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Euphoria: pourquoi la série produite par Drake a déjà tout d’un phénomène ?

Euphoria pourquoi la série avec Zendaya et produite par Drake a déjà tout d’un phénomène grande
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La première série pour ados signée HBO, Euphoria, produite par Drake, fait déjà beaucoup parler d’elle (et pas qu’en bien). Décryptage !

On ne pensait pas pouvoir survivre à la fin de Game of Thrones, et pourtant. Depuis sa conclusion, propice à la haine de certains adeptes, nombreuses sont les séries à nous avoir émoustillé. Parmi elles, Chernobyl bien sûr, Years and Years, Fleabag, mais aussi… Euphoria. Qui, sans mauvais jeu de mots, créé l’euphorie, ou au moins la curiosité. Et pour cause, il s’agit de la première série pour ados de la puissante chaîne câblée ricaine HBO. (Le programme est dispo sur OCS en France). Un menu alléchant, mais à ne pas mettre entre toutes les mains ou paire d’yeux. À côté, Riverdale, 13 Reasons Why, Gossip Girl et consorts prennent des airs de soupes pour abstinents.

Euphoria et des scènes qui dérangent dès le premier épisode

Mais Euphoria, ça raconte quoi au juste ? Ni plus ni moins que le moribond quotidien d’ados. À commencer par celui de Rue, personnage pilier car voix-off, dépressive et accro à toutes drogues possibles. Elle s’éprend à son retour de rehab de Jules, nouvelle venue dans leur petite banlieue chic qui se fait vite remarquer pour, entre autres, son look de « Sailor Moon ». Mais il y a aussi Nate, le sportif cliché et tourmenté. Ou encore Kat, élève en surpoids au juron facile et fascinée par le coït avant même de l’avoir déjà fait.

Des personnages un peu caricaturaux, et même un peu creux, il est vrai. Tous sont obsédés par l’image ou le cul, issue salvatrice à leurs pépins quotidiens. Sur ce point, on est plus proches de la série Skins. Sauf que, 2019 oblige, Euphoria va dès son épisode pilote beaucoup plus loin. Les phallus rivalisent avec les corps féminins, chose assez rare (surtout sur HBO) pour être signalée. Deux scènes de sexe proches du viol se succèdent presque. Et on a beau savoir que tout est joué, croyez-le bien, ces actes de violence font leur petit effet dérangeant.

Euphoria, une vision sombre et pessimiste de l’adolescence

Le tableau d’une jeunesse réaliste ? Difficile à dire (et pourtant l’auteure de ces lignes n’a pas 48 ans). Mais pessimiste, c’est certain. Culte du corps, sextape, slut-shaming, mauvaise influence de la culture porn… Nos héros collectionnent les tares de leur époque. Le seul perso à ne pas être aussi influençable et obsédée par le sexe semble être Rue. Oui, mais à quel prix ! La jeune fille n’a rien d’indépendante ou forte, et a juste remplacé l’addiction de ses petits camarades pour les fesses par une passion pour la poudre au nez.

Bref, vous l’aurez compris, vaut mieux passer votre tour si vous carburez au stress et Xanax ces temps-ci. La série n’a que peu de marques d’humour, et elles sont si noires et cyniques qu’elles risquent d’en larguer plus d’un. D’autres en revanche apprécieront de voir enfin une série pour ados avec des persos « réels », moins naïfs, plus critiques. OK, la plupart sont jolis et bien bâtis, mais ne sont pas les gravures de mode héroïques de Teen Wolf ou Pretty Little Liars. Même si on est encore loin des acteurs de Skins qui allaient jusqu’à arborer leurs boutons d’acné ou appareil dentaire non sans fierté !

Un casting et une bande-son cinq étoiles

Autre raison du succès de Euphoria, l’équipe derrière le projet. Côté casting, rien à dire, c’est du cinq étoiles, et pourtant votre fidèle serviteur était septique. Zendaya, idole des jeunes, se moque gentiment de son rôle d’influence it-girl et devient le cauchemar des parents. On aurait mieux vu une Miley Cyrus de prime abord (quoi qu’un peu vieille pour le rôle ?) mais que nenni. L’actrice de Spider-Man assure au point de nous donner l’envie de la gifler, plutôt deux fois qu’une.

Dans la même veine, difficile de résister à Hunter Schafer, actrice transexuelle qui incarne Jules dans Euphoria. Sans doute l’une des révélations de cette année télé à surveiller de très près. Même si beaucoup auront le petit cœur réduit en cendres face à l’immense interprétation d’Eric Dane. Alias Docteur Glamour dans le soap médical Grey’s Anatomy. Oubliez donc la blouse de joli cœur et les mots doux susurrés à Lexie à l’aube de sa mort. Le comédien campe ici un vieux beau et père de famille blasé, avide de sexe sale dans des motels louches. De quoi traumatiser toute une générations de fans…

Enfin, que serait une bonne série pour teenager sans une bande-son à faire trembler les murs ? Euphoria ne déroge pas à la règle. Elle peut compter sur Drake, producteur du show, et ses goûts affinés. Parce que se défoncer, c’est bien (quoi que…). Se défoncer sur du Beyoncé ou du Labrinth, ça ne peut être que mieux.

Mélissa Chevreuil