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Fortnite pour les nuls: mais comment le jeu a-t-il rendu fou 150 millions de gameurs ?

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Petit guide pratique pour que même votre grand-mère comprenne la frénésie autour du jeu de survie qui cartonne en ce moment, Fortnite !

Que vous soyez un gameur averti ou un anti-jeux vidéo, vous n’avez pas pu louper le phénomène Fortnite. Et pour cause. Que ce soit à travers les médias, sur les forums ou réseaux sociaux… Le jeu de survie suscite l’hystérie autour de lui. Si bien que selon nos confrères de Capital, l’œuvre compte 150 millions de joueurs, toutes plateformes confondues. Et encore, ces données datent du 3 mai 2018. On peut parier sans trop se mouiller que depuis, les chiffres ont encore gonflé ! Mais comment ce jeu de tir à la troisième personne a-t-il pu se démarquer dans un paysage vidéoludique pourtant saturé par le genre ? Eclairage.

Battle Royale, le mode du succès

Tout d’abord, sans doute faudrait-il débuter par un petit point historique. Fortnite est le fruit du dur labeur des studios Epic Games et People Can Fly. L’itération a été lancée gratis en accès anticipé en juillet 2017 sur PC, Mac et consoles. Et propose aux amateurs un premier mode, « Sauver le monde ». Le but ? Se défendre, en équipe, d’attaques zombiesques à l’aide de forteresses nappées de pièges. Si le gameplay est accessible et plaisant, il n’a rien de bien tonitruant. L’histoire de Fortnine aurait donc pu en rester là, s’il n’y avait pas eu ce fameux deuxième mode de jeu, alias « Battle Royale », propulsé en septembre 2017.

Le pitch ? 100 joueurs équipés d’une modeste pioche sont lâchés sur une île. Vous l’aurez deviné, à la fin, il n’en restera qu’un. Pour survivre, tous les coups ou presque sont permis. À vous de peaufiner votre équipement en ramassant un maximum de flingues et de munitions, disposés ici et là à travers la map. Et de choisir la meilleure des stratégies. Vous pouvez très bien foncez dans le tas, fleur au fusil. Ou attendre tranquillou bilou que vos 99 adversaires s’entretuent bêtement pendant vous vous cachez courageusement dans les recoins d’un bâtiment.

Fortnite, un jeu drôle et jouissif mais surtout gratuit

Ce concept de survival simple mais hautement efficace n’est pas sans rappeler le manga culte Battle Royale. Ou la saga Hunger Game pour les plus jeunes (à chacun ses références après tout). Où les instincts de destruction les plus primaires chez l’homme prennent, plus que jamais, sens. Qu’on se le dise. Que vous optiez pour l’option « rentre-dedans » ou « ça suffit je reste à l’abri », le jeu a quelque chose de profondément jouissif. Véritable défouloir, Fortnite n’a pourtant rien du jeu de massacre indécent, morbide et prévisible. En effet, les designers ont préféré plancher sur un graphisme édulcoré voire cartoonesque aux élans humoristiques, Peut-être un peu infantilisant, certes. Mais qui permet au jeu de séduire quasi toute la foule.

Mais le ton comique de la mouture n’est pas la seule raison de son succès. Détail qui n’en est pas un, le jeu est, dans les grandes lignes, gratuit. Seuls les bonus pour, par exemple, « upgrader » votre équipement sont payants. Un bon moyen de creuser l’écart avec son principal concurrent, PlayerUnknow’s Battlegrounds, qui se veut totalement monétisé (capitalisme, quand tu nous tiens).

Toujours un peu dubitatif ? Sachez qu’une nouvelle pièce est insérée dans le jukebox du succès quand la déclinaison mobile débarque sur IOS en avril dernier. App Annie, entreprise spécialisée dans l’analyse d’audience des applications mobiles, s’est penchée sur le cas Fortnite. Résultat ? Ce nouveau format a été le jeu mobile le plus téléchargé en hexagone les dix jours qui ont suivi sa sortie. Même constat outre-Atlantique !

Même Drake et Antoine Griezmann ont succombé

Restons au rayon « records impressionnants », mais tournons-nous cette fois du côté des plateformes de vidéos. YouTube, pour ne citer qu’elle, se frotte les paluches. De nombreux vidéastes consacrent désormais le contenu de leur chaîne à leur partie. L’une d’elle a même réunit le graal des youtubeurs, à l’instar d’elrubiusOMG. Sans surprise, le public a suivi et la vidéo postée par l’Espagnol a été vue pas moins de seize millions de fois.

À noter que la plupart des consommateurs ne sont d’ailleurs pas des joueurs lambda mais bel et bien des passionnés. Aussi, beaucoup sont parés à mettre la main à la popoche quand ils estiment l’investissement nécessaire. D’après un récent sondage, 68,8% des adeptes affirment fréquenter la boutique et y avoir dépensé en moyenne 84,67 dollars ! Parmi ces achats, beaucoup d’artifices purement cosmétiques qui n’auront aucune importance sur les capacités de leur avatar. Certains férus bichonneraient même davantage leur double fictionnel que leur propre apparence… mais après tout, commenter les juger ? Même Antoine Griezmann et Drake s’y sont essayés. Dès lors, vous n’avez plus trop d’excuses pour passer votre tour…

Mélissa Chevreuil