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Université: la sélection à l’entrée remise en avant par les Présidents

Université: la sélection à l'entrée remise en avant par les Présidents
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La sélection à l'université revient-elle à l'ordre du jour ? A l'approche de la Présidentielle 2017, les présidents y sont vraiment favorables.

S’il y a bien un débat qui revient sans cesse à l’université, mais qui n’avance pas. C’est bien la sélection. Et pour cause, il y aurait presque 170 000 étudiants a accueillir à l’université d’ici l’année 2020. Le boom démographique se traduit notamment par un manque d’infrastructures dans les amphithéâtres de France. Mais aussi par une incapacité à pouvoir financer l’année de tous.

C’est pour cela que les présidents d’université se sont réunis à Reims entre le 28 février et le 1er mars dernier. Objectif, débattre sur l’avenir de l’université et des attentes du prochain gouvernement qui succèdera à Thierry Mandon et Najat Vallaud-Belkacem. Pour eux, il est nécessaire que l’Etat débloque près d’un milliard d’euros par année. Malgré tout, la conférence demande plus d’autonomie. Comme cela était annoncé dans la loi LRU de Valérie Pécresse en 2008.

Les présidents d’universités favorables à une forme de sélection

Une autonomie qui se traduit surtout par la possibilité de sélection à l’université. La conférence parle en effet d’« une orientation bien pensée suppose que l’étudiant ait acquis certaines bases et qu’il soit possible de demander des prérequis à l’entrée de la licence ». Gilles Roussel, président de la conférence, explique qu’« on ne peut pas continuer d’envoyer des jeunes en licence, qui vont échouer à coup sûr ». Ajoutant au Monde que « notamment en référence aux bacheliers professionnels, dont les taux de réussite en licence ne dépassent pas 5 %. Il faut briser le tabou de la sélection, qui recouvre des réalités très différentes. Il ne s’agit pas de faire du malthusianisme, nous nous battons au contraire pour l’élévation du niveau de qualification et adhérons à l’objectif de 60 % d’une classe d’âge diplômée de l’enseignement supérieur ».

Lutter contre le taux d’échec en renforçant les responsabilités de l’université

Dans le format actuel des choses, ce sont près de 30% des étudiants en première année de licence qui décrochent leur diplôme sans redoubler. Si le tirage au sort a fait débat, la seule solution viable proposée par les présidents d’université reste néanmoins la sélection. A droite, les candidats y étaient favorables dès le début de la Primaire (électorale ndrl). A gauche on est plus mitigé, souhaitant encore fournir l’accès aux études supérieures à tous.

François Germinet, à la tête de la commission Formation de la CPU, explique au Monde que la sélection a du bon. « Passer de filières ouvertes non sélectives à cette possibilité de recruter aura pour conséquence que l’université pourra prendre la responsabilité de la réussite de ses étudiants », déclare-t-il. Selon lui, la forme actuelle handicape non seulement l’université française, mais aussi les étudiants. En effet, les formations professionnelles sont souvent considérées comme absentes dans certaines filières.

Les syndicats étudiants s’y opposent avec vigueur

Malgré tout, une sélection en licence reste un sujet tabou. Car certaines craintes empêchent la mise en place de ce procédé. Notamment la crainte d’une sélection sociale. Les syndicats étudiants s’y sont farouchement opposés. « La sélection, c’est l’exclusion. Ce n’est pas la solution pour la réussite, et cela va nuire à la démocratisation », explique Jimmy Losfeld, président de la FAGE. A l’UNEF, on est plus direct. En cas de débat sur la sélection à l’université, les étudiants descendront dans la rue.