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Grammaire: des enseignants n’enseignent plus les règles machistes

Grammaire: des enseignants n'enseignent plus les règles machistes

C'est un choix de grammaire que vont suivre plus de 300 enseignants. Ils ont décidé de ne plus enseigner la règle du masculin qui domine sur le féminin.

Ils sont plus de 300 enseignants à vouloir bouger une règle de la langue française. Notamment celle jugée la plus machiste. En effet 314 enseignants ont décidé qu’ils n’apprendront plus à leurs élèves la masculin qui domine dans la grammaire française. Un choix radical notamment dans le but de refuser une domination sexuelle quelconque. Sur le site Slate.fr, ils clament donc haut et fort que dans leur cours, « le masculin qui l’emporte sur le féminin », n’est plus règle à mettre en pratique et à enseigner.

Une règle de grammaire qui vise à accentuer la domination des hommes

« Cette règle est récente dans l’histoire de la langue française. Et elle n’est pas nécessaire. Elle a été mise au point au XVIIe siècle. Auparavant, les accords se faisaient au gré de chacun-e. Comme c’était le cas en latin et comme c’est encore souvent le cas dans les autres langues romanes », expliquent les enseignants du primaire, du secondaire, du supérieur et du français langue étrangère engagés. En effet, des grandes auteurs classiques comme Racine ou Ronsard, ne mettaient pas en pratique cette règle. En effet, ils choisissaient, en fonction du sens de leur phrase, à accorder au masculin ou au féminin.

De plus, en citant Grammaire générale de Beauzée (1767), les enseignants évoque un choix de grammaire politique. « L’objectif des promoteurs de la nouvelle règle n’était pas linguistique, mais politique (à l’époque) », explique les enseignants. Beauzée expliquant ce choix en déclarant: « le masculin est réputé plus noble que le féminin à cause de la supériorité du mâle sur la femelle ».

Réinstaurer une égalité au sein de la grammaire

Mais la raison la plus évidente semble surtout être le symbole renvoyé aux enfants. « La répétition de cette formule aux élèves, induit des représentations mentales qui conduisent femmes et hommes à accepter la domination d’un sexe sur l’autre. De même que toutes les formes de minorisation sociale et politique des femmes ». Une forme de machisme qui se sentirait donc au sein même des établissements scolaires. Ce qui assoirait la domination masculine dans la société.

Selon le groupe d’enseignants, « la lutte contre les stéréotypes de genre, qui est essentielle au progrès de l’égalité réelle des femmes et des hommes, ne peut être efficacement menée si cette maxime n’est pas mise au ban de l’école ». Pour contrer cette règle, ils se sont néanmoins accordés pour mettre en place la règle de proximité ou de la majorité. Ou encore l’accord au choix de l’élève.