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Test: The Witcher 3, le chef d’oeuvre de CD Projekt

Test: The Witcher 3, le chef d'oeuvre de CD Projekt

Après quelques heures passée dans les contrée sauvages de The Witcher 3 une évidence s'est imposée à nous : le titre de CD Projekt est une franche réussite et on vous explique pourquoi

Arrivé dans un village crasseux baigné de boue, je découvre une annonce sur le tableau d’affichage : un contrat pour un hurleur. Apparemment la bête aurait été aperçue près des habitations et aurait tué un homme. Je me rend vers l’émetteur du contrat pour glaner quelques informations essentielles à la traque du monstre. Après avoir négocié les termes du contrat (j’ai demandé un peu plus d’argent au vu de la férocité du combat qui m’attend) je rend visite au fils de la victime. Il est terrorisé, c’est normal en même temps, son père s’est fait démembré par une bête ailée sous ses yeux.

Après l’avoir calmé avec un signe Axii je lui demande ce qu’il a vu de la scène. Direction ensuite les lieux de l’attaque pour pister la bête. Je prend soin de confectionner quelques potions ainsi qu’une huile spéciale pour combattre les draconides. Et me voila face au mastodonte volant. J’engage le combat. Bienvenue dans le quotidien d’une sorceleur, à fortiori celui de Geral de Riv, héros de The Witcher 3.

Car oui, il est là, enfin là, le troisième volet d’une saga qui a tenu en haleine des hordes de férus de RPG et de heroic fantasy. Depuis plus de deux ans, The Witcher 3 fait parler de lui, se montre abondamment sur internet, émerveille, subjugue. Après moult reports, le titre du talentueux studio CD Projekt est arrivé, nous l’avons testé.

« On ne veux pas faire un jeu de merde disait » CD Projekt il y a quelques mois pour expliquer le retard du jeu. Bien leur en a fallu : The Witcher 3 est une petite bombe.
Si en début d’article nous vous décrivions la journée classique d’un sorceleur, ces chasseurs de monstre professionnels, génétiquement modifiés, le quotidien de Geralt de Riv, le meilleur d’entre tous, est bien plus mouvementé.

« Previously in The Witcher »

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Geralt de Riv est définitivement un homme tourmenté

The Witcher 3 fait suite aux deux précédents volets et poursuit l’histoire du loup blanc. Le royaume du Nord est maintenant sous domination Nilfgaardienne, la pauvreté frappe les campagnes, la magie infeste le pays, le racisme est omniprésent : Milfgaard a connu de meilleurs jours. Dans tout ce marasme, Geralt part en quête pour retrouver son aimée de toujours : Yennefer. Mais plus grande sera sa quête : Ciri sa protégée, a disparu et la Chasse Sauvage est à ses trousses. Geralt parcours donc le monde à la recherche des gens qu’il aime en s’empêtrant dans une ribambelle de conflits.

Il n’est pas forcément nécessaire d’avoir joué aux précédents volets de la saga pour profiter de The Witcher 3 (d’autant que de nombreuses vidéos et résumés existent sur le net) mais il ne fait aucun doute qu’avoir parcourir l’univers aide à comprendre toutes la complexité de l’histoire, de ses subtilités mythologiques à ses troubles religieux et géopolitiques.

J’écris ton nom liberté

The Witcher 3 est donc comme ses prédécesseurs : un RPG. A la seule différence qu’il propose cette fois un véritable et vaste monde ouvert. Après quelques heures de jeu seulement on prend l’ampleur de la richesse et de la liberté qu’offre The Witcher 3 : amateurs de promenades, de quêtes annexes, de chasses au trésor : vous serez servis. Le titre côtoie dans ce sens des ténors du genre comme la saga The Elders Scroll (notamment Oblivion et Skyrim) ou les Dragon Age. Le joueur peut donc se promener partout et mettre l’histoire principale de côté pour découvrir ce que cache le monde.

Test: The Witcher 3, le chef d'oeuvre de CD Projekt
Vous ne quitterez plus Ablette, votre fidèle destrier

Pour ce faire, Geralt a plusieurs options : en plus d’avoir gagné en fluidité de déplacement (même si, comme pour un certain GTA V, le réalisme des déplacements occasionnent parfois certains ratés ou un manque de réactivité), il peut désormais sauter. D’une double pression du joystick il peut appeler Ablette son fidèle destrier. Ce dernier est d’ailleurs « upgradable » : changez lui sa selle pour gagner en endurance, attachez y des sacoches pour gonfler la capacité de votre inventaire ou équipez le d’œillères pour réduire sa panique lors des agressions de monstres et des combats. Autre nouveauté, Geralt peut naviguer et ainsi traverser de vastes étendues d’eau à l’aide de bateau disséminés un peut partout sur la carte. Enfin il est possible, pour les plus flemmards, d’effectuer des voyage rapide par le biais de panneaux eux-aussi répartis sur la carte.

Attendez-vous à passer au moins un centaine d’heure en jeu si vous voulez effectuer les missions annexes et visiter tous les points d’intérêt. Ces dernières sont d’ailleurs pas de simples simulacres : elle sont intéressantes, narratives, à rebondissement et peuvent être connectées avec l’intrigue principale. On ne peut donc que vous conseiller de ne pas trop se focaliser sur une séparation entre histoire principale et quêtes annexes : laissez-vous porter par l’aventure, au grès de vos rencontres et de vos déplacements, et vous vivrez une expérience unique.

Un système de combat arrivé à maturité

Test The Witcher 3, le chef d'oeuvre de CD Projekt
Les combats ont gagné en dynamise et sont encore plus spectaculaires

Il y a un terrain sur lequel était attendu CD Projekt : les combats. Si leur fonctionnement avait constitué l’un des principaux succès de la saga de nombreuses avaries avaient été relevées par ces derniers dans chacun des épisodes. Cette fois, le studio semble avoir trouvé l’équilibre parfait : ils sont dynamiques, exigent et spectaculaires. On retrouve le même système de frappe rapide ou frappe lourde. Un certain timing de pression est demandé pour muer vos parades en contre attaques, et ajoutez les signes, qui connaîtront une évolution de gameplay au rythme de vos gains d’expérience. Il est également possible de combattre à cheval dans The Witcher 3 et si cette fonction peut sembler anecdotique au premier abord, elle s’avère vite bien utile : effectuez des charges sur des groupes de bandits et vous vous assurez une victoire sans trop de blessures, à condition que ces derniers ne vous désarçonnent pas.

Rajoutons à cela tous les ingrédients d’un très bon RPG qui ont ici été enrichis par rapport au précédents volets : un inventaire vaste et plutôt ergonomique, un artisanat riche mais relativement accessible, un système d’alchimie encore plus poussé et toujours aussi crucial, l’arbre de compétence a été également étoffé et en devient plus ergonomique. PLus que jamais dans ce troisième volet on a affaire à un vrai RPG : il est possible d’équiper Geralt d’armures, d’épées et d’arbalètes toujours plus puissantes.

La claque visuelle annoncée

Visuellement The Witcher 3 tient ses promesses : si on sent que les versions console sont un poil en deçà de la version PC (on parle ici d’un très bon PC) le résultats est tout de même d’une splendeur à saluer. Chevauchez quelques secondes dans les plaines, forêts ou marécages cheveux auvent pendant quelques secondes pour vous rendre compte de la richesse des détails du jeu. Malgré quelques rares textures un peu fades (sur Xbox One) on reste tout de même éblouis face à la richesse visuelle de l’environnement. Les effets de lumière aux différents moments de la journée sont bluffants. Les personnages ont bénéficié d’un soin tout particulier : les visages sont bien modélisés et expressifs et la synchro labiale ainsi que le doublage sont convaincants. Certaines mauvaises langues brandissent déjà le mot downgrade. Forcément, les graphismes sont un poil moins bluffant que lors de sa présentation en 2013, mais compte tenu de l’équation taille du monde ouvert sans chargement/graphismes next gen : The Witcher 3 est somptueux.

Au diable le manichéisme

Test The Witcher 3, le chef d'oeuvre de CD Projekt
S’en foutre et passer une journée tranquille, ou s’en mêler, et trancher quelques têtes

A ce titre on retrouve également ce qui fait le charme et la particularité de The Witcher : la noirceur, la maturité et la violence de son univers. Langage cru thématiques fortes, univers sale : la vie à Téméria suinte la fange et ça se sent chez les gens que l’on croise. Même si le joueur sera amené à découvrir des zones fleuries, feuillues, enneigées, paradisiaques, les premiers villages boueux bénéficient d’une ambiance bien particulière, qu’on aimerait voir plus souvent dans les RPG. Dans The Witcher 3 plus que jamais chacune de vos décisions auront un impact sur votre aventure. Les choix ne sont pas si évidents que ça, il n’y a pas toujours de bien et de mal et certaines décisions doivent être prises dans un temps limité.

Le climat ambiant amène le joueur face à des décisions dures à tel point que CD Projekt parvient à nous mettre mal à l’aise quand les conséquences d’un dialogue finissent par un événement tragique. A titre d’exemple, au détour d’un chemin, on pet croiser des paysans nordiens s’en prendre à un soldat Nilfgaardien (la faction conquérante qui occupe le pays) déserteur : choisissez de les laisser se faire justice et vous finirez face à un homme pendu. En jetant un œil par terre vous découvrirez avec effroi une lettre émouvante de sa femme lui demandant de rentrer pour ne pas mourir sur le champ de bataille. Cet acte fait-il de vous un sans cœur ? Ce soldat n’avait-il pas participé au massacre de villageois pendant l’annexion de la région ? A vous de juger.

Verdict

Vous l’aurez compris, The Witcher 3 et une petite merveille. C’est sans conteste le RPG de l’année. Une nouvelle preuve du savoir faire et du sérieux de CD Projekt (le studio a toujours été à l’écoute des critiques et s’était même fendu d’une version Enhanced de The Witcher 1 qui améliorait ses nombreuses avaries). Les fans retrouveront l’histoire passionnante et bien écrite du sorceleur (inspirée de l’oeuvre de Andrzej Sapkowski), son univers sombre, vulgaire et terriblement accrocheur, ses intrigues complexes et la richesse de son univers. Les nouveau venus découvriront tout ça avec The Witcher 3, qui est le meilleur volet de la saga, le meilleur RPG de l’année et sans doute l’un des plus beaux jeux du moment.