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Aquaman peut-il donner un second souffle à l’univers DC Comics ?

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Le long-métrage consacré au méconnu Aquaman peut-il permettre à DC de rattraper son retard sur le rival historique Marvel ?

Les fans de DC Comics doivent bien l’admettre. Au cinéma, leurs héros favoris font encore et toujours pâle figure face aux justiciers en collants estampillés Marvel. C’est que la maison des idées, avec son « MCU » (alias Marvel Cinematographic Universe), a lancé un solide modèle en 2008 avec Iron Man. Ou les bases d’un démesuré univers partagé, où chaque itération a un lien avec les autres. Sentant le juteux filon, forcément, l’écurie de Batman s’est empressée de singer le modèle. Un peu trop tard sans doute. Entre Suicide Squad, Batman Versus Superman et Justice League, DC et Warner enchaînent les déconvenues.

Seule petite victoire : Wonder Woman, film sorti en 2017 avec Gal Gadot et considéré comme un joli petit succès commercial, critique et symbolique. (C’est ce que Marvel peine toujours à donner la part belle à ses personnages féminins, en attendant Captain Marvel du moins). Aquaman, sorti le 19 décembre dernier, est-il dans la même veine ? Peut-il, à son tour, contribuer à redorer le blason de DC Comics ? Nous ne ferons pas durer le suspense plus longtemps, cléments que nous sommes. Et la réponse est hélas un grand… non (comment ça, vous êtes sérieusement surpris ?).

Aquaman, ou l’effet « déjà vu »

Par où commencer ? Par le scénario sans doute, ou le stéréotype de la quête initiatique d’un héros marginal en quête de reconnaissance. Arthur (Aquaman donc) oscille entre notre monde et l’Atlantide, qu’il devra sauver d’une terrible menace. En effet, son demi-frère Orm annonce une guéguerre sans merci. On retrouve donc toutes les bases du premier volet d’une franchise, qui rappellera à bien des égards Thor, par exemple. Sauf qu’ici, les clichés sont omniprésents au point de faire perdre toute crédibilité (voire intérêt) au récit.

Par exemple, la Némésis de service, ici campée par Patrick Wilson, laisse franchement à désirer. Aussi charismatique qu’une moule (histoire de rester dans le champ lexical marin), cet antagoniste n’émoustille guère le spectateur. Dommage, sa soif de revanche sur la « surface », qui ne cesse de polluer les eaux, n’est pas inintéressante. Mais bien trop creuse et superficielle pour vraiment piquer notre curiosité.

Aquaman, un film laid pétri de clichés

Toujours au rayon clichés, Aquaman est affublé d’une désuète amourette. Pour l’épauler, Mera, jolie guerrière totalement sous-estimée qui ne sert qu’à faire palpiter le cœur de notre homme-poisson. (Et l’entre-jambe des spectateurs, à n’en douter). Apothéose de cette idylle inutile, un voyage plan-plan (pour ne pas dire cucul) en Italie. Qui arrive comme un cheveu sur la soupe. Manquerait plus qu’un petit « Week-end à Rome » d’Etienne Daho en musique de fond et on est bon !

Un côté nanardesque d’ailleurs accentué par la laideur du film, où chaque plan réussit l’exploit d’être plus vilain que son prédécesseur. Vous êtes allergique aux plans numériques et autres fonds verts grossiers ? Vous vomissez devant les scènes d’action dignes de cinématiques de jeux Nintendo 64 ? Et vous voilà gâtés comme jamais !

Aquaman, ou l’exemple même du second degré mal dosé

Autre problème et pas des moindres : ce furieux complexe d’infériorité qui anime DC et Warner. Il est aisé de voir comme les deux firmes jalousent le succès insolent de Marvel et Disney. Et comme, pour mieux rattraper leur retard, le binôme pompe la recette de la maison des idées. Au programme donc de cet Aquaman : de l’humour et des pseudos punchlines en veux-tu en voilà. Jamais pertinentes ou bien senties, elles restent très en-deçà de celles que pourraient prononcer un Tony Stark ou un Star-Lord des Gardiens de la Galaxie. Les plus « drôles » (et encore, on est gentils) sont d’ailleurs dans la bande-annonce, si vous voulez vous faire une plus ample (mauvaise) idée…

À sincèrement se demander pourquoi DC persiste et signe à vouloir mimer un modèle qui ne correspond même pas à ses héros. Quitte à perdre toute l’ADN des titres de son catalogue. On ne le sait que trop bien : beaucoup ont critiqué le ton solennel de Batman Versus Superman, où les personnages étaient tous sombres, sérieux comme des papes. Mais n’existe-t-il pas un juste milieu entre les ténèbres et le second degré ? (Plus particulièrement quand le dernier ingrédient est si mal dosé…).

Mélissa Chevreuil