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Université: certains cursus de licence servent-ils encore à quelque chose ?

Université: certains cursus de licence servent-ils encore à quelque chose ?
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Les cursus universitaires ne se valent pas et la sélection des étudiants sur certaines filières ne font qu'appauvrir la valeur des diplômes des matières dites "classiques" à l'université.

C’est un fait évident, tous les diplômes universitaires ne se valent pas et certains cursus sont plus prolifiques que d’autres, notamment ceux aux places limitées. Cela se confirme avec l’APB qui cible maintenant les cursus par région et non par établissement, laissant ainsi plus de chances aux étudiants d’obtenir satisfaction dans leur voeux. Ainsi, des cursus universitaires comme les STAPS ou Médecine, sont devenus extrêmement sélectifs du fait de la grande demande. Mais si les places sont limitées, tout le monde ne peut malheureusement pas trouver son bonheur. Alors que faire ? Un étudiant a le droit et les universités ont le devoir, d’inscrire un néo-bachelier souhaitant entrer à l’université. La solution ? Celui-ci doit se tourner et même émettre un choix dans une filière non sélective. Une position qui vient en parallèle de la volonté du gouvernement à diplômer de l’enseignement supérieur 60% d’une génération.

Des licences et des diplômes bon marché à l’université ?

Mais ces filières sont-elles encore une bonne chose. En sélectionnant l’entrée à l’université, cela amène à la mort de certains cursus. Alors oui, il y aura toujours des diplômes, des cours et des diplômés. Mais qu’elle sera la valeur de ce diplôme. Cette sélection par défaut augmentera surtout les abandons en cours d’année ou ne valorisera pas l’importance du diplôme. Ce fut le cas avec le bac G (général), aujourd’hui disparu. Evoqué dans la chanson de Michel Sardou comme « un bac à bon marché » (Le Bac G), celui-ci servait à caser des étudiants sans forcément beaucoup de moyens pour obtenir un diplôme sans réel valeur. Est-on en train d’utiliser le même procédé avec les degrés universitaires ?

Les étudiants qui choisissent par défaut abandonnent ou partent vers d’autre cursus professionnels

Des filières comme Histoire, sont extrêmement prisées des étudiants et ne disposent d’aucune sélection d’entrée. Pourtant, rare sont ceux qui disposent de ce diplôme d’historien à l’issue de la Licence, cherchant surtout des entrées en Master dans des écoles et des établissements privées. Seul ceux avec la volonté d’enseigner à leur tour suivent le cursus jusqu’au bout. Un phénomène qui risque malheureusement de faire baisser l’intérêt du diplôme au point de le rendre néant. Un ancien étudiant en Histoire de l’Art, confie à MCE que lors de ses années universitaires, le nombre d’étudiants se servant de cette filière comme d’un point d’entrée à l’université regroupait près de 60 à 70% des étudiants. « Nous étions près de 180 en première année. A l’issue du premier semestre, nous n’étions plus que 120… ». Une baisse dû notamment aux premiers résultats de partiels. « En deuxième année, 80 étudiants. Et la troisième année, le nombre d’étudiants présent en amphi ne dépassait pas les 50 », ajoute-t-il. Aujourd’hui sorti de ce cursus, il constate que seulement six à sept personnes ont persisté dans cette voix en Master. En moyenne, 25 % des étudiants en première année de licence ne l’achèvent pas. Un chiffre inquiétant lorsque l’on sait que 20% des étudiants sortent sans diplôme de l’université.

Le peu d’intérêt des étudiants dans leur matière

Alors oui, la comparaison entre le nombre d’étudiants inscrits et diplômés devrait donner une valeur ajoutée au diplôme, mais non ! Car contrairement aux cursus sélectifs, ces filières ne forment pas à un métier et il est obligatoire de partir pour espérer un autre avenir. Autrement dit, les passionnées resteront mais les moins intéressés iront vers un autre type de formation plus professionnelle. D’ailleurs 64 % des étudiants manquent d’intérêt pour les matières étudiées dans leur cursus. Des filières classiques deviennent donc des passerelles par la force des choses, mais ne servent donc pas à valoriser un enseignement supérieur convaincant. Ce problème avait déjà refait surface avec le baccalauréat quelques années auparavant. Alors que dans les anciennes générations, il était un graal, le bac est devenu presque un diplôme banal qui n’a aucun poids sur le CV.