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Japon: les sciences humaines et sociales fermées car elle sont jugées inutiles

Japon: les sciences humaines et sociales fermées car elle sont jugées inutiles
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Le gouvernement japonais a décidé d'arrêter l'enseignement des sciences sociales et humaines dans ses universités. Une mesure qui crée des remous.

La plupart des universités japonaises s’apprêtent à réduire, voire fermer leurs facultés de sciences humaines et sociales suite à une demande du gouvernement. L’administration du premier ministre, Shinzo Abe, estime que ces formations ne répondent plus aux besoins de la société. L’opposition s’offusque.

Les sciences sociales ne répondraient plus aux besoin de la société…

Au moins 26 universités ont annoncé la fermeture prochaine des départements humanités ou sciences sociales jugés « peu utiles » rapporte le quotidien japonais, The Yomiuri Shimbun. Déjà dix-sept d’entre elles ont indiqué arrêter d’accepter des étudiants dans ces filières. Ces décisions interviennent alors qu’en juin dernier, le ministre de l’Education nationale japonais, Hakubun Shimomura a demandé aux 86 universités du pays d’ « accélérer la suppression des départements de sciences sociales et d’humanités ou de les transformer en départements répondant mieux aux besoins de la société ». Il jugeait bon de « se concentrer sur des domaines d’enseignements utiles à l’économie ».

« Une mesure anti-intellectuelle »

A la suite de cette exigence du Gouverement japonais, le Conseil scientifique du Japon s’est offusqué. Il a exprimé sa « vive préoccupation » d’une telle directive sur le futur de la discipline des sciences humaines et sociales. Les plus prestigieuses universités du pays, celles de Tokyo et Kyoto, ont déclaré qu’elles n’appliqueraient pas les directives gouvernementales tandis que certaines universités ont déjà commencé à appliquer ces directives. Le président de l’université de Shiga s’est lui aussi insurgé dans une tribune parue dans le « Japan Times ». Il évoque une mesure « anti-intellectuelle » du gouvernement.

Mais certains observateurs au Japon craignent cependant que des pressions financières soient exercées sur les établissements pour les contraindre à adopter cette politique. La demande du ministre de l’Education japonais correspond à la vision du premier ministre conservateur Shinzo Abe, qui considère que « l’éducation doit s’adapter aux besoins de la société ». Dans un discours à l’OCDE en 2014, il avait ainsi déclaré « plutôt que d’approfondir les recherches universitaires hautement théoriques, nous encouragerons une éducation plus technique et professionnelle qui anticipe mieux les besoins de la société »».