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Indochine : le CSA veut interdire "College Boy" aux moins de 16 ans

Indochine : le CSA veut interdire "College Boy" aux moins de 16 ans

Le groupe de rock Indochine crée la polémique avec son nouveau clip « College Boy ». Considéré comme ultra-violent, la vidéo risque d’être interdite aux moins de 16 ans

Jeudi matin nous vous annoncions la publication du nouveau clip d’Indochine College Boy sur le site Le Parisien.

Ce clip choc est une critique des écoliers bourreaux et du soutien parental et professoral absent, à la hauteur des violences que connaissent certains enfants harcelés par leurs camarades tous les jours.

Mais la journaliste et membre du CSA Françoise Laborde n’est pas de cet avis. Comme elle l’a indiqué aux micros d’Europe 1, cette vidéo fait l’apologie de la violence :

Cette vidéo montre des images dont la violence est inestimable. Il y en a assez de cette mode de la violence. La mort, ce n’est pas esthétique. La violence, ce n’est pas esthétique. La torture ce n’est pas esthétique

Selon L’Express, Françoise Laborde serait même favorable à une interdiction aux moins de 18 ans.

L’Art peut-il tout traiter ?

Le CSA a ainsi décidé d’interdire College Boy aux moins de 16 ans, et de restreindre sa diffusion télévisée à partir de 22 heures.

Ce jugement s’inscrit dans la problématique de l’art et de la violence : les œuvres d’art ont toujours suscité le scandale, citons à plus haute échelle L’Origine du monde de Gustave Courbet qui fut décrit comme indécent, vulgaire et pornographique. Pourtant, ce tableau présentant un sexe féminin dans tout son réalisme n’est qu’une reproduction de l’anatomie ; il est donc hypocrite de moraliser l’artiste Courbet qui n’a fait que calquer le réel.

Il en va de même pour le clip College Boy bien qu’il sinscrive dans un registre caricatural où les sévices subit par l’élève sont extrapolés.

Xavier Dolan, jeune réalisateur du clip d’Indochine a défendu sa prise de position dans les colonnes du Parisien :

Dire que mon clip encourage la violence, c’est complètement stupide. Est-ce vraiment plus violent que tous les films qui arrivent sur nos écrans tous les jours ?, s’interroge-t-il avant de conclure Je voulais aller jusqu’au bout non pas pour choquer, mais pour montrer que cette situation est possible parce rien ne l’empêche.

Suivi du leader du groupe Indochine, Nicola Sirkis, qui déclare également au Parisien ne pas chercher le scandale :

J’ai le sentiment que l’on est parfois loin de la réalité. Et la violence du clip n’est pas gratuite. Pour moi, c’est la même démarche que lorsque la sécurité routière réalise un clip choc pour sensibiliser aux accidents de la route.

Manon Monmirel

Photo CC @ Capture d’écran du clip « College Boy » d’Indochine