fbpx
Culture
Partager sur

Ratpi World: Booba s’est inspiré du succès de JuL dans « My World » ?

Ratpi Word: Booba s'est-il inspiré du succès de JuL dans My World ?

Booba remet le couvert et nous en met une bonne dose avec son nouveau son : "Ratpi World". Un succès a priori inspiré de celui du Phocéen JuL.

Voici une petite semaine déjà que Booba nous a gratifié d’un nouveau son. Ratpi World semble être LE succès de ce début d’année. Le rappeur se serait-il inspiré d’un autre grand nom pour ce remix de « Barbie Girl » ? MCE TV vous dit tout de A à Z.

Notre cher Kopp a fait fort en ce début d’année 2021 en somme… En effet, notre Booba national nous a sorti un gros son et non des moindres.

Cette fois-ci, il a décidé de nous offrir un remix de grande envergure. Il s’agit bien sûr d’une version bien à lui de « Barbie Girl ».

Vous ne voyez pas ? Revenez donc trois décennies plus tôt, avec ce titre d’Aqua. La vie en plastique, c’est fantastique, disait l’autre.

Eh bien, pour son nouveau titre, B20 a tout simplement remixé l’original. Après avoir attendu l’aval des ayants-droit, il a pu poster son titre sur ses plateformes : « Ratpi World ».

Depuis quelque temps, les fans de Booba on ce nouveau hit dans la tête. Il martèle, et il devient difficile de ne pas avoir autre chose en tête. N’est-ce pas ?

Ratpi World: Booba s'est-il inspiré du succès de JuL dans "My World"
Ratpi World: Booba s’est-il inspiré du succès de JuL dans « My World »

Ratpi World, un n-ième remix de « Barbie Girl », à l’instar de celui de JuL ?

On le sait, la pratique du sampling est monnaie courante chez les rappeurs de toute part. On a donc le droit à bon nombre de titres reprenant des airs bien connus.

Cela n’est donc pas l’apanage de notre sulfureux Booba. Concernant « Barbie Girl » de l’iconique groupe Aqua, B20 n’en est pas pionnier.

Quatre ans avant lui, le prolifique JuL avait fait pareil pour l’un de ses titres phares : « My World ». Pour ce morceau, le Phocéen nous emmenait donc tout droit dans son univers.

Pour ce faire, il avait misé sur un clip en images de synthèse. Un pari audacieux qui lui a valu un petit succès, somme toute, comme son homologue Booba.

Ses détracteurs diront donc que Booba s’est contenté de faire du réchauffé, et qu’il a repris un titre déjà repris. Un peu comme le serpent qui se mord la queue, en somme.

Ces mauvaises langues ne sont pas sans savoir que « Barbie Girl » a été remanié par bon nombre d’artistes autres que nos deux rappeurs. Comme Ben l’Oncle Soul en acoustique, par exemple.

Quoi qu’il en soit, Booba s’éloigne des paroles édulcorées et rose bonbon, pour des lyrics à base de punchlines et de kalashes.

« C’est quoi les bails ma gueule, j’suis dans mon ratpi world. Armes automatiques, c’est fantastique ». On est loin de la vie de rêve en plastique…

De son côté, JuL avait fait une cover à sa sauce, lui aussi en 2016. À l’époque, il parlait d’un mec qui faisait « l’killer » devant lui, alors qu’il n’était que videur… « Y a rien d’fantastique, moi j’rentre en Asics ».

Une fois de plus, on est dans un tout autre registre, toujours dans l’auto-dérision. Cela change clairement des covers qui ne sont que des copies conformes et clichés du morceau vieillot d’Aqua.

Comment le Duc de Boulogne a-t-il réinventé le célèbre morceau d’Aqua

Dans Ratpi World, Booba nous met une bonne dose d’autotune. Et surtout, comme on l’a vu plus tôt, des lyrics bien moins gentillettes que celles d’une poupée Barbie.

Il s’éloigne de la mélodie niaise de la version 1997 et les manies de midinettes qui vont avec. Lui, préfère jouer les G.I Joe et tire à balles réelles.

Dans son clip, on y découvre plusieurs images d’archives, et même un clin d’œil à son ennemi de toujours : Kaaris. Mais aussi des références à l’actu, comme l’incendie de Notre-Dame.

Ou bien, plus récent dans l’actualité : la prise d’assaut du Capitole après l’élection américaine. Un clip avec un budget serré, qui fait pourtant son petit effet.

D’autant plus que notre Ken des temps modernes fusille ses ennemis de ses inconditionnelles piques. Outre Riska, on peut citer Rhoff et La Fouine, qui en font les frais.

On est en droit de se demander si notre B20 aura lui aussi droit à son disque d’or… Tout comme JuL, qui s’était imposé avec « My World » en 2016.

On ne va pas se mentir, le succès est déjà là en soi. La Piraterie n’a pas manqué de faire savoir à qui veut que le son du Duc était « du lourd ».

« Merci Booba d’exister », a dit l’un de ses fans sur Twitter. « Ratpi World, c’est un vrai miel ». Que d’éloges, dites-donc. Comme quoi le sampling lui réussit.

Ratpi World: Booba s'est-il inspiré du succès de JuL dans My World ?
Ratpi World: Booba s’est-il inspiré du succès de JuL dans My World ?

Booba n’en est pas à son coup d’essai avec le sampling

Les samples sont finalement légion dans le rap game. Qu’il s’agisse de beat pour poser un freestyle ou pour une parodie type second degré, tout le monde se donne à cœur joie.

On peut d’ailleurs, et à juste titre, se demander si certains artistes n’usent pas de facilités artistiques. Tandis que d’autres prôneront plutôt l’hommage aux grands noms.

Plus tôt dans sa carrière, Booba avait par exemple samplé un chanteur qu’il respecte plus que tout : Renaud. Qu’à cela ne tienne, en 2006, il sort un remix de Mistral Gagnant.

Certains estiment d’ailleurs que le talent du Duc est à son paroxysme dans ce morceau : Pitbull. Bien sûr, ce n’est pas le seul morceau qu’il nous a samplé.

En 2002 était sorti « Repose en paix », qui reprend allègrement le tempo de Eleanor Rigby. Ce morceau de Vanilla Fudge a été repris dans bien des styles, et à la sauce Boulbi, cela donne quelque chose de pas mal.

Pour Validé, il samplera Ignanafi Debena de Sidiki Diabété. Pour Mon Son, Hold The Line, de Toto. Et ainsi de suite, on ne va pas toutes vous les faire, mais vous avez compris le refrain.

En retour, Elie Yaffa de son vrai nom aussi se fait sampler par d’autres grands noms. Preuve que lui aussi devient une légende…

Il n’aura donc pas trop de rancune lorsque Seth Gueko reprendra son iconique « Kalash ». Ce, pour son titre « Val d’Oseille » sorti 3 ans après Kalash.

Vous l’avez vu, l’art du sampling n’est pas l’apanage de l’interprète de « Ratpi World ». Et ça n’est pas son confrère JuL qui dira le contraire, loin de là.

La discographie prolifique de JuL, elle aussi ponctuée de samples en tout genre

JuL a le mérite de sortir des opus régulièrement et d’avoir l’une des discographies les plus prolifiques. Si ce n’est la plus prolifique du rap game français.

L’artiste originaire du sud de la France a à son actif pas moins de 7 mixtapes, 34 singles et 14 albums studio. On peut difficilement faire mieux, sachant que cela ne fait qu’une dizaine d’années à peine qu’il a débuté sa carrière.

Cela n’enlève rien au fait qu’il use lui aussi de cette facilité artistique qu’est le sampling. Outre sa reprise vue plus tôt de Barbie Girl, l’interprète de « Wesh alors » a construit bon nombre de ses hits ainsi.

Souvenez-vous par exemple de « Folie », qui reprenait, sans plus de suspense : « Nuits de folie ». On peut le dire, la recette est la même.

Cela peut ressembler à du réchauffé, pourtant, la sauce prend et les gens adhèrent. C’est dansant, c’est rythmé, c’est un air déjà connu, pas étonnant que les gens adorent.

Il a même fait réagir l’un des membres de Débuts de soirée, le groupe du titre originel tout droit sorti des années 80 :

Comme je suis habitué et que j’écoute pas mal de choses, ça ne m’a pas choqué » a-t-il dit à Konbini. « Je me suis dit : ‘Tiens, il y a une couleur 2020’. Moi, ça me plaît ».

JuL ne fait donc pas de mal en faisant un hommage à ce groupe mythique des années 80. C’est de bonne guerre et cela ne semble pas fâcher les interprètes. Bonne nouvelle, non ?

En deux semaines de sortie, le titre, extrait de son opus La Machine, a fait un tabac. 15 millions de vues en un si court laps de temps, c’est facile de faire un hit, non ?

Ratpi World, My World, Folie… Les samples dans le rap, une recette qui marche depuis toujours

Le rap, c’est avant tout l’art de la punchline et du beat making. Tout réside dans l’art et la manière de faire les choses, mais il est plus facile de faire un hit avec un son qui reste dans la tête.

C’est une pratique qui a toujours eu cours et qui a la vie dure. On ne peut ni en vouloir à Booba ni à JuL qui sont loin d’être les seuls à s’y adonner.

Les artistes jazzy, funky, rétro, de variété ou de soul sont souvent les plus plébiscités. Parmi ceux-ci on peut citer Mike Brant, Stevie Wonder ou encore Nina Simone.

Pour cela, il faut remonter aux origines du Hip Hop, avec les tout premiers MC. Cela a bien sûr commencé avec le « pass pass » et les premiers breakdance.

Ainsi, on pouvait facilement switcher d’un disque à un autre, et mixer deux sons en un. C’est donc comme cela que sont nés les premiers samples.

Cela étant, ça n’est pas chose aisée, car pour sampler un son, il faut aussi s’assurer que celui-ci sera rentable. Reprendre une instru nécessite des négociations avec les ayants-droit.

Les Boobas en herbe devront donc veiller à ce que les ventes remboursent ces frais. Enfin, pour le Duc, ça n’est qu’une bagatelle, en soi.