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Game of Thrones saison 8: entre incohérences et dialogues douteux !

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L’ultime saison de Game of Thrones étonne par ses incohérences et ses scènes qui sentent la guimauve… MCE vous explique ce qui ne va pas !

Nombreux sont ceux qui se lèvent les draps mouillés tous les lundis matin. Et pour cause : depuis le 14 avril, la toute dernière fournée d’épisodes de la saga à succès Game of Thrones débarque sur HBO le dimanche. Et, en hexagone, le lendemain sur OCS. Chaque chapitre provoquant, comme le veut la tradition, surprise, euphorie et enthousiasme général. À l’heure de l’écriture de ces lignes, ne reste plus que deux volets, qui devraient marquer à jamais l’histoire de la petite lucarne – enfin, ne serait-ce pas déjà le cas ?

Faisant forcément des heureux mais aussi un certain lot de déçus… Quoi que, n’y en aurait-il pas déjà ? Navrée de casser l’ambiance ! Mais une constellation de récalcitrants ou férus refroidis se font entendre. MCE met en lumière leurs arguments, que nous partageons (parfois). Oh, et cela va sans dire, mais on le dit tout de même : cet article dévoilera encore plus de spoilers que la Corneille à trois yeux !

Game of Thrones ou Fast and Furious ?

Première évidence, mais qui était déjà un écueil de la saison 7. Les choses vont vite. Très vite. Les dialogues et batailles s’enchaînent, et les distances entre chaque ville, réduites en atomes. Dans la première saison, on nous explique que le voyage Port-Réal-Winterfell est tout sauf une panacée, et prend bien des nuits. Ici, Jamie et Bronn arrivent tranquillou au Nord à dos de canasson en seulement quelques heures. On sait bien que la fiction intègre la magie, mais tout de même… Toutefois, l’auteure de ces lignes n’a que faire de ce genre de détails, qui ne gâchent pas son plaisir de visionnage.

En revanche, là où votre fidèle serviteur garde un goût amer dans la bouche, c’est quand cette accélération de rythme ruine l’émotion. Quand Jon dévoile ses véritables origines à ses deux (presque) sœurs, par exemple. On s’attendait à un discours baigné de honte et de gêne. Les showrunners préfèrent zapper le dialogue par une ellipse. Autre exemple, toujours avec Jon, quand il quitte son loup Ghost. Sans même une caresse, un mot, mais juste un regard bien appuyé. On a plus pleuré pour cet abandon que pour la décapitation de Missandei, sérieusement ! Surtout, quand on connaît le personnage du bâtard, laissant ses sentiments faire ce qu’ils veulent de lui (avec Ygritte ou Daenerys notamment), la décision n’a que peu de sens.

Entre bourdes monumentales et tour de passe-passe

Côté stratégie militaire, ce n’est guère mieux. Clairement, nos héros collectionnent les bourdes et tour de passe-passe invraisemblables. Oui, nous sommes fiers comme des coqs que Arya soit celle qui assassine le Roi de la nuit. Mais d’où vient-elle ? OK, elle est maîtresse dans l’art de la discrétion grâce à son entraînement de sans-visage… Mais de là à passer la plus terrible némésis de la série pour une baltringue, il faut le faire ! Les démiurges de la saga oublient la raison et misent tout sur la réalisation, et les actes en faveur de leur scénario.

Fait d’autant plus évident durant l’épisode 4, où Dany perd encore un dragon, sa conseillère et meilleure amie, ainsi qu’une partie de sa flotte. Les hommes d’Euron Greyjoy se tenant en embuscade, parés à tirer leurs meilleures flèches. Pause : la jeune femme étant dans les airs, et n’a rien vu venir ? D’accord, bien cachés, les bateaux en face ne pouvaient les remarquer… Mais comment ont-ils pu échapper à la vigilance de la briseuse de chaînes ? Pourquoi n’a-t-elle pas fait le tour pour les prendre par derrière et tous les carboniser, plutôt que de foncer droit devant eux, tête baissée ? On sait la belle blonde impulsive, mais à ce point, ça frise le ridicule…

Game of Thrones version Feux de l’Amour (et du viol)

Pour terminer, évoquons les dialogues et les relations, là où va notre plus grande déception. Ce n’est pas une nouveauté, Game of Thrones embrasse fièrement les codes du blockbuster estival. Un peu trop peut-être, puisque la licence emprunte maintenant les gimmicks de Marvel. Aussi, le spectateur a le droit à des blagues plutôt moisies sur l’absence de couilles des eunuques de la part de Tyrion, pourtant bien plus habile que cela. Voire à des scènes totalement soapesques ou dignes d’une sitcom pour ados.

Comme la première fois de Brienne avec Jamie, qui aurait pu être touchante car maladroite. Et qui finit juste par nous embarrasser – peut-être parce que les scénaristes ont tant pointé du doigt la virginité de la femme-chevalier. Même chose quand Gendry demande Arya en mariage. Une déclaration grotesque guidée par le sexe repoussée sans surprise par notre héroïne, qui est devenue bien désagréable dit en passant. On aimait ses piques acerbes, à présent, on la trouve juste gratuitement méchante (notamment avec Sandor Clegane).

Quoi de mieux pour finir que rebondir sur le dialogue ahurissant entre le limier et Sansa ? L’homme défiguré dit à la Lady que si elle l’avait suivi, jamais elle n’aurait enduré les supplices de Ramsay – comprenez par là, ses viols à répétition. Ce à quoi elle répond « sans ça, je serais encore un petit oiseau ». Sérieusement ? Ses viols ne seraient donc que des épreuves dont elle ressortie plus fort, créant chez elle une infinie gratitude envers son bourreau ? On ne sait, la série a bien souvent maltraité ses personnages dotés d’un vagin. Mais là, c’est vraiment la cerise sur le château. Sur les scénaristes, on aimerait bien parfois crier : « DRACARYS ! »

Mélissa Chevreuil