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Culture
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Dumbo: que vaut le nouveau film Disney de Tim Burton ?

L’éléphant Dumbo vaut-il le déplacement et son lot de cacahuètes ? MCE a vu en avant-première cette mouture en chair et en os, verdict !

La Belle et la Bête, Le Livre de la Jungle… Et bientôt Aladin avec Will Smith, ou encore Le Roi Lion. Disney compte bien gouverner le box-office avec la reprise de tous ses trésors d’animation, cette fois-ci en live action. Le prochain à débarquer avec ses grandes oreilles dans nos salles françaises – soit le 27 mars ? Dumbo of course !

Côté scénario, si vous avez vu le Disney sorti en 1941 (eh oui !), rien de neuf sous le soleil. Dumbo, petit éléphant, est la risée du cirque et du public à cause de ses grandes oreilles. Si bien qu’un numéro dérape : sa mère, Jimbo, affolée par les cris et les rires, s’attaque aux hommes. Et se retrouve séparée de son rejeton. Qui, contrairement aux apparences, n’est pas une abomination, tant il a un don. Celui de voler, grâce auxdites grandes oreilles dont tout le monde se moque !

Dès lors, l’éléphanteau, à l’aide de Holt, manchot et veuf fraîchement revenu de la guerre, et ses deux enfants, met un plan en place. Devenir la star du cirque pour amasser un joli pactole et faire revenir Jimbo. Mais les choses s’accélèrent quand Vandemere, le roi du divertissement, rachète la troupe et Dumbo. Voulant se servir de l’habilité de l’animal à ses propres fins… (rires diaboliques).

Dumbo, un divertissement honnête qui ravira les kids

On ne fera pas durer le suspense plus longtemps. Ce Dumbo tout beau – même si pas tout neuf- a tout d’une réussite. Divertissement honnête, il ravira nos kids, qui (re)découvriront les aventures du plus célèbre éléphanteau. Le film est bien dosé, drôle, jamais vulgos ou un peu trop axé sur le pathos. Même si les scènes à tester nos zygomatiques et nos mirettes sont nombreuses. Et que les plans serrés sur les yeux bleus et tristes de Dumbo ne peuvent être comptés, tant ils tombent par pluie. Toutefois, impossible de résister au binôme formé par la mère et son fils, touchant et tragique. Dès lors, on repense à tous ces Disney aux terminaisons familiales moins heureuses. Le Roi Lion, Bambi… Les parents prennent souvent cher.

Dumbo: Un film bourré de bons sentiments

C’est l’avantage de ce Dumbo, nappé de bons sentiments. Même si certaines scènes prennent votre cœur en otage, pas de panique, vous devriez toujours rester digne à côté de votre neveu de six ans. Et la leçon y est toujours aussi belle. Non, vos différences ne devraient pas faire de vous des marginaux. Mais au contraire, elles font de vous ce vous êtes, c’est une force. OK, pas sûre que votre acné qui persiste puisse faire de vous la future star d’un cirque ambulant, mais vous voyez ce qu’on veut dire… Alors oui, c’est peut-être un peu (beaucoup) cucul au fond. Et nous n’échapperons jamais aux moqueries de certains pour x ou y raison. Mais si le film peut éduquer ne serait-ce qu’un seul jeune spectateur… Alors Tim Burton pourra être fier de son œuvre.

DumboMais où est la patte « burtonesque » ?

C’est là que vous levez un sourcil : vous en aviez oublié que c’était le célèbre sexagénaire qui avait réalisé le film ! Il faut dire que tout est faire pour omettre sa présence. On ne sait si ce Dumbo est un film de commande, mais à aucun moment on ne reconnaît la patte du cinéaste. Pas de critiques de la banlieue (quoi que, une du capitalisme omniprésente). Pas de personnages pâles aux énormes cernes et yeux globuleux. Et surtout, pas de Johnny Depp. Hourra ? Oui et non.

Si le film ne manque pas de charme, il n’a clairement aucune personnalité. On déconseille clairement à tous les cinéphiles les plus pointus de se ruer dessus, pensant voir un Dumbo arty. Comme pour Alice aux pays des merveilles (l’un des films les plus rentables de tous les temps), l’ami Burton s’est contenté du service minimum.

Dommage, car certaines scènes ouvraient vraiment le champ libre à la création. On pense forcément à la fameuse scène où Dumbo (version 1941), totalement pété (disons les choses comme elles sont) assiste à une parade d’éléphants roses. Un moment totalement fou où l’on ressentait clairement l’influence de Fantasia. Et qui aura traumatisé une bonne partie du public à l’époque ! En 2019, la parade se transforme en numéro propre et gentillet tout à fait oubliable. Un peu dommage et frustrant pour l’auteure de ces lignes qui adore décidemment chipoter…

Mélissa Chevreuil