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Les Animaux Fantastiques: pourquoi la saga n’arrive pas à la cheville de Harry Potter ?

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Nappée d’incohérences et de problèmes d’écriture, la franchise Les Animaux Fantastiques peine à être la digne héritière des aventures de Harry Potter.

Dire que Les animaux fantastiques : les crimes de Grindelwald était attendu relèverait sans doute de l’euphémisme. Depuis deux ans, les férus de l’univers pensé par J.K Rowling attendent la suite des tribulations de Norbert Dragonneau, l’ami des curieuses bêbêtes magiques. Seulement voilà, depuis sa sortie le 14 novembre dernier, le soufflet est retombé tout de go. Et du côté des aficionados comme des professionnels, la critique est acerbe. Autopsie d’un cruel désenchantement. Attention petits moldus, cela va sans dire, mais on le dit tout de même. La suite de cet article sera magique en spoilers !

Les Animaux Fantastiques : un scénario qui va n’importe où ?

Pour une flopée de spectateurs, Les Animaux Fantastiques est une saga qui va à cent à l’heure. Certes, la licence Harry Potter n’a jamais été connue pour sa lenteur au cinéma. Souvenez-vous que Harry et ses amis enchaînaient les péripéties presque sans repos. Mais avec Les crimes de Grindelwald, les choses ont tendance à s’accélérer encore davantage. Qui est véritablement Croyance ? Grindelwald est-il le frère caché d’Adolf Hitler ? Quid de sa bromance (et plus si affinités) avec Dumbledore ? Et on en passe…

Si bien qu’on frôle souvent l’indigestion. Une déficience rythmique que l’on doit, étonnamment, à sa géniale scénariste, J.K Rowling herself. Si la femme est une romancière hors-paire qui n’a plus rien à prouver, on ne peut en dire autant côté scénario. Ecrire un script est un métier à part, qui ne s’apprend visiblement pas sur le tas…

Les Animaux Fantastiques, un univers plus sombre

Aussi, si cette deuxième mouture nous oblige rapidement à prendre un Doliprane… Elle reste paradoxalement très creuse. On apprend très peu de choses lors du dénouement final. Certains personnages, eux, semblent carrément sacrifiés sur l’autel du bâclage (bye Leta, quel gâchis). Quand, comble du comble, le film s’achève sur une révélation abracadabrantesque. Qui balaie avec insolence toutes nos croyances (vous l’avez le jeu de mots ?). Et consolide l’amère impression d’avoir ingurgité une immense bande-annonce de deux heures !

D’aucuns diront aussi que l’univers y est beaucoup trop noir. À cet argument, nous avons quelques réserves. Certes, les premiers opus de la franchise Harry Potter étaient relativement enfantins, car initiatiques pour les personnages comme le public. Mais dès le troisième volet, la saga prenait un virage beaucoup plus mature et sombre ! Et Les Animaux fantastiques prend place dans les années 20, entre deux guerres dévastatrices. Avec une pléthore d’adultes, pas des enfants ou des ados, qui ont parfaitement conscience du danger encouru. Plutôt logique que nos nouveaux sorciers ne soient pas là pour se fendre la poire.

Les Animaux Fantastiques, ou une pluie d’incohérences

En revanche, là où MCE ne badine pas, c’est avec le nuage persistant d’incohérences. Par où commencer ? Par Dumbledore sans doute, ici campé par le joli Jude Law. Qu’il fut professeur de métamorphose ou de défense contre les forces du mal nous importe peu au fond. Cela serait chipoter avec un détail facilement corrigible par J.K Rowling. (Celle-ci ne se prive d’ailleurs pour remodeler l’histoire quand cela l’arrange). Là où on a un peu plus de mal, c’est quand Dumby se sert du Miroir de Risèd. Premièrement, l’objet n’a rien à faire ici. Au bout de seulement quelques clics, on apprend vite que le miroir était à l’époque des faits entreposé dans la Salle-sur-Demande.

Mais son utilisation est encore plus problématique : Dumbledore y voit sa feue idylle avec Grindelwald. Rappelons que l’objet est censé nous montrer ce que nous désirons le plus au monde. Et non pas nous faire revivre certaines scènes du passé ! En réalité, le miroir n’est là que pour expliciter la relation sentimentale entre les deux hommes. Une bonne chose certes, mais force est de constater que cela arrive comme un cheveu sur la soupe.

Harry Potter perdrait en crédibilité à cause des Animaux Fantastiques

Même constat avec les épouvantards qui, dans le film, semblent franchement inutiles. Face à Norbert l’aventurier, la némésis prend une forme de… bureau. OK, on a bien compris que c’était pour ajouter une petite touche comique. Mais fallait-il vraiment le faire au détriment d’un adversaire jadis redouté, à présent ridiculisé ? Quant à l’épouvantard de Leta, ce n’est guère plus logique. Celui-ci prend la forme d’un enfant qui coule au fond de l’océan.

Or, ceci est l’origine de la peur de la jeune fille, pas sa peur elle-même ! Leta craint les conséquences de son acte, ni plus, ni plus moins. Vous l’aurez compris, ces éléments additionnés les uns aux autres ne sont guère à la hauteur de la saga pionnière Harry Potter. Pis encore : ils l’entachent en bousillant cohérence et timeline. Un petit sortilège d’amnésie ne serait alors pas pour nous déplaire…

Mélissa Chevreuil