Eric, caricature du gay du lycée sur pattes. Avant que la fiction ne développe son personnage, touchant et étriqué dans une famille nombreuse et religieuse point trop n’en faut. Au gré des épisodes, sa relation avec Adam, brute locale, devient aussi de plus en plus excitante – il faut dire que la tension érotique a toujours été palpable ! Côté lesbien aussi, Sex Education assure. Et propose ainsi tout un épisode dédié aux problèmes sexuels d’un couple saphique qui peine à atteindre l’orgasme. Eh non amis hétéros, blancs et cisgenres : les ciseaux, ça ne fait pas tout !

Sex Education : une fin de saison qui laisse sur notre faim

Rien que pour toutes ces petites et modestes innovations, la série méritait une nouvelle tournée d’épisodes. Même si, on a gardé le meilleur pour la fin, c’est à dire le scénario. C’est que le dernier épisode nous laisse drôlement sur notre faim pardi. Encore une fois, nous de dévoilerons aucun élément bien important pour ceux qui débutent à peine le programme. Sachez juste qu’Otis découvre (enfin !) une certaine partie de son anatomie. Certains couples se feront, quand d’autres se briseront. Pendant que d’autres ouvriront enfin leurs petits yeux sur leurs véritables sentiments. À se demander si le second round ne devrait pas plutôt s’appeler « Love Education »… Netflix, on pose ça là !

Mélissa Chevreuil