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La Casa De Papel: pourquoi on redoute (un peu) l’arrivée de la saison 3

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Si le 3e round de La Casa De Papel est très attendu par les fans mais cette saison ne serait-elle pas déjà celle de trop ?

On le répètera autant de fois que nécessaire. Sortie de nulle part, la série La Casa de Papel a trusté les audiences de 2018. Devenant, en seulement quelques mois sur Netflix, le nouveau programme phénomène. Il faut dire que le feuilleton avait tout pour plaire. Un scénario simple mais qui faisait ses preuves. Des coups de théâtre en veux-tu en voilà.

Des amourettes soapesques comme on les aime. Et surtout, fait encore assez rare pour être souligné, une intrigue parfaitement ciselée avec un début, un milieu et une fin. Les deux saisons du casse du siècle ne devaient pas connaître de suites… Avant que la firme de Los Gatos ne s’en mêle.

La Casa de Papel offrait pourtant une si jolie fin…

Sentant un si juteux filon, comment la plateforme de SVOD aurait pu en faire autrement ? Et hop, qu’on s’ajoute la casquette de société productrice de la série. Et qu’on commande, à la demande générale des fans, un troisième tour de piste de la Casa de Papel. Alors ne nous faites pas dire ce que l’on n’a à peine osé penser. Oui, nous sommes ravis de retrouver Tokyo, Denver, Le Professeur et les autres. Mais pour faire ou dire quoi au juste ? Pour rappel (et attention, spoilers dans 3…2…1…), la saison 2 offrait une conclusion tout à fait pertinente.

Chaque perso repartait avec le pognon dûment mérité. Le Professeur retrouvait Rachel, son amour plus si interdit. Denver partait fonder une tribu avec Monica. Et Berlin se sacrifiait pour aider ses comparses à s’enfuir, se sachant de toute manière condamné à mort à cause d’une maladie incurable… Bref, tous (même les têtes les plus brûlées comme Tokyo) avaient l’air d’avoir trouvé leur havre de paix.

Attention, Rio ne répond plus

Mais voilà que les trailers de la Casa de Papel débarquent, promesse d’un nouveau braquage encore plus fou, encore plus fort. Qui, à coup sûr – et c’est bien là le premier bémol- ringardisera le premier, pourtant orchestré avec maestria. Même si le but diffère. Cette fois-ci, il semblerait que toute la bande se retrouve pour sauver ce cher Rio, toujours aussi empoté, arrêté par on ne sait quel service judiciaire. La mission prend donc une allure plus symbolique. Le professeur le dit : lui et les siens incarnent « la résistance ».

Dommage d’exprimer aussi clairement ce qui n’était qu’implicite et donc subtil les épisodes antérieurs.

Pour mener à bien cette opération commando, quelques nouvelles recrues s’ajoutent à nos voleurs habituels. Qui semblent renforcés par Monica et Rachel – leur syndrome de Stockholm aura donc bien duré jusqu’au bout ! Mais, et ce fut la grande surprise des bandes-annonces, Berlin semble lui aussi de la partie. Alors quoi, sa vision n’était qu’un simple extrait de flash-back ? Ou Berlin aurait survécu à la rafale de balles tirées sur lui + sa maladie à l’issue pourtant létale ? M’ouais, ce qu’il faut pas faire pour engendrer un peu de buzz oui… !

La Casa de Papel, parée pour continuer sur plusieurs saisons ?

Autre point préoccupant, la cohérence générale de la série. OK, c’est vrai, La Casa de Papel n’a jamais été un parangon de réalisme. Nombre de nos confrères se sont déjà amusés à relater toutes les inepties qu’elle comporte. Surtout en ce qui concerne la tech (Rio et le deep web, c’était pas trop ça hein…). Mais ici, on a tout de même du mal à croire que nos chers héros remettent leur combi rouge écarlate et leur masque de Dali aussi aisément. On l’a bien compris, le but est d’attirer l’attention pour faire passer un message. Mais de là à recycler un costume (culte, il est vrai) qui aurait servi à peine quelques mois plus tôt… Niveau sécurité, le professeur est digne de bien meilleurs plans !

Enfin, jusque là on chipote, mais reste la crainte la plus terrible. Quelle fin pour cette série qui avait, techniquement, déjà écrit la sienne (et plutôt bien, qui plus est) ? Il suffit de voir Game of Thrones, dont la récente conclusion a engendré la foudre de bien des fans, après huit années de bon et loyaux services. À l’inverse, la comédie cynique et anglaise Fleabag (récemment adaptée en France sous le nom de « Mouche ») vient de s’achever après seulement deux saisons. Ce fut court, certes, mais élégant et avec panache. On espère donc que Netflix n’étirera pas trop son bijou espagnol, de peur de le voir noircir de façon irréversible…

Mélissa Chevreuil