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Tony Carreira: « Mon Fado » – Biographie et présentation de son nouvel album

Tony Carreira: « Mon Fado » – Biographie et présentation de son nouvel album

Le portugais Tony Carreira sort un nouvel album ! L'occasion de revenir sur la carrière de l'artiste.

On peut avoir connu tous les succès et continuer d’avoir soif d’horizons nouveaux. Le nouvel album de Tony Carreira, le plus populaire de tous les chanteurs portugais, en est une splendide illustration. Après avoir enregistré une vingtaine d’albums, tous couronnés par un public à la ferveur impressionnante, Tony a eu envie d’ailleurs. « Ca m’intéressait de faire quelque chose de différent » explique-t-il avec son enthousiasme contagieux. « Mon Fado » est le résultat de ce changement de cap. Sur ce second album enregistré pour la France – après le recueil de duos « Nos fiançailles : France/Portugal » (Disque de Platine) sorti l’an dernier – le chanteur a choisi de se pencher sur la tradition musicale de son pays. « La guitare fado n’est pas très connue en France, explique le chanteur. Ca ne m’intéressait pas de proposer un disque de variétés françaises de plus ».

Tony Carreira: Sa guitare Fado plait énormément

Le résultat a tellement plu à Tony Carreira que « Mon Fado » sortira au Portugal dans une nouvelle version « Je n’ai jamais présenté cet aspect-là chez moi non plus, ce sera l’occasion » précise-t-il. Loin de se considérer comme un puriste du genre, Tony Carreira a abordé la chanson lusophone dans son acceptation la plus large. Ce qui explique la présence du tube de la Cap verdienne Cesaria Evora au générique de ce disque. « Je suis allé vers les racines portugaises, tout en mélangeant plein de choses». Par-dessus tout, la star a tenu à honorer la mémoire de la reine du fado, la divine Amalia Rodrigues, disparue en 1999. « Elle est notre Piaf à nous, et je ne lui avais encore jamais rendu hommage. »

Tony Carreira a trop d’admiration pour les fadistas pour prétendre occuper leur terrain. Il est aussi bien trop modeste pour se considérer comme l’un d’entre eux. « Je ne suis pas chanteur de fado, mais ce genre constitue mes racines. Mon inconscient en est rempli, et j’en ai plein la tête ». Depuis la disparition d’Amalia, bon nombre d’artistes ont dépoussiéré le genre. Certaines d’entre eux (Mariza, Ana Moura, notamment) ont collaboré avec Jorge Fernando. Cet auteur-compositeur célébré au Portugal a commencé sa carrière avec Amalia. Il était incontestablement l’homme de la situation. Responsable de la direction des guitares sur ce nouvel album, sa présence assoit un peu plus Tony Carreira dans cet exercice inédit. Pour l’ancien adolescent élevé en France au son de la variété des années 1970/80 (Mike Brant, Joe Dassin ou Jean-Jacques Goldman étaient alors ses héros), cette escapade en terre fado n’aurait pu se faire en meilleure compagnie. « J’ai décidé de l’appeler pour réaliser les arrangements de guitares ». Ce choc des cultures orchestré avec brio par Tony Carreira, amoureux des métissages, produit de belles rencontres (Serge Lama, Gioacchino ou David Gategno) sur des titres interprétés en français comme en portugais. Le Belge Adamo, grand amateur de Tony et modèle de ce dernier, participe aussi à un duo de l’album.

Tony Carreira: Un début de carrière jeune et un travail qui finit par payer

Avec ce disque éclatant, Tony Carreira ajoute un chapitre prestigieux à une discographie riche de 17 albums (48 disques de platine) écoulés à 3 millions d’exemplaires au total. Une magnifique carrière pour un jeune homme dont la carrière a démarré à l’âge de 16 ans dans les bals de la région parisienne, qui a ensuite représenté son pays à l’Eurovision avant de signer avec une maison de disques en 1993. « J’ai beaucoup travaillé, j’adore ce que je fais, c’est tout ce que je peux dire » déclare-t-il humblement. « Je suis heureux d’avoir construit une relation extraordinaire avec mon pays. Je ne saurai jamais rendre l’amour que me donne le public depuis toutes ces années. »

Depuis quelques années, Tony est fier de compter ses enfants parmi les artistes les plus prometteurs de sa génération. Michael, 28 ans, déjà solidement installé au Portugal, vient de se lancer au Mexique dans un répertoire latino. Quant à David, après avoir joué dans des séries télévisées, il a fini par lancer sa pop aux accents urbains en France avec le single à succès « Obrigado la famille ». La petite dernière, Sara, est elle aussi partie pour suivre les pas de ses aînés. « Au départ, je ne souhaitais pas qu’ils fassent ce métier » explique le papa. « J’aurais préféré qu’ils fassent autre chose mais je respecte leur choix. Et je trouve qu’ils ont du talent ! »

Pour l’heure, Tony Carreira est déterminé à poursuivre son travail avec passion et le goût des échanges qui le caractérise. Des vertus que « Mon Fado » illustre à merveille.

– par Olivier Nuc