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Marvel VS DC au cinéma, une vilaine guéguerre qui tourne (un peu) en rond

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Marvel et DC Comics s’écharpent au cinéma depuis déjà quelques années… une dispute qui pourrait nous lasser très rapidement !

C’est le duel cinématographique qui dure depuis des plombes. D’un côté, le grand favori, Disney/Marvel et son irrésistible Marvel Cinematic Universe (MCU pour les petits intimes). De l’autre, le challenger historique, DC/Warner et son DC Extended Universe (DCEU). Marvel ne compte plus les films qui ont dépassé le milliard de dollars au box-office. En revanche, pour DC, l’entreprise est plus complexe. Souffrant d’un retard réel en plus d’une manque évident de personnalité, la distinguée concurrence peine encore à se démarquer et jouer davantage que les outsiders. En 2019, la guéguerre reprend de plus belle… Et ressemble, sans étonnement, aux batailles des années précédentes. Pour le plus grand bonheur des fans. Mais au grand dam des cinéphiles pas forcément accros aux comics.

Marvel, une longueur d’avance

Même si les années se suivent et ressemblent, il faut avouer que l’année 2018 a été plus équilibrée dans la guerre opposant les deux écuries. Marvel a mis le paquet, avec pas moins de deux succès notables, Black Panther et Avengers : Infinity War. Le premier a provoqué un réel engouement de la part du public. Et a engrangé plus d’un milliard de dollars de recettes. Plus encore, il s’agit là d’un des premiers films de super-héros à mettre un acteur noir sur le devant de la scène – même si beaucoup oublient Blade, apparu bien avant lui. Bourré d’action mais n’oubliant pas son message politique, Black Panther est également reparti avec une tripotée d’Oscars comme celui des meilleurs décors. Pour un film destiné au grand public et jugé, souvent à tort, régressif (combi moulantes oblige), c’est la consécration.

La claque Avengers : Infinity War

Avengers : Infinity War n’est pas en reste. Loin s’en faut : le long-métrage a amassé plus de deux milliards de dollars au box-office ! Un chiffre sidérant certes mais toutefois hautement mérité. Maelstrom irrésistible de combats et de gags avec un réel enjeu dramatique, ce troisième volet des Avengers redistribue toutes les cartes. Si l’heureuse issue de cette bataille contre le géant écolo Thanos ne fait aucun doute, jamais un film Marvel n’avait proposé pareille tension. Surtout, le dosage est ici parfait. On rit comme on pleure, on sourit comme on s’inquiète. Sans oublier l’aspect fan service au summum de sa forme. Quel plaisir de voir enfin réunis les gardiens de la galaxie, Thor, Spidey et les autres… Ne manquerait plus que Deadpool et quelques X-Men et l’orgasme serait total.

Même si Marvel pourrait bien toucher le point G de l’auteure de ces lignes. Avec Avengers 4 (sortie prévue en avril prochain), résolution de tous les conflits distillés ici et là depuis des années. La fin d’une ère, de bien des personnages (Captain America, Iron Man). Et d’une partie de l’enfance/adolescente de toute une génération qui a découvert Marvel au cinéma… On prédit sans trop se mouiller un succès historique.

DC copie Marvel : et ça marche !

Pour répliquer, DC a dégainé en fin d’année 2018 son Aquaman. Un pari loin d’être gagné d’avance, tant le personnage aquatique n’est pas apprécié – il est même jugé ringard par les puristes. En résultat un gentil nanar aux effets spécieux un peu pourris. Et un Jason Momoa dans la caricature, imitant peu ou prou l’humour qui a fait le succès des Marvel. Croyez-le ou pas, ce mimétisme a fonctionné à fond les turbines ! En glanant plus d’un milliard de dollars au box-office, DC réalise l’un de ses meilleurs scores. Et s’éloigne quelque peu de sa noirceur habituelle pour se rapprocher du second degré qui caractérise son éternel rival…

La maison de Superman ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. La copie, c’est désormais la clé de voute de son stratagème. Si bien que le 3 avril prochain sortira sur nos écrans Shazam, ou l’histoire d’un gosse de quatorze ans capable de se transformer en super-héros au gré de ses envies. Pour ce faire, il lui suffit de crier…. Shazam, tout simplement. Les trailers ont dévoilé un héros enfantin et casse-cou désireux d’explorer tous ses pouvoirs uniquement « pour le kiffe ». Un humour cabot qui n’est pas sans rappeler un autre super-héros marvelien, à savoir Deadpool – en moins vulgaire, cela va sans dire.

Joker, le film qu’on attendait pas

Mais DC n’est pas le seul à tricher sur le voisin. Depuis le 6 mars, le spectateur peut rencontrer dans les salles obscures une certaine Captain Marvel. Soit le pendant de Wonder Woman de la maison des idées ! Alors oui c’est vrai : c’est toujours chouette de voir un film féministe qui donne la part belle à une super-héroïne. Qui serait, selon les dires, la grande sauveuse des Avengers, plus forte encore que Hulk ou Thor. Et si le film est déjà un succès économique et critique, il est un peu regrettable que Marvel fut aussi lent à propulser une figure féminine au premier rang. À ce jeu, navrée, mais Wonder Woman reste notre favorite. Même s’il faut bien reconnaître que le film était encore assez timoré à bien des égards… (la bisexualité de Diana cachée, la trop grande importance de Steve Trevor, etc).

Mais un espoir de renouveau persiste bel et bien entre Marvel VS DC au cinéma

Et c’est DC qui l’alimente. En effet, la distinguée concurrence a décidé de prendre de sacrés risques. En renouant avec le cynisme et le sérieux de ses débuts, plutôt que de surfer sur l’humour d’Aquaman (surf, Aquaman, vous l’avez ?) C’est ainsi qu’en octobre 2019, le public découvrira Joker, un nouveau film centré sur la plus célèbre Némésis de Batman. Cette fois-ci campé par le brillant Joaquin Phoenix. Pour lui, la mission sera de taille : il s’agit de faire oublier l’inoubliable interprétation de feu Heath Ledger dans la trilogie de Christopher Nolan. Chose dont Jared Leto, pourtant pas dénué de talents, fut absolument incapable dans Suicide Squad.

Gageons que le métrage, franchement couillu, bouleverse un peu la guéguerre opposant les deux mastodontes super-héroïques que sont Marvel et DC. Voire même qu’il renverse la cadence. Après tout, tout cinéphile qui a un jour regardé un Rocky sait que jamais rien n’est gagné d’avance !

Melissa Chevreuil