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Université de Strasbourg: des restes humains et un passé sombre

Université de Strasbourg: des restes humains et un passé sombre

L'université de Strasbourg a retrouvé des bocaux contenant des restes humains. Ces bocaux faisaient partis de la collection d'un médecin nazi.

France Bleu Alsace a dévoilé de nouvelles découvertes autour du professeur Hirt. Une affaire qui se serait déroulée entre 1941 et 1944. C’est le 9 juillet que l’établissement a dévoilé ces informations. Ce médecin nazi qui a officié à l’université de Strasbourg entre 1941 et 1944 est tristement connu. Pourquoi ? Pour avoir fait des expériences sur des corps humains. Cet homme est responsable de la mort de 86 juifs. Principalement des déportés d’Auschwitz gazés au Struthof. Ils étaient ensuite disséqués sur ordre du médecin. Ce dernier avait pour objectif de se faire sa propre collection de squelettes.

Si cette affaire glauque fait polémique, c’est notamment grâce à Michel Cymes. Le médecin avait notamment publié un livre nommé Hippocrate aux enfers. Dans cet ouvrage, il expliquait que l’université de Strasbourg conservait encore des parties de corps de cette période, stockées dans des bocaux. Une légende selon certains scientifiques. Le livre avait d’ailleurs provoqué la colère du corps universitaire.

Des bocaux de reste humain à l’université de Strasbourg

Afin de rester transparent, l’université de Strasbourg avait décidé de mandater un professeur de Berlin et un d’Oxford pour faire la lumière sur cette affaire. Une commission historique et surtout indépendante qui avait pour objectif de déterminer la véracité de cette histoire. Du coup, les membres de la commission ont tout fouillé et ont découvert des bocaux de formol contenant des restes de peaux et d’organes. Ces pots portaient le nom de Hirt.

Mais il n’est pas encore certifié que ces fameux bocaux sont ceux recherchés. « Il s’agit de milliers d’objets qu’il faut identifier, inventorier, comprendre d’où ils viennent. Et déterminer s’ils sont liés à des activités criminelles », explique Christian Bonah, professeur d’Histoire des sciences à l’université de Strasbourg à France Bleu Alsace. Au total, ce sont une vingtaine de boîtes contenant des restes humains. Elles étaient étiquetés sous le nom du professeur Hirt. Mais rien ne prouvent qu’elles ont servi à des fins criminelles.

Tout comprendre de cette histoire et assumer

Pour le moment, le vice-président de l’université Strasbourg, Mathieu Schneider, constate une avancée dans les recherches. « Les premiers travaux de la commission historique montrent bien qu’il y a eu une intensification de la recherche entre 1943 et 1944. Cette recherche était clairement destinée à servir les thèses raciales et les expérimentations médicales du nazisme », explique-t-il. Ajoutant par la suite à France Bleu Alsace que « malheureusement nous avons dû héberger dans nos murs une université qui a commis des crimes. C’est cette histoire que nous devons écrire ».

Il faut cependant noter qu’une fois sous occupation allemande, aucun corps professoral et étudiant français ne sont resté à l’université de Strasbourg. En effet, tous ont fuit vers Clermont-Ferrand. Et cela jusqu’à la Libération. Les découvertes faites vont néanmoins permettre de reconstituer l’histoire et les éléments. « Nous pourrons ainsi construire pour nos étudiants une réflexion sur l’éthique de la médecine », explique Mathieu Schneider.