fbpx
Campus
Partager sur

Université: contre la sélection, des Français choisissent l’étranger pour leurs études

Université: contre la sélection, des Français choisissent l’étranger pour leurs études

Certaines filières trop sélectives poussent les jeunes Français à tenter leur chance à l'étranger pour effectuer les études dont ils rêvent.

Médecine, art ou kiné, nombreuses sont les filières françaises dans lesquelles les places son chères. Le contournement de la sélection hexagonale est tentant. Pour éviter des échecs programmés d’avance, certains étudiants se tournent vers l’étranger. Depuis 2005, une directive européenne a instauré la reconnaissance automatique de certains diplômes en médecine. Munis d’une « attestation de conformité », les titulaires d’un d’entre eux peuvent exercer où ils veulent dans l’Union Européenne.

Une sélection moins importante

« Après deux échecs en première année de médecine, j’ai décidé d’aller étudier en Roumanie », explique Solène Noret, 24 ans au Monde. La jeune Française qui n’envisageait pas une autre carrière est aujourd’hui en quatrième année de médecine générale à l’université de Cluj-Napoca, à 450 km au nord-ouest de Bucarest. Mais elle est loin de constituer une exception. Comme elle, beaucoup d’étudiants décident de s’exiler en Roumanie, en Croatie, en Espagne, au Portugal ou encore en Belgique où les taux d’admission y sont plus élevés. C’est notamment le cas des écoles supérieurs d’art belges, qui ont accueilli à la rentrée 2014 plus d’un tiers d’étudiants français, soit 34,4% contre seulement 21% dix ans auparavant. Certains de ces cursus comptent même jusqu’à 50% de Français comme la spécialité BD de l’École Supérieure d’arts (ESA) Saint-Luc à Bruxelles. C’est là bas qu’avaient été formés le caricaturiste Plantu ainsi que le créateur de Gaston Lagaffe, André Franquin. Selon Marc Streker, le directeur de l’école, cela s’explique par « un coût des études très raisonnable – entre 700 et 760 euros l’année – et une sélection moins drastique qu’en France ».

Des études coûteuses

Mais ce n’est pas le cas dans tous les pays, éviter la sélection française a souvent un coût. À l’université de Cluj, les frais de scolarité s’élèvent à 5 000 euros l’année. Pour venir à bout des six années d’études, Solène Noret aura déboursé 30 000 euros. La sélection y est également importante, puisqu’en 2015, seuls 30% des 330 Français qui ont postulés ont été admis en médecine générale. Multiplier les candidatures à travers l’Europe permet toutefois d’augmenter les chances de réussite.

Instauration de quotas

Face à une forte demande, la Belgique francophone a déjà instauré des quotas et des tirages au sort pour limiter l’afflux d’étudiants étrangers en médecine. Selon Mark Streker, « pour le moment, ce n’est pas à l’ordre du jour dans les écoles d’art. Mais si à l’avenir nous devons exclure trop d’étudiants belges, peut-être que nous serons obligés d’instaurer des quotas », avertit Marc Streker. Si de nombreux français partent à l’étranger pour réussir leurs études, 50% d’entre eu reviennent en France à la fin de leur formation d’après lui. Solène Noret quant à elle s’est « engagée à travailler pendant cinq ans dans le département de la Sarthe », après son internat en médecine, en échange d’une bourse.