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Culture
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Hatred: faut-il boycotter ce jeu violent basé sur la haine et le génocide ?

Le jeu le plus controversé de l'année vient a aujourd'hui une date de sortie et un nouveau trailer. A quelques mois de sa sortie, beaucoup de questions se posent : faut-il condamner ce jeu dont le seul but est de répandre la mort et la haine ? Attention le trailer est susceptible de heurter la sensibilité d'un public non averti

Depuis plusieurs mois, un jeu vidéo développé par le studio indépendant polonais Destructive Création fait beaucoup parler de lui et pour cause : c’est un jeu sombre, hyper violent, frôlant pour certains avec l’incitation au génocide. Toujours en développement, Hatred s’est doté cette semaine d’une date de sortie et d’un nouveau trailer, toujours aussi dérangeant. Le jeu devrait donc s’inviter sur PC et consoles le 1er juin. Destructive Creations voulait initialement le sortir le 19 mai mais ils ont expliqué qu’à cette date là ils seront trop occupés à jouer à The Witcher 3.

Depuis son annonce et ses premiers trailer, Hatred pose beaucoup de questions. Il s’agit d’un jeu de type shooter isométrique, dans lequel le joueur incarne un sociopathe dont le simple but est de tuer tout le monde. Il n’y a pas de grande quête, de sauvetage de l’humanité ou encore de parcours de délinquant classique comme dans GTA V : la seule motivation du personnage est la haine de l’humain. Il sort un jour de chez lui et décide d’éradiquer toute vie humaine. Ajoutons à cela une direction artistique très particulière : le jeu est entièrement en noir et blanc et le sang coule à flot. Comme on peut le voir, les exécutions de civils ou de policiers sont d’une rare violence.

La controverse des jeux dont la violence gratuite est l’une des principales composantes

Le projet de Destructive Création va-t-il trop loin ? Les jeux vidéo violents sont toujours sujet à débat. La franchise Grand Theft Auto n’y échappe pas à chaque sortie d’un nouveau volet. Mais le titre de Rockstar, s’il permet de s’adonner à la violence gratuite, reste toujours très critique dans sa façon de dépeindre l’univers des malfrats ou une certaine Amérique. Les polémiques qui sont née lors des sorties des jeux Rockstar seront d’ailleurs évoquée dans le docu-fiction de la BBC.

Hatred: faut-il boycotter ce jeu hyper violent basé sur la haine le génocide ?
Grand Theft Auto a lui aussi souvent été la cible de critiques

Pour prendre un autre exemple encore plus pertinent, on peut évoquer la série Postal. Le nom de ce jeu s’inspire de l’expression américaine « Going Postal » faisant référence aux séries de tueries commises par des postiers aux USA dans les années 70 et qui signifie aujourd’hui commettre des meurtres en masse.

Dans Postal, le joueur incarne un personnage hystérique qui doit réaliser plusieurs missions dans la ville de Paradise, et il peut à tout moment tuer tous les passants qu’il croise et de façon hyper violente. Décliné en trois volets, Postal a été interdit dans plusieurs pays, notamment la France. Lors des controverses que leur jeu avait suscité, les développeurs avaient nuancé en expliquant qu’il était possible de réaliser toutes les missions sans violence. Soit.

Hatred: faut-il boycotter ce jeu hyper violent basé sur la haine le génocide ?
Postal 2 était un jeu d’une violence rare

Dans Hatred, la haine et la violence sont les uniques buts du personnage principal

Pour revenir sur le cas de Hatred, le concept va encore plus loin puisque la violence gratuite est l’essence même du jeu. Il n’y a pas réellement de missions variées, le but est de tuer tout le monde. Un choix totalement assumé par Destructive Création qui se justifie sur son site :

« La question que vous vous posez surement est la suivante : pourquoi nous faisons ça ? Ces derniers temps, beaucoup de jeux se veulent polis, colorés, politiquement corrects et essayent d’être un art supérieur, plutôt qu’un simple divertissement. Nous avons voulu créer quelque chose contre cette tendance. Quelque chose de différent, qui donnerait au joueur un plaisir de jeu pur. C’est là qu’intervient notre jeu, qui ne fait pas de prisonniers et n’excuse personne. Oui nous assumons avoir créé ‘un jeu dont le but est de tuer des gens’ et la seule raison pour laquelle le sociopathe fait ces horribles choses c’est sa haine profondément enracinée. »

Pour ce qui est de leur propre description du jeu, on peut notamment lire : « Combattez contre les forces de l’ordre et prenez part à un voyage dans l’esprit d’un sociopathe haineux. Récupérez de l’équipement sur les cadavres des « boucliers humains » pour répandre l’Apocalypse sur la société. » on a rarement fait plus trash.

Un jeu qui trouvera un public sur internet

Alors faut-il condamner ce jeu ? D’ores et déjà affublé de la mention Adult Only et interdit sur console aux Etats-Unis, le jeu devrait connaitre de nombreux déboires judiciaires conduisant à des interdictions mais se fera sans aucun doute une place sur le net.

Les condamnations de jeux considérés comme des incitations à la violence sont souvent abusives, et comme pour les autres formes d’art, la question du recul est primordiale. Mais on ne peut s’empêcher de craindre les réactions de certains joueurs instables face à une violence si évidente. Même si la démarche artistique et le côté « pure gaming » revendiqué par les développeurs est tout à fait louable, on est tout de même, et pour la première fois, gêné devant un tel jeu. Le studio se fend même d’un petit : « N’essayez pas de faire ça chez vous et ne le prenez pas trop au sérieux, c’est juste un jeu ». Merci mais est-ce suffisant ?

Postal avait par exemple dû faire face à un problème de taille : Kimveer Gill, le tueur du collège de Montréal, était un fervent joueur du titre et s’habillait régulièrement comme le héros.

Et vous pensez-vous que Hatred va trop loin ?