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UNEF: la sélection est déjà en vigueur dans certains cursus à l’université

UNEF: la sélection est déjà en vigueur dans certains cursus à l'université
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Selon l'UNEF, la sélection à l'université se pratique déjà sur certains cursus. Ces filières pointées du doigt sont considérées comme très sélectives.

La réunion autour des prérequis à l’université laisse planer un doute sur une future sélection à l’université. Ce qui n’est pas du gout des syndicats étudiants qui s’opposent à cette pratique. Mais dans une enquête annuelle, qui a été rendue publique mercredi 19 juillet, l’UNEF pointe du doigt 39 universités. Selon le syndicat étudiant, ces établissements sont déjà dans l’illégalité concernant le droit au bachelier d’accéder au premier cycle universitaire. Selon eux, 379 licences pratiqueraient une « sélection illégale ». L’an passé, il n’y en avait que 336.

Depuis plusieurs années, les universités ont mis en place un système de licence d’excellence. Ce sont des cursus, très attractifs, mais aux nombres de places limités. « Economie-gestion et anglais, Histoire et science politique… », font partis de ces cursus. Ces derniers ont pour objectif d’amener les plus éléments à l’université. Actuellement ce type de filière concerne 4 % des étudiants entrant en licence à la Rentrée 2016 selon les chiffres du ministère.

Des filières sélectives et d’excellence qui demandent des qualifications

Mais peut-on intégrer ces licences avec simplement un Bac ? C’est pourtant le critère légal. Et bien non. Ces licences ont la particularité de sélectionner sur dossier. Ils sont suivis d’un entretien ou de prérequis spécifiques. Et selon l’UNEF, c’est Paris-Sorbonne qui détient la palme des mauvais élèves. En effet, l’université parisienne disposerait de 36 filières considérées par le syndicat comme sélectives. Viennent ensuite Paris-Est-Créteil, Paris-Diderot ou encore Paris-I-Panthéon-Sorbonne.

Mais malgré tout, les présidents d’universités semblent assumer entièrement la création de ces filières. « Nous proposons certains parcours internationaux qui nécessitent de vérifier un niveau minimum dans une langue étrangère. Ou encore des doubles licences, qui supposent d’avoir des capacités pour fournir une charge de travail plus lourde ». Les propos de François Germinet, à la tête de la commission Formation de la conférence des présidents d’université sont clairs. Selon lui, ce type de cursus attire un certain public qui annonce un standing à l’université.

Des moyens perdus par l’université ?

Mais pour l’UNEF, ce procédé ne fait qu’accentuer une inégalité entre les étudiants. « Cela crée une université à deux vitesses », pointe du doigt Lilâ Le bas, la présidente du syndicat étudiant dans un article du Monde. Outre le fait de réserver des places aux meilleurs étudiants, cela demande aussi des moyens financiers aux universités. Et malheureusement, les universités en manque au point de laisser des étudiants sur le carreaux à la sortie du lycée.

« Les premiers postes dans lesquels les universités en difficulté budgétaire ont coupé des financements ces dernières années. Ce sont les formations de licence générale », affirme la présidente. Propos que ne tolère pas François Germinet. « Ces cursus sélectifs ne nuisent pas du tout aux autres licences », déclare-t-il. Ajoutant par la suite que « nous avons, cette année encore, augmenté le plus possible le nombre de places dans les filières générales, même celles déjà en tension, pour accueillir le plus de bacheliers ».